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ENQUÊTE

Exploitant : un seul métier pour des réalités multiples

Qu’est-ce que le métier d’exploitant aujourd’hui ? En quoi est-il différent selon qu’on exploite un multiplexe ou un complexe, une salle généraliste ou une salle art et essai, une salle privée ou une salle municipale ? À écouter celles et ceux qui exercent ce métier, l’exploitation revêt plusieurs formes, elle les confronte à des réalités multiples selon leurs salles (5 257 au total en France). Tour d’horizon d’un métier en pleine évolution et rencontre avec des exploitants passionnés par leur travail.

1. Multiplexes de circuit
Gérer et animer tout à la fois

Francis Cazau
(53 ans)
UGC Ciné Cité Strasbourg Étoile (Bas-Rhin)
22 salles et 5 400 places
1 211 926 entrées en 2002
Éliane Duverne
(47 ans)
Pathé Boulogne
(Hauts-de-Seine)
7 salles et 1 492 places
530 930 entrées en 2002

Les circuits ont été les premiers à se lancer dans l’aventure des multiplexes. Quand Pathé a inauguré voici dix ans ses 12 salles dans la banlieue de Toulon, certains prédisaient à la société au coq une débâcle rapide, arguant que le public français n’aurait pas envie d’aller au cinéma en périphérie. La qualité de l’installation a pourtant séduit les spectateurs toulonnais qui ont fait un triomphe au Pathé Grand Ciel. À partir de là, le coup d’envoi de “la révolution multiplexe” était officiellement donné. Gaumont et UGC ont rapidement ouvert leurs premiers sites. Pour celles et ceux qui sont à la tête de telles structures, il s’agit avant tout d’assurer le bon fonctionnement de l’ensemble, même s’ils préfèrent souvent rester discrets sur leurs méthodes de travail, préférant laisser le soin au circuit d’assurer la communication extérieure. Chez EuroPalaces, les directeurs de salles ont d’ailleurs le statut de cadre dirigeant. Véritable chefs d’entreprises à la tête d’une SAS (Société par action simplifiée), ils doivent remplir les objectifs qu’ils se sont fixé en début d’année en concertation avec le siège parisien. Ils sont en revanche indépendants dans leur gestion du site et leur politique d’animation dans les limites du budget annuel qui leur est assigné. L’indépendance est aussi de mise chez UGC où les directeurs des salles agissent avec liberté sur leur site, tout en veillant à atteindre leurs objectifs. “Nous sommes toujours des exploitants qui devons animer un lieu de vie, même si la tâche est plus complexe du fait de l’ampleur du site, explique Francis Cazau, directeur des 22 salles de l’UGC Ciné Cité Étoile Strasbourg. Il faut pouvoir à la fois s’occuper des problèmes techniques, s’assurer de la qualité permanente de l’accueil et gérer, bien sûr, le personnel.” À ce titre, l’UGC Ciné Cité Étoile Strasbourg emploie 85 personnes. Éliane Duverne partage ce point de vue. Directrice du Pathé Boulogne (sept salles en centre- ville), elle insiste aussi sur l’importance de faire vivre le site par de nombreuses animations. Pour elle, “il est clair que l’on peut faire un travail de qualité sans avoir une image de vendeur de pop-corn.” Si la programmation dépend du circuit, cela n’empêche pas les directeurs des multiplexes des circuits de travailler les films en accueillant acteurs et réalisateurs et plus généralement en organisant des avant-premières et des partenariats autour des sorties qui leur paraissent les plus intéressantes.

Vendredi 10 octobre 2003

 

 

 

 


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