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EDITO
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Sophie Dacbert
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Moyen
Âge
La télévision par satellite est entrée
dans les murs des Français. La télévision
par Internet se cherche encore, mais nen est pas moins une
réalité. La télévision numérique
terrestre vient de naître, ouvrant enfin le spectre du petit
écran hexagonal, qui se limitait à six chaînes
gratuites il y a encore une semaine. La télévision
sur téléphone mobile arrive, si lon en croit
Vodafone Live !, à linitiative des premiers Made-For-Mobile
Screenings qui, au prochain MipTV, présenteront 12
programmes aux formats créés spécialement pour
ce nouveau support de diffusion. On y trouvera, nous promet-on,
de la musique, du sport et de linfo, mais aussi de lanimation,
de la fiction, des soaps ainsi que des programmes familiaux et pour
enfants. Vaste programme quand on sait quaujourdhui,
71% des Français sont équipés dun portable,
et que dici à deux ans, tous pourront y recevoir la
télévision. Dire que la télé a vécu
son Moyen Âge na donc plus rien dexcessif. Ni
de péjoratif dailleurs, sa jeune histoire comptant
quelques morceaux danthologie et son avenir proche étant
garant dune facture de qualité, comme le prouve Les
rois maudits, fiction de prestige (sur le Moyen Âge !), dont
les premières images seront dévoilées à
Cannes. Pour autant, peut-on déjà parler dune
Renaissance de laudiovisuel ? Dune nouvelle ère
provoquée non seulement par léclosion de supports
de diffusion, mais aussi par une véritable diversification
des programmes, un décloisonnement des formats, un brassage
des genres, avec en prime la solidité de lexpérience
et le goût de linnovation ? Pour la génération
qui a biberonné à la vidéo et à lInternet,
nul doute que ces temps modernes sont attendus de pied ferme. Encore
faudra-t-il transformer lessai que quelques producteurs et
diffuseurs ont déjà opéré. Notre dossier
consacré à la nouvelle vague de productions françaises
le promet, entre la multiplication des fictions courtes, comme Kaamelot,
série de sketches moyenâgeux (décidément
!) ou Allo tes où (on ne peut plus adaptée aux
téléphones mobiles !), et le foisonnement des séries
de 52 et des docufictions.
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