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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Des courts dans la cour des grands

Juan Solanas présentera L’homme sans tête en sélection officielle ; Ron Dyens proposera Derrière les fagots à la Semaine de la critique ; Dans la forêt noire de Joséphine Flasseur et Petits pas de Thomas Salvador seront projetés à la Quinzaine des réalisateurs.

Joséphine Flasseur

Dans la forêt noire

Dans la forêt noire est votre cinquième film. Un lien avec vos opus précédents ?
Leur dénominateur commun tient plutôt dans une certaine manière de raconter, presque impressionniste. C’est aussi une certaine vision de l’enfance, une façon de traiter le rapport à la mémoire, la vision un peu déformée des souvenirs. Les événements sont vus de manière presque fantasmatique. Ce sont des visions où reviennent les terreurs d’autrefois. Le principe de réalité y est très relatif. Pourtant, c’est peut-être la première fois que je raconte vraiment une histoire. Jusqu’à présent, l’aboutissement, pour moi, c’était l’émotion, pas l’histoire.

Le titre de votre film fait penser à un conte…
Justement, c’est un conte noir et fantastique. Le personnage incarné par Isild Le Besco fait des allers et retours dans le temps entre passé et présent, enfance et âge adulte, mais sans différenciation véritable. Elle se projette en tant qu’adulte dans des scènes de son enfance. Le ton de la narration est plutôt fantastique, en tout cas pas très classique. Je voulais raconter ce moment où l’on se souvient, quand soudain, fantasme, frayeur, prémonition, instinct, vont prendre la même valeur.

C’est un film qui a été difficile à financer ?
J’ai eu une aide de la Franche-Comté, où j’ai d’ailleurs tourné. C’est une belle région avec une forêt obscure, dense, un peu angoissante, presque marécageuse. Et le CNC nous a également soutenus. Mais Dans la forêt noire n’a été rendu possible que grâce à mon film précédent, Brûlure indienne qui était abouti et concluant dans le type de narration que je choisis. Ces organismes et mon producteur, La Vie Est Belle, m’ont fait confiance sur un scénario qui peut sembler chaotique et abstrait. Je ne fais pas des films de dialogues. Il y a des intrigues, une histoire, mais tout passe au travers de choses beaucoup plus sensuelles qu’un dialogue.

Cette sélection à la Quinzaine, à Cannes signifie quelque chose ?
Bien sûr et je les en remercie infiniment. C’est une reconnaissance formidable et une forme d’insertion dans le milieu du cinéma. Instinctivement, je n’ai pas été très présente dans les milieux du court métrage. C’est un monde particulier et il faut correspondre à une certaine manière de raconter qui n’est pas forcément la mienne.

Vous trouvez qu’il y a un certain formalisme dans le court métrage ?
Je crois qu’il faut y jouer un certain jeu, même si ça reste le meilleur endroit pour expérimenter. Je suis en train de développer l’écriture d’un long métrage et je sais que je ne pourrai plus jamais essayer comme je l’ai fait dans mes films courts.

Propos recueillis par Patrice Carré

Vendredi 10 octobre 2003
   Ron Dyens
   Juan Solanas
   Thomas Salvador
   Joséphine Flasseur
   
 
 
 


 

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