Les courts présentés à Cannes

Delphine Gleize, réalisatrice


 
 















 
               

 

Edition du
Vendredi 16 Juin 2000
 
 


Cannes, un sacré podium pour le court !

A l’occasion du 53e Festival de Cannes, Le film français a réuni autour d’une table cinq jeunes réalisateurs et producteurs, dont les courts métrages ont été sélectionnés dans les diverses sections.

e Festival de Cannes a toujours accordé une place au court métrage, que ce soit en Sélection officielle ou dans les sections parallèles. Pourt autant, il est légitime de se demander si les films courts ne sont pas complètement étouffés dans une manifestation qui a pris de telles proportions. Contrairement aux festivals spécialisés dans le court qui ont atteint un niveau élevé de professionnalisation, au premier rang desquels se place Clermont-Ferrand, véritable tremplin à un format toujours sous-exposé en salle.

Pour les jeunes professionnels invités cette année à Cannes, pas question de laisser passer la chance. Producteur pour Movie Da (court métrage) et Harpo (long métrage), Jean-Fabrice Barnault était présent l’année dernière avec deux films courts : Un petit air de fête d’Eric Guirado avait été sélectionné à la Quinzaine, tandis que La leçon du jour d’Irène Sohm (dont Movie Da n’était que distributeur) figurait au programme de la Semaine de la critique. Avec son associé, Victorien Vaney, ils viennent d’achever le tournage du premier long métrage de Nicolas Cuche, Jojo la frite. “Cannes, c’est un grand festival international et un marché. J’ai eu beaucoup de plaisir à assister à celui de Brest, par exemple, parce que c’est une compétition intelligente. Mais il n’a rien à voir avec Cannes, où on a un peu l’impression d’être noyé dans les dizaines d’événements qui s’y passent. En même temps, Cannes offre une formidable énergie. Et puis, il est très symbolique pour un réalisateur ou un producteur d’y présenter un film. Cela donne beaucoup de force et de confiance pour démarrer la carrière d’un film.”

En sélection officielle, le court est représenté dans deux compétitions : celles du court métrage et la Cinéfondation. Onze réalisations vont concourir pour la Palme du meilleur court métrage. Venus du monde entier, ceux-ci font obligatoirement moins de 15 mn. Quant à la Cinéfondation, elle a reçu pour sa 3e année d’existence 850 films en sélection, contre 420 en 1999, et à peine 200 en 1998. Ouverte aux premiers films et aux films d’écoles, elle propose deux programmes de 13 films, dont la durée moyenne tourne autour de 30 mn.