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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

“Le film français” à la table d’Unifrance

Le film français était présent à Toronto au traditionnel déjeuner organisé par Unifrance autour des comédiens et réalisateurs français sélectionnés au Festival, de la presse et des distributeurs nord-américains. Compte rendu à chaud.

Noémie Lvovsky
Réalisatrice

Vous enchaînez Venise et Toronto avec Les sentiments. Quel est le vôtre aujourd’hui ?
Toujours aussi traqueuse. Je le suis en général, mais c’est pire que tout quand je dois parler de mon travail. Je n’ai pas vu mon film fini. Je l’ai découvert à chaque étape de la postproduction, mais dès que j’arrive à la copie zéro, je me carapate. Ce qui est drôle entre deux festivals comme Venise et Toronto, c’est l’approche du public. En Italie, tout le monde connaît bien Nathalie (Baye, ndlr). Le public était plus circonspect avec Jean-Pierre (Bacri). J’ai compris l’importance de la familiarité d’un public avec les comédiens, avec un auteur aussi.

Nathalie Baye, Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré, Melvil Poupaud : le casting est magique. S’est-il imposé immédiatement ?
Non, car avec ma coscénariste, on n’écrit pas pour quelqu’un en particulier. En fait, pour être franche, ma priorité, c’est l’écriture, puis le financement, et enfin les acteurs. Et si le tout a été reconstitué autour d’eux, ils n’ont pas été choisis en fonction du montage financier. Cela doit être aussi indépendant que possible.

Se voir imposer Nathalie Baye et Jean-Pierre Bacri, il y a pire, non ?
Bien sûr. Mais, même si je sais que le théâtre est une source trop peu explorée, et si je n’avais pas de critère ni physique, ni d’âge, il n’y a pas tant de choix pour constituer un couple adulte dans le cinéma français.

Comment vous est venue l’idée du chœur ?
D’abord j’adore la chanson, la variété. Et lorsque nous avons eu peur de la banalité de cette histoire d’adultère, on a trouvé que cette chorale relayait bien les sentiments qu’éprouvent les personnages. En fait, elle les devance. Le chœur, c’est aussi l’âme de l’auteur qui sait, lui, ce qui va se passer.

Une sélection dans les grands festivals internationaux, c’est important pour vous ?
C’est une certaine reconnaissance cinéphile. Pas forcément publique, ni critique.

Êtes-vous déjà sur une nouvelle histoire ?
Je fais un film tous les quatre ans, alors pour l’instant je prends des notes, je tâtonne. J’ai très envie de personnages forts, de rythme… et de retravailler avec Claude Berri.

Propos recueillis par Sophie Dacbert

 

Vendredi 10 octobre 2003
   Pierre Brousseau
   Nathalie Baye
   Noémie Lvovsky
   Bruno Dumont
   Solveig Anspach
   Benoît Cohen
   Michael Barker
 

 

 

 

 


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