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ENQUÊTE

Exploitant : un seul métier pour des réalités multiples

4. Salles art et essai
Faire partager des films

Didier Besnier
(47 ans)
Eldorado à Dijon
(Côtes d’or)
3 salles et 400 places
130 000 entrées
en 2002
Jacky Lebas
(52 ans)
Stars à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais)
7 salles et 940 places
210 000 entrées en 2002
René Letzgus
(55 ans)
Star et Saint-Exupéry
à Strasbourg
(Bas-Rhin)
10 salles
et 1 200 places
420 000 entrées
en 2002
Caroline Lonqueu
(30 ans)
Utopia à Saint-Ouen-l’Aumône et à Pontoise (Val-d’Oise)
5 salles et 585 places
205 656 entrées en 2002
Michel Vermoesen
(52 ans)
Métropole et Majestic
à Lille (Nord)
10 salles
et 1 000 places
349 000 entrées
en 2002
   

Dénicher les films qui sauront séduire leur public, tel semble être la mission dont se sentent investis les exploitants à la tête de salles art et essai. “Un de mes plaisirs est d’aller à la recherche des films comme à une pêche au trésor”, déclare Caroline Lonqueu, exploitant de l’Utopia Saint-Ouen-l’Aumône qui confesse aussi voir beaucoup de films en amont de leur sortie. Il s’agit ensuite de pouvoir communiquer son enthousiasme à ses clients. “C’est un vrai travail d’artisan”, estime Jacky Lebas, exploitant des Stars de Boulogne-sur-Mer. Présent en permanence dans ses salles, il n’hésite pas à guider le spectateur hésitant dans ses choix : “Je suis un peu comme un restaurateur qui recommande un plat à ses clients.” Il est aussi à la sortie pour recueillir les impressions de ses clients pour savoir s’il ne s’est pas trompé dans ses recommandations. Pour Caroline Lonqueu, “il ne suffit pas de programmer les films, encore faut-il les connaître pour les faire ensuite partager.” Le contact avec le public est donc primordial. René Letzgus, exploitant du Star et du Saint-Exupéry à Strasbourg, insiste d’ailleurs sur le fait que “l’exploitant art et essai est aujourd’hui plus animateur que gestionnaire, il lui faut aller vers le public et créer l’événement en permanence.” “La salle ne doit pas être seulement un lieu de consommation des films, mais aussi d’échanges et de rencontres”, surenchérit Didier Besnier, exploitant de l’Eldorado à Dijon. Et Caroline Lonqueu d’ajouter que “le public est demandeur d’une proximité avec les films et la salle.” Les exploitants art et essai sont aujourd’hui soucieux de renouveler leur public. “Il nous faut attirer le jeune public qui a volontiers tendance à préférer les multiplexes”, estime Michel Vermoesen. Celui-ci, comme son collègue strasbourgeois René Letzgus a ainsi choisi d’ouvrir sa programmation à des films comme Matrix ou Arrête-moi si tu peux qu’il présente en VO. Les exploitants art et essai apportent aussi un soin particulier au cinéma de répertoire, à l’instar de Didier Besnier estime “qu’il est important de montrer des films anciens pour mieux appréhender les films nouveaux.”

Vendredi 10 octobre 2003

 

 

 

 


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