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Tourner en numérique
choix économique ou artistique ?
Pitof, Rohmer, Serreau, Téchiné,
Klapisch : la liste des cinéastes qui ont expérimenté
le tournage en numérique sallonge de mois en mois.
Alors quune étude de la Ficam montre que le numérique
coûte aussi cher, sinon plus que largentique, quest-ce
qui pousse ces cinéastes et leurs producteurs à
opter pour un de ces nouveaux supports ? Une question qui sera
abordée à Beaune lors de la conférence sur
les nouveaux outils.
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À Barcelone, sur le tournage
en haute définition de Lauberge espagnole
de Cédric Klapisch.
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umérique
ou argentique ? Le débat qui couve dans la production
depuis quelques années est-il en passe dêtre
tranché ? Loin de toute approche idéologique,
le cinéma français semble adopter le numérique
avec beaucoup de pragmatisme, au gré de ses besoins et
de ses envies. La rentrée du cinéma hexagonal
est à cet égard exemplaire. Avant George Lucas,
qui a tourné Lépisode 2 de La guerre des
étoiles en haute définition, Pitof fait un sort
à la HD avec Vidocq. Sorti fin septembre, le film devrait
bientôt atteindre les 2 millions dentrées.
Dans le domaine du cinéma dauteur, les deux plus
beaux films de la rentrée Langlaise et le
duc dÉric Rohmer et Loin dAndré Téchiné
font tous les deux appel au numérique. Et ce,
quelques mois après Jean-Luc Godard et Agnès Varda.
Quant à la DV, elle fait toujours le bonheur du film
à petit budget monté avec les moyens du bord,
avec le très caustique Les acteurs anonymes de Benoit
Cohen. Résultat : le numérique sous toutes ses
formes DV, HD, Beta numérique sinsinue
à tous les niveaux du cinéma français.
Même Coline Serreau une réalisatrice habituée
aux sommets du box-office ne jure plus que par les petites
caméras DV. Et là aussi, le succès est
au rendez-vous. Sorti le 6 octobre dernier, Chaos a recolté
plus de 600 000 entrées en deux semaines. Dix-huit ans
après, la très attendue suite de Trois hommes
et un couffin, dont la sortie est prévue pour lan
prochain, a aussi été tournée en DV.
Difficile pour autant de parler dun raz de marée.
Sur onze films français sortis en septembre, deux ont
été intégralement tournés en numérique.
En octobre, ce sont trois films sur seize qui font appel à
un tournage numérique. Quant à la HD, seuls cinq
films ont été tournés à ce jour
en France avec la caméra Sony HDCAM 24P. Quantitativement,
les chiffres restent donc modestes. Rien en tout cas qui puisse
remettre en cause la suprématie de largentique
qui, du Super 16 au 35 mm, domine encore plus de 95% de la production
nationale.
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