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français, une jeune réalisatrice, à peine sortie de La femis,
a été sélectionnée avec Le vent souffle où il veut. Claire Doyon
est encore héberluée de se retrouver dans le Palais des Festivals.
“Je suis sans doute naïve, mais je n’ai aucune idée de la façon
dont ça peut se passer. Bénéficier d’une telle exposition fait
un peu peur, mais en même temps, c’est la règle du jeu.” Pour
la jeune femme, qui achève sa scolarité en section réalisation,
La femis a permis avant tout de gagner du temps dans l’apprentissage
de la fabrication d’un film. Parcours sensiblement identique,
à deux promotions d’intervalle, pour Delphine Gleize. Ancienne
de La femis, en section scénario, Delphine revient à Cannes avec
un court métrage, pour la deuxième année consécutive. En 1999,
Un château en Espagne était sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs,
nouvelle mouture qui réintégrait les films français en son sein.
Cette année, Les méduses est présenté dans le cadre de la Semaine
de la critique, qui montre un court métrage avant chacun des sept
longs métrages au programme. “Cannes, c’est surtout un espace
très convivial, qui permet notamment de rencontrer les autres
réalisateurs et de prendre le temps de parler avec eux.” Difficile,
en revanche, de mesurer l’effet cannois sur la carrière d’un court.
Formé sur le tas, Philippe Missonnier a longtemps produit les
courts métrages au sein de Magouric. Ayant fondé sa propre structure,
Nosy Be, il présente à la Quinzaine des réalisateurs, La pomme,
la figue et l’amande, réalisé par Joël Brisse. “Cannes est avant
tout honorifique, dit-il Les films se font dans les bureaux et
sur les plateaux, le reste n’est que l’aboutissement de ce travail.
Cannes est un forum très intense, mais les rencontres qu’on peut
y faire, dans un cadre particulièrement agréable, ne sont pas
des opportunités. Elles résultent d’un travail préalable.”
Reste que le festival constitue pour les films courts une vitrine
exceptionnelle : “L’intérêt est surtout d’être confronté à une
incroyable quantité de films, aux qualités évidentes. Lorsqu’on
projette un film tout seul c’est généralement en présence d’un
public acquis. Ici, en revanche, cette foison de films permet
d’estimer les retours à leur juste valeur.”
Même enjeu pour la réalisatrice Souad El Bouhati. Son tout premier
film, Salam, produit par Movimento, s’est révélé un coup de maître.
Après avoir obtenu cinq récompenses au Festival de Clermont-Ferrand,
dont le Grand Prix, elle se retrouve dans le programme court métrage
de la Quinzaine. “Clermont a été tellement fort pour moi, que
je me demande si Cannes peut être plus étrange. Ce qui compte
pour moi, c’est que le film soit vu dans de bonnes conditions,
par un maximum de monde. Cannes semble idéal. Il est tellement
difficile de faire un film dans cette économie du court vraiment
précaire, avec des équipes qui travaillent gratuitement, qu’on
a forcément envie de les montrer le plus possible. La vie des
courts se fait grâce aux festivals.”
Si Cannes n’est pas le meilleur endroit pour vendre un court métrage,
c’est toutefois là que les projets long métrage des jeunes réalisateurs
peuvent prendre corps. “Nous préparons le premier long métrage
d’Éric Guirado, Antoine et ses nuages. Or le distributeur de ce
film a découvert le travail d’Eric en voyant son court à la Quinzaine”,
confirme Jean-Fabrice Barnault. De son côté, Philippe Missonnier
a déjà prévu une attachée de presse pour travailler sur La pomme,
la figue et l’amande. “C’est l’une des premières portes d’accès
au film. Pour qu’il existe dans la multitude, un travail précis
est nécessaire. Mais, encore une fois, il a été préparé avant
le festival, dans les bureaux. Puis il faut penser à la suite.
Nous allons tourner un autre moyen métrage avec Joël, cet été,
et que le scénario du long est prêt. Cannes est le lieu privilégié
pour en discuter avec tous les partenaires.” Comme le résume Jean-Fabrice
Barnault : “Si le court est vraiment intéressant, on peut y rencontrer
des regards sur le réalisateur qui lui serviront pour le reste
de sa carrière.” Pour les trois jeunes réalisatrices, venir sur
la Croisette sera l’occasion de parler sérieusement de l’avenir.
Delphine, qui a écrit le scénario de son premier long métrage,
Carnages, toujours accompagnée de son producteur des premiers
jours, Jérôme Dopffer pour Balthazar, est en plein casting. Et
si Les méduses est très attendu, c’est sans doute de Carnages
que l’on parlera le plus. De leur côté, Souad et Claire travaillent
déjà sur un scénario de long métrage.
Patrice
Carré
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