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ÉVENEMENT

“Les rois maudits” crée l’événement au MIP TV

L’heure est au prestige pour cette adaptation très ambitieuse de l’œuvre de Maurice Druon qui représente un des plus gros investissements en fiction pour France 2.

 
 
France 2 a investi 9 ME sur les 23 ME engagés pour le projet.

Il y a peu de projets dans l’histoire de la fiction française qui étonnent à la fois par leur ambition, leur démesure et leur caractère exceptionnel… Les rois maudits, la minisérie de 5x90 minutes réalisée par Josée Dayan et produite par JLA pour France 2, qui sera lancée au Mip avec fracas (cf. le dossier Mip p. 13) en fait indubitablement partie… Actuellement en montage, l’incroyable saga moyenâgeuse, adaptée des romans de Maurice Druon par Anne-Marie Catois, est un genre de fiction pourtant en voie de disparition sur la plupart des chaînes hertziennes, essentiellement pour des raisons budgétaires. Pour France 2, qui a fait le pari courageux et risqué d’initier ce genre de fiction extrêmement prestigieuse (cf. encadré), l’investissement est en effet considérable : la chaîne y a consacré environ 9 ME, un montant pratiquement égal à sa participation dans Napoléon, dont le budget total de 39,6 ME en faisait la fiction la plus chère de l’histoire de la télévision française. Les rois maudits, à 23 ME, arrive d’ailleurs en deuxième position, même si la minisérie se décline en cinq épisodes, soit un de plus que Napoléon. Elle précède Les liaisons dangereuses (19,2 ME). Le pari de France 2 est d’autant plus risqué que la fiction en costumes ou d’époque, même avec un casting des plus glamour, n’offre pas la garantie que le public sera au rendez-vous. Il suffit de se rappeler du résultat d’audience décevant obtenu par Les liaisons dangereuses sur TF1 en août 2003 (26,2% de PDM), en dépit de la présence au générique de Catherine Deneuve, pour son premier rôle dans une fiction télévisée.

Mais comme l’explique Perrine Fontaine, la directrice de la fiction de France 2, Les rois maudits est une œuvre à part : “C’est un récit d’une extrême richesse qui se prête au spectacle télévisuel, mais c’est aussi une œuvre qui se déroule dans une période de l’histoire très peu montrée à la télévision.” Un des objectifs primordiaux de la chaîne est d’ailleurs de toucher un public de jeunes qui n’a pas connu la série originale des Rois maudits diffusée il y a trente ans.

Mis à part son casting prestigieux – Jeanne Moreau, Philippe Torreton, Gérard Depardieu, Jeanne Balibar, Tchéky Karyo, Julie Gayet pour n’en citer que quelques-uns – la minisérie a donc été réalisée de manière assez différente des précédentes sagas en costumes. À commencer par les décors, conçus par l’auteur de bandes dessinées de science-fiction Philippe Druillet, qui ont été presque entièrement construits dans des studios roumains. “Nous avons fait des repérages dans des châteaux médiévaux et ils étaient soit trop restaurés, soit en ruines”, explique Josée Dayan. Par ailleurs, les costumes aux couleurs très vives ont été crées par Mimi Lempicka (Iznogoud, Nikita). Le chef opérateur est Ennio Guarnieri (Ginger et Fred de Fellini, Médée de Pasolini, ou plus récemment Callas Forever de Franco Zeffirelli). Josée Dayan s’est non seulement entourée de talents exceptionnels pour réaliser cette saga pas comme les autres, mais elle a aussi œuvré pour créer un univers finalement assez contemporain, moins ancré dans la réalité historique, plus proche dans son “look” du Seigneur des anneaux que du Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud. Une vingtaine de plans ont d’ailleurs été traités en 3D par un ancien d’Ex Machina, Pierre Biecher. “Le Moyen Âge est une période mystérieuse et mystique qui se prête à toutes les interprétations. Elle nous est également assez étrangère, ce qui nous a permis d’ouvrir la porte à notre imaginaire”, conclut la réalisatrice.

Catherine Wright

Vendredi 8 avril 2005

 

"Un univers plus proche du “Seigneur des anneaux” que du “Nom de la rose”."

 

 

 

 

 



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