| ENQUÊTE
Exploitant : un seul métier
pour des réalités multiples
2.
Multiplexes indépendants
Diversifier
son offre
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Richard
Derobert
(52 ans)
Méga Royal à
Bourgoin-Jallieu (Isère)
9 salles
et 1 600 fauteuils
280 000 en 2002
(neuf mois dexploitation) |
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Bernard
Fanget
(56 ans)
en association
avec Christian Falquet
Décavision à Annecy (Haute-Savoie)
10 salles et 1 988 places
683 216 entrées en 2002
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Michel
Fridemann
(52 ans)
Grand Écran à Limoges (Haute-Vienne)
14 salles et 2 500 places
650 000 entrées en 2002
Grand Écran à Lateste (Gironde)
8 salles et 1 300 places
310 000 entrées en 2002 |
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Jean-Jacques
Geynet
(51 ans)
Cinespace à Beauvais (Oise)
10 salles
et 1 913 places
400 000 entrées en 2002 |
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Daniel
Noïnski
(63 ans)
Ciné Star à Lanester (Morbihan)
11 salles et 1 500 places
536 000 entrées en 2002 |
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A la différence de leurs collègues
travaillant pour les circuits, les exploitants indépendants
qui dirigent aujourdhui des multiplexes doivent supporter
seuls le poids dinvestissements souvent élevés.
Bernard Fanget, exploitant en association avec Christian Falquet
du Décavision à Annecy , regrette que les banques
demandent souvent limpossible. Son multiplexe lui a
coûté 11,4 ME, un investissement lourd pour un cinéma
construit sur plusieurs niveaux en plein centre-ville. Michel Fridemann,
exploitants des Grands Écrans de Limoge, Lateste et maintenant
Libourne, abonde aussi dans ce sens : Largent est toujours
facile à trouver et toujours difficile à rembourser.
Il a investi plus de 15 ME dans ses trois multiplexes. Il nest
pourtant pas question pour ces exploitants de mégoter sur
les moyens mis en uvre pour proposer des équipements
dignes des circuits. Installé à 39 km de Lyon où
UGC Ciné Cité et Pathé dominent le paysage
cinématographique, Richard Derobert a transféré
lactivité de ses deux complexes de Bourgoin-Jallieu
au sein dun multiplexe de neuf salles baptisé Méga
Royal. Pour lui, il était important doffrir un
équipement de qualité, le public pouvant facilement
faire la comparaison avec les multiplexes lyonnais. Sauter
le pas représente toutefois une grande aventure pour un exploitant
indépendant. On change complètement dunivers,
constate Jean-Jacques Geynet, exploitant du Cinespace de Beauvais.
Il sagit en effet de gérer de véritables PME
qui emploient, en règle générale, 20 à
40 personnes. Et Daniel Noïnski, exploitant du Ciné
Stars de Lanester près de Lorient, dajouter que si
la manière de défendre les films demeure la même
que dans un complexe, les problèmes sont démultipliés,
et de citer les exemples de la vente de confiseries et de
la restauration rapide qui supposent une gestion particulière.
Bernard Falquet préfère parler de remise en
question de sa manière de travailler et dappréhender
les problèmes. Sils reconnaissent tous quun
multiplexe est difficile à exploiter, ils se réjouissent
en revanche de la souplesse de programmation quil offre. On
peut toucher tous les publics, senthousiasme Richard
Derobert. Certains dentre eux nont dailleurs pas
hésité à ouvrir leurs écrans à
lart et essai et la VO. Si la vocation première
reste le cinéma grand public, il est important de pouvoir
présenter des films comme ceux de Woody Allen ou Aki Kaurismäki
en VO, précise Richard Derobert. De son côté,
Jean-Jacques Geynet, dont le Cinespace est classé art et
essai, estime que la pire des choses qui puisse arriver dans
une ville petite ou moyenne est la création dun ghetto
pour le cinéma dauteur. Il consacre ainsi un
certain nombre de séances à des films art et essai
en VO. Pour lui et ses collègues, le multiplexe doit être
un lieu de vie et de rencontres.

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