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DÉJEUNERS
DU FILM FRANCAIS
À loccasion de son déjeuner
mensuel, Le film français a invité au Flora Danica
Serge Frydman, réalisateur de Mon ange, Mathieu Demy pour
Le silence, Gilbert Melki pour Prendre femme, la réalisatrice
Danielle Arbid pour Dans les champs de bataille, et Emmanuelle Devos
pour Rois et reine.
Danielle Arbid
Comment résumez-vous Dans les champs de
bataille ?
Cest lhistoire dune jeune fille qui découvre
la sauvagerie du monde, qui la défie, la regarde en face.
Le film se déroule au Liban dans les années 80.
Dans quelle mesure est-il autobiographique ?
Il lest entièrement ! Jai simplement essayé
den faire une histoire intéressante pour les autres.
Cette jeune fille est à un âge charnière, elle
renvoie sa part dexpérience personnelle.
La violence de la guerre influence son comportement et celui
de ceux qui lentourent
Il sagit plutôt du chaos plutôt quune
violence contre elle. Elle capte toute cette atmosphère.
Du coup, elle devient lamie de ses parents, au lieu de recevoir
leur amour et de rester leur fille. Elle ne connaît pas le
rapport filial. Sur le coup, elle vit ça comme une injustice
mais, au final, elle va se faire une chance davoir des parents
qui nen sont pas. Elle apprend la révolte, la responsabilité.
Tout transcender va devenir sa force.
Comment avez-vous travailler avec les comédiens ?
Ce sont des comédiens non professionnels pour la plupart.
Jai choisi la jeune fille parmi 450 autres. La tante, elle,
est ma propre tante. La mère, en revanche, est une actrice.
Dans les champs de bataille est votre premier long-métrage,
mais vous avez réalisé des documentaires et des courts
métrages, tous largement primés. Quel est votre parcours
?
Je suis parti à lâge de 17 ans du Liban
pour vivre ma vie, voyager. Je suis venue en France, puis jai
suivi des études de littératures et de journalisme.
Après avoir exercé pendant quelques années
dans la presse écrite, je me suis rendue compte que jétais
malheureuse décrire sur les autres. Or javais
beaucoup dénergie en moi à sortir. Jécrivais
des nouvelles mais je culpabilisais sur mon français. Jai
alors écrit pour le cinéma et jai envoyé
un scénario au GREC. Jai reçu 10 000 E pour
un court-métrage qui se déroulait à Beyrouth.
Nous étions en 1997. Jai dabord cherché
un réalisateur. Faute de trouver quelquun dintéressé,
jai décidé de le réaliser. Jai
eu une révélation le premier jour de tournage ! Jai
compris que la réalisation, cétait pour moi
! Le court-métrage a ensuite été sélectionné
dans de nombreux festivals. Et depuis, je ne me suis jamais arrêtée.
Jai réalisé huit films, courts métrages
et documentaires. Entre temps, jai reçu lAvance
sur recettes pour Dans les champs de bataille.
Vous êtes aussi lauréate du prix Albert Londres
Oui, alors que je pense que jai fait exactement ce quil
ne fallait pas faire avec un documentaire tout en subjectivité
et surtout pas de journalisme. Je ne crois pas à lobjectivité
du propos !
Votre prochain film ?
Jai reçu laide à lécriture
pour un prochain long-métrage de fiction. Cest lhistoire
dun homme perdu qui a perdu la mémoire. De manière
générale, je mintéresse dans mes films
à lindividu face au groupe, question sensible au Moyen
Orient. Ici, lindividu est confronté à un autre
problème, la solitude
Propos recueillis par Sarah Drouhaud
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