| ENQUÊTE
Exploitant : un seul métier
pour des réalités multiples
3.
Complexes généralistes
Satisfaire
tous les publics
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Frédéric
Gramont
(47 ans)
Conti à LIsle-Adam (Val-dOise)
5 salles et 769 places
190 000 entrées
en 2002
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Marie-Louise
Trouadec
Les Baladins à Guingamp, Lannion
et Perros-Guirrec
(Côtes dArmor)
7 salles et 1 384 places
330 000 entrées en 2002 |
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Maïthé
Vialle
En collaboration avec Bertrand Vialle
Rex à Sarlat (Dordogne)
4 salles et 772 places
94 000 entrées en 2002 |
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Richard
Patry
(38 ans)
Grand Mercure à Elbeuf
5 salles et 900 places
102 000 entrées en 2002
Grand Forum à Fécamp
4 salles et 700 places
93 000 entrées en 2002
Le Palu à Les Andelys
2 salles et 470 places
35 000 entrées en 2002 |
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Thierry
Tabaraud
(41 ans)
Empire à Saint Dié (Vosges)
4 salles et 800 places
95 000 entrées en 2002
Cyrano à Saint-Dizier (Haute-Marne)
4 salles et 600 places
115 000 entrées en 2002 |
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Notre métier exige de
plus en plus de professionnalisme, estime Thierry Tabaraud qui exploite
deux complexes à Saint-Dié et Saint-Dizier. Nous devons
essayer de satisfaire le plus grand nombre de spectateurs.
Laugmentation du nombre de copies a toutefois facilité
le travail des exploitants qui obtiennent plus facilement des copies
en sortie nationale. La communication est meilleure aujourdhui
avec les distributeurs, estime Maïthé Vialle, exploitante
avec Bertrand Vialle du Rex à Sarlat. À partir du
moment où lon affiche des résultats probants,
ils jouent plus facilement le jeu de la province. Pour obtenir
certains films, elle a toutefois dû mettre en place un réseau
de salles qui garantit aux distributeurs une circulation de leurs
films. Le meilleur accès aux copies a toutefois des effets
pervers. Il est difficile dabsorber tous les films qui
sont trop nombreux chaque semaine, constate Thierry Tabaraud. Il
faut faire des choix, sachant quun film qui nest pas
exploité le jour de sa sortie aura du mal à trouver
sa place les semaines suivantes. Il lui arrive ainsi de programmer
huit films dans quatre salles. Pour Frédéric Gramont,
exploitant du Conti de LIsle-Adam, la rotation est telle
quil nest plus possible de travailler les films sur
la longueur. Il se sent aujourdhui plus tributaire quavant
des campagnes de promotion. Pour faciliter son travail, il continue
donc de faire appel à un programmateur, en loccurrence
le GPCI qui a le temps et la possibilité de voir les
films et donc de faire les bons choix. Cela nempêche
pas des discussions afin de servir au mieux sa salle. À lheure
des multiplexes, la diversité de loffre reste une condition
du succès pour les complexes traditionnels. Le cinéma
nest pas un commerce, nuance Marie-Louise Trouadec. Il ne
faut pas se contenter de faire des entrées à tout
prix, mais aussi amener les spectateurs à découvrir
des films. Et dajouter que lexploitation
indépendante se doit dêtre en contact permanent
avec son public. Maïthé Vialle considère
aussi quil nest pas envisageable de négliger
une seule catégorie de spectateurs, surtout quand on est
dans une zone rurale où les salles ne sont pas nombreuses.
Une opinion partagée par Jérôme Paintendre,
exploitant du Mimosa à Noirmoutier qui a ouvert une de ses
deux salles à une programmation plus pointue afin de satisfaire
à la demande de sa clientèle. Il cite ainsi lexemple
de Frida quil a gardé à laffiche plusieurs
semaines. Il reconnaît néanmoins que lerreur
nest pas possible. Il lui faut faire plus de choix,
et les bons choix. Être exploitant, cest être
avant tout généraliste, conclut, à juste titre,
Richard Patry, qui exploite plusieurs salles en Normandie. Cest
ce qui est le plus passionnant dans ce métier.

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