| ENQUÊTE
Le public américain en phase
avec son industrie
Le rapport annuel de la Motion Picture Association
of America (MPAA), présenté lors de la dernière
édition du Showest à Las Vegas, indique quHollywood
a été très performant en 2004. Une aubaine
pour Dan Glickman, le nouveau président de lassociation,
qui se félicite de la bonne santé du secteur.
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Numéro 1 du box-office US en 2004,
Shrek 2 a amassé 441,2 M$ en 2004
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Dan Glickman ne pouvait pas rêver mieux. A peine installé
dans ses locaux dEncino (Californie), le nouveau patron de la
MPAA (Motion Picture Association of America) vient de présenter
un bilan 2004 de lindustrie nord-américaine très
positif. Presque tous les indicateurs sont au vert, et certains saluent
laboutissement de laction de Jack Valenti qui a dirigé
lorganisation lobbyiste hollywoodienne pendant plus de 40 ans.
Lors dun discours présenté à lhôtel
Paris de Las Vegas, lors de la récente édition du Showest,
Dan Glickman a félicité tous les intervenants de lindustrie
en soulignant deux points essentiels : le box-office global est en
hausse, et les coûts de marketing (longtemps cheval de bataille
de Valenti) sont en baisse. Cest ce que révèle,
entre autres, létude annuelle sur lindustrie américaine
publiée par la MPAA. Une étude qui se penche sur tous
les aspects de la vie économique du secteur, de la fréquentation
des salles au boom du DVD, en passant par des statistiques détaillées
sur le nombre de cinémas en marche ou la répartition
de lemploi. La première satisfaction vient donc du box-office
américain, fierté première de lindustrie.
Avec 9,5 Md$ générés par la fréquentation
en 2004, le niveau est stable par rapport à 2003, et
en progression de 25% par rapport à 2000, souligne le
rapport. Selon la MPAA, près de 50% du box-office a été
gagné pendant les mois dété qui courent,
aux Etats-Unis, de début mai au premier week-end de septembre.
Lété 2004 a, par ailleurs, été exceptionnel,
en progression de 21% sur 2003 (4,49 Md$ contre 3,71 Md$). Depuis
1991, le box-office na cessé de croître parfois
sûrement, parfois lentement, mais en tout état de cause,
il rapporte 5,5 Md$ de plus quil y a vingt ans. En 2004, cest
Shrek 2 qui a généré la plus forte fréquentation
(441,2 M$), suivi de Spider-Man 2 (373,5 M$), La Passion du Christ
(370,2 M$), Les indestructibles (252,1 M$) et Harry Potter 3 (249,5
M$). Soit trois suites pour deux scénarios originaux. Les coûts
de production, eux, sont en baisse. Les sociétés affiliées
à la MPAA (soit tous les studios hollywoodiens), ont dépensé
en moyenne 98 M$ par film (contre 102,9 en 2003 et 21,1 M$ en 1984).
Ces chiffres incluent les coûts de production stricts (dont
les salaires artistiques) et les frais de marketing déclarés.
Cest sur cette dernière partie que la MPAA se félicite
le plus de la baisse 4,8% des frais engagés (par rapport à
2003), estimant quHollywood dépense sans compter pour
attirer le public. Cette fois, la MPAA est fière davoir
pu attirer le public en dépensant moins dans les campagnes
promotionnelles. Lautre grand point de contentement est le résultat
des films américains à létranger. Selon
la MPAA, ils ont rapporté 15,7 Md$, en hausse de 44% : un bond
que lassociation explique par la force de certaines monnaies
étrangères, dont leuro, ramenées au taux
faible du dollar. Par ailleurs, lindustrie se félicite
de laugmentation maîtrisée du prix moyen du ticket.
Désormais, il en coûte 6,21 $ en moyenne pour assister
à une séance, soit 3% de plus que lan dernier.
Une augmentation qui reste en deçà des 3,3% de hausse
des prix moyens à la consommation outre-Atlantique, selon la
Nato (National Association of Theatre Owners), la fédération
américaine des exploitants de salles. Létat du
réseau de salles reste très concentré. Année
après année, les écrans uniques tirent leur révérence
au profit des multiplexes (entre 8 et 15 salles) et des mégaplexes
(16 écrans ou plus). Le nombre de ces derniers sest dailleurs
envolé, en progression de 6,7%. En 2003, les États-Unis
hébergaient 490 mégaplexes, ils sont désormais
523, soit 9% du parc. Les multiplexes, de leur côté,
progressent de 3,4%. Ils étaient 1 473 en 2003, ils sont maintenant
1 523, et représentent 25% du parc. Les miniplexes (entre 2
et 7 salles) ont beau représenter la majorité du parc
avec 39%, ils sont passés, en un an, de 2 419 à 2 337.
Les écrans simples poursuivent leur dégringolade, tombant
de 1 684 sites à 1 629. Ils représentent toujours 27%
du nombre total de cinémas. En tout, les Etats-Unis accueillaient
un total de 6 012 sites lan dernier, contre 6 066 en 2003 et
7 744 en 1995. De même, les drive-in, lieux mythiques de lHollywood
des années 50, sont devenus espèce en voie de disparition.
Désormais réservés aux nostalgiques (mais toujours
ouverts aux flirts en voiture), les drive-in ne sont plus que 392
à travers le pays. Ils étaient 593 il y a dix ans. Les
autres écrans, eux, ont sensiblement retrouvé leur nombre
de 2001. Lan dernier, on comptait 36 594 écrans aux États-Unis,
près de 800 de plus que lan passé. Cest
100% de plus quen 1980. En moyenne, un site dispose de 6,4 écrans,
contre 5,3 en 2000. En revanche, la MPAA ne détaille pas le
nombre de salles équipées en numérique, du moins
aux États-Unis. Selon lassociation, qui cite Screen Digest,
il y avait 328 salles de ce type dans le monde en 2004, contre 12
en 1999. La bonne santé de lindustrie se retrouve naturellement
dans les chiffres de lemploi du secteur. Selon le Bureau of
Labor Statistics, cité par la MPAA, lindustrie du cinéma
fait travailler 367 000 personnes, soit 4,9% de plus quen 2003.
Les estimations données par le bureau détudes
affectent 198 300 personnes dans les domaines de la production et
des services, 141 000 dans le milieu de lexploitation et de
la location de vidéogrammes, et 28 600 dans les métiers
annexes, sans compter, bien évidemment, les retombées
économiques pour les grandes surfaces de vente par exemple.
Il y a dix ans, 283 700 personnes uvrant dans le secteur étaient
comptabilisées. En tout, la MPAA estime que ce sont 750 000
personnes qui travaillent de manière directe ou indirecte dans
lindustrie. Enfin, la MPAA a réitéré que
son axe principal allait continuer à être la lutte contre
le piratage.
Vincent Le Leurch
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