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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

À l’occasion de son déjeuner mensuel, Le film français a invité au Flora Danica Serge Frydman, réalisateur de Mon ange, Mathieu Demy pour Le silence, Gilbert Melki pour Prendre femme, la réalisatrice Danielle Arbid pour Dans les champs de bataille, et Emmanuelle Devos pour Rois et reine.

Mathieu Demy

Comment définiriez-vous le personnage d’Olivier, le principal protagoniste du Silence, aux côtés de Natacha Régnier ?
Sa principale caractéristique est d’être partagé entre deux cultures : il est à moitié corse, à moitié continental. Il se retrouve confronté à une situation qui exacerbe cette ambivalence. Les trois fondements du film sont : une culture pour partie corse, le fait qu’il va bientôt être père, (une situation pour se questionner sur son identité), et il est le témoin d’un meurtre… La famille, la question de l’identité, est l’élément déclencheur. Et toute l’histoire est filmée de son point de vue.

Le film mêle le silence d’un personnage et celui d’une communauté…
C’est avant tout le silence d’un homme. Le film ne traite pas de manière polémique de l’omerta. Orso ne cherche pas à affronter directement cette question. La loi du silence est abordée, mais le film ne porte pas là-dessus.

Comment s’est déroulé le tournage dans le village dont est originaire Orso Miret ?
C’était une expérience forte, comme à chaque fois qu’on tourne en autarcie. En plus, le village dans la montagne n’offrait pas de perspectives visuelles, rendant ce sentiment encore plus fort. Nous nous sommes attachés au lieu, il était très difficile d’en repartir. Les habitants nous ont magnifiquement accueillis. Et Orso, l’enfant du pays, a filmé en scope et a mis en valeur son village.

Il y a une scène de chasse impressionnante. Comment s’est-elle déroulée ?
Un enclos a été installé pour les sangliers. Nous avons tourné sur plusieurs jours. On n’a jamais vu une scène de chasse comme celle-ci au cinéma. Une des belles séquences du genre. Presque une semaine s’est écoulée entre la poursuite et la chasse.

Comment vous êtes-vous engagé sur Le silence, qui est le deuxième film du réalisateur remarqué avec De l’histoire ancienne ?
J’ai rencontré Orso à l’époque où il écrivait l’histoire. Pour lui, personne d’autre ne pouvait jouer ce personnage. C’est un film très personnel. Olivier, c’est nous, lui et moi. Il est important de soutenir des films personnels.

Quels sont vos projets ?
En avril, je vais retrouver Benoît Cohen pour un film qu’il a à nouveau écrit avec Eleonore Pourriat, et dans lequel elle joue avec Romane Mathias Miekuz et Fabio Zenoni. Toujours la même bande des Acteurs anonymes et de Nos enfants chéris. Il s’agit d’une nouvelle histoire, pas de la suite de Nos enfants chéris. Sinon, je suis en train d’achever le montage de mon deuxième court-métrage : J’y retourne après manger !, sur la haute gastronomie.

À quand la réalisation d’un long-métrage ?
J’ai un projet en chantier depuis longtemps. J’espère pouvoir le tourner en 2005.

D’autres projets de comédiens ?
Non mais j’aimerais bien qu’on me propose aussi des rôles dans des films d’action, des westerns ! Les scènes d’action du Silence m’ont donné cette envie.

Propos recueillis par Sarah Drouhaud

Vendredi 1er avril 2005

   Serge Frydman

   Gilbert Melki

   Emmanuelle Devos
   Mathieu Demy
   Danielle Arbid
 

 

 

 

 

 



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