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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

“Le film français” à la table d’Unifrance

Le film français était présent à Toronto au traditionnel déjeuner organisé par Unifrance autour des comédiens et réalisateurs français sélectionnés au Festival, de la presse et des distributeurs nord-américains. Compte rendu à chaud.

Nathalie Baye
Comédienne

Qu’est-ce qui vous a attirée dans Les sentiments ?
Le traitement incroyable que Noémie Lvovsky a donné au film. Il marie le rire, l’émotion et l’originalité. Avec la chorale qui revient comme dans la tragédie grecque, on touche au burlesque, mais jamais au ridicule. Tout est écrit avec chaleur. Comme cette femme un peu extravagante que j’interprète : elle parle à ses animaux, fait des boums à elle toute seule, pousse un peu trop sur la bouteille, mais elle aime aussi ses enfants et son mari de manière extrêmement émouvante… L’histoire d’amour qui tombe sur son mari, elle n’y peut rien. Rien ni personne n’est minable. Ce sont toutes ces originalités-là qui font qu’on dit oui en 48 heures. Ensuite, c’est le plaisir du jeu. Jean-Pierre Bacri comme moi, on s’investit vraiment, on travaille beaucoup, on y va à fond. ça tombe bien, car avec Noémie, on ne peut pas chipoter.

Aborde-t-on différemment les festivals de Venise et de Toronto ?
Dans cette énorme industrie mondiale qu’est devenu le cinéma, il faut savoir revendiquer le travail qu’on aime et le défendre partout. Je viens pour la première fois au Festival de Toronto, et je considère cela comme faisant partie du jeu.

Le fait que Toronto n’ait pas de compétition facilite-t-il la tâche ?
C’est une manière de dire : vive la différence ! Et cela donne plus encore l’envie d’aller renifler la sélection, les films des autres. Pour les gens comme moi, qui ne font que passer ici, entre Venise et Marrakech où je vais préparer le prochain festival, dont je suis présidente, c’est évidemment un peu frustrant.

Tourner avec Spielberg vous a-t-il apporté une image plus internationale ?
Steven Spielberg est une telle montagne dans le monde du cinéma que, bien sûr, il éclaire une carrière. Mais j’ai été étonnée de voir à quel point il travaillait de manière artisanale. À une vitesse et une souplesse incroyables, mais dans une grande proximité avec les acteurs. Il m’a rappelé François Truffaut : il aborde les comédiens et le tournage avec un enthousiasme incroyable.

Avez-vous envie de tourner à nouveau aux Etats-Unis ?
Avec des gens de la qualité de Spielberg, Tom Hanks et Leonardo Di Caprio, évidemment ! Mais loin de moi l’idée de faire un film seulement parce qu’il est américain. Ici comme en Europe, j’ai besoin d’univers forts, d’auteurs, d’artistes.

Vous ne quittez plus l’affiche, entre Les sentiments et France Boutique…
Pour ce dernier, ce n’est qu’un clin d’œil, une participation par amitié pour Tonie Marshall. J’ai aussi tourné dans le premier film de Thierry Klifa, avec Patrick Bruel. Et je continue d’enrichir ma gamme de personnalités : avec Xavier Beauvois, je vais pour la première fois être une femme flic ; pour le premier film de Martial Fougeron, une mère qui a des rapports très particuliers avec son fils… C’est cette diversité qui me motive. Plus les rôles sont loin de moi, plus ils m’attirent.

Propos recueillis par Sophie Dacbert

 

Vendredi 10 octobre 2003
   Pierre Brousseau
   Nathalie Baye
   Noémie Lvovsky
   Bruno Dumont
   Solveig Anspach
   Benoît Cohen
   Michael Barker
 

 

 

 

 


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