ACCUEIL < DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS > ARCHIVES

DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Des courts dans la cour des grands

Juan Solanas présentera L’homme sans tête en sélection officielle ; Ron Dyens proposera Derrière les fagots à la Semaine de la critique ; Dans la forêt noire de Joséphine Flasseur et Petits pas de Thomas Salvador seront projetés à la Quinzaine des réalisateurs.

Ron Dyens

Derrière les fagots

Avec ce film, vous vous aventurez sur un terrain où on ne vous attendait pas.
Pour mes débuts comme réalisateur, j’ai tourné une comédie très courte qui a bien marché. Ce succès m’a permis de trouver pas mal d’argent pour les films suivants toujours dans le même registre. En contrepartie, j’ai constaté qu’on était très vite catalogué et ce, dès le premier court métrage. Or, une personnalité est multiple. J’adore tourner des films courts plutôt drôles, mais j’ai envie d’autre chose. Des réalisateurs touche-à-tout comme Philippe Harel ou Patrice Leconte sont rares. Peut-être que les réalisateurs ont peur d’essayer des choses nouvelles. Il est sans doute important, économiquement parlant, qu’ils restent sur un style qui a fait ses preuves.

Quelle est la genèse de Derrière les fagots ?
J’ai écrit un petit texte de trois pages mais je ne suis jamais arrivé à le scénariser. Je l’ai envoyé tel quel au CNC, sous forme de nouvelle. Il est monté deux fois en plénière mais n’a pas reçu d’aide. Seulement 8 000 e de la région Basse-Normandie et du département du Calvados. En fin de compte, étant également producteur, j’ai pris des risques financiers et l’ai tourné avec un très petit budget. Je voulais aussi me prouver que j’étais capable de faire quelque chose de différent.

Comment présentez-vous ce film ?
C’est un peu difficile compte tenu du sujet. Grossièrement résumé, on peut dire que tout part d’une femme d’une trentaine d’années qui vit une dépression liée à un événement qui lui est arrivé il y a longtemps. Elle va replonger dans son passé d’une façon plus ou moins onirique ou fantastique, faire face à ce problème et comprendre.

Paradoxalement, vous souhaitez mettre en veilleuse votre carrière de réalisateur ?
Pas tout à fait. Disons que j’ai des choses à prouver comme producteur. Mon programme de production au sein de Sacrebleu Productions est très important et je n’ai tout simplement plus le temps d’écrire des scénarios. Ça m’amène à citer une personnalité que je trouve très intéressante, celle de Xavier Giannoli. En tant que réalisateur, il a eu la Palme d’or du court métrage avec L’interview en 1998. Il vient de réaliser un joli premier long, monté avec sa propre structure de production, mais il a aussi produit Demonlover par exemple. Il réussit à garder cette double casquette de producteur et réalisateur. Je ne désespère pas de pouvoir continuer comme cela.

Propos recueillis par Patrice Carré

Vendredi 6 février 2004
   Ron Dyens
   Juan Solanas
   Thomas Salvador
   Joséphine Flasseur
   
 
 
 


 

  AccueilContactez-nousAbonnez-vousRecommandez ce sitePoints de vente
 © Le Film Français 2004