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ÉVENEMENT
Antefilms rachète France Animation
Trois mois après le rachat dEllipse
Animation par Dargaud Marina, cest au tour dAntefilms,
producteur de Funky Cops, dacquérir le père
de Titeuf, France Animation.
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Après plusieurs mois
de négociations, Titeuf (France Animation) rejoint
Funky Cops (Antefilms).
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La présentation officielle
naura lieu quen avril prochain, à loccasion
du MIPTV, où Antefilms Production et France Animation feront
stand commun. Dans les faits, les deux sociétés danimation,
aujourdhui présentes au Mipcom chacune sous son ombrelle,
la nouvelle étant trop récente, appartiennent à
la même maison depuis lundi dernier. Au terme de huit mois
de réflexion et de pourparlers, cest en effet à
la société des frères Di Sabatino Benoît,
le président, et Christophe, le vice-président ,
Antefilms Production, que vient dêtre cédée
lune des sociétés de production et de distribution
de programmes jeunesse les plus anciennes et les plus emblématiques
de lHexagone : France Animation. En vente depuis deux ans,
la filiale de Wanadoo lancée en 1984, qui représente
lun des plus gros catalogues du marché, aura suscité
lintérêt de plusieurs acteurs du secteur. Lagardère,
Carrère, Alphanim, Télé Images, Xilam sont
quelques-unes des sociétés à avoir examiné
le dossier. Règle dusage oblige, on ne saura rien des
derniers candidats en compétition avec Antefilms. Ni du montant
de la transaction finale (en raison dune clause de confidentialité),
lequel sera pourtant communiqué lors de la publication des
comptes de Wanadoo. Selon nos informations, le prix de vente fixé
par Wanadoo avoisinait, il y a deux ans, les 9 ME. Faute de repreneur,
il aurait été divisé par deux, soit léquivalent
de la dette de France Animation. Tout ce que je peux dire,
cest que France Animation est une société saine,
porteuse davenir, disposant de propriétés phares
comme Titeuf. Et notre projet, qui repose sur la pérennisation
du développement de France Animation, a su convaincre Wanadoo,
répond Benoît Di Sabatino, qui, pour la transaction,
sest adossé à des investisseurs financiers privés,
autres que des fonds dinvestissements. Composée
dun effectif de vingt personnes, pour un chiffre daffaires
de 6,2 ME en 2002, la société dirigée par Maïa
Tubiana conservera donc sa ligne éditoriale et ses productions
: Petit Vampire (52 x 13-France 3), Space Lunies (39 x 7),
Dr Dog (52 x 13) et Tama & Melody (52 x 13). Sans
oublier LA pépite de son catalogue : Titeuf. Adaptée
du héros de BD inventé par le dessinateur suisse,
Zep, cette série, diffusée sur France 3, est à
ce jour distribué dans 35 territoires, et cumule les licences
(McDonalds, Danone...). Créée en 1990, Antefilms
est de son côté lheureux producteur de Funky
Cops ( 26 x 26). Lancée en catimini en août 2002
sur M6, la série est aujourdhui diffusée dans
plus de 100 pays. Outre la deuxième saison de Funky Cops,
les autres productions en cours sont Code Lyoko ( 26 x 26-France
3), Pet Alien (52 x 13-TF1 ) et Invisible Man (26 x 26-M6).
La société, dont le CA sélevait en 2002
à 8,8 ME, possède par ailleurs son propre studio danimation
3D et de motion capture, Antefilms Studio, dans le cadre du pôle
image dAngoulême.
En acquérant France Animation, Antefilms entend poursuivre
deux objectifs : mutualiser la distribution des deux structures
qui permettra dexploiter un catalogue Animation de plus
de 1 600 demi-heures approvisionné par un flux annuel de
quatre à cinq séries inédites. La distribution
devenant ainsi le levier de nos productions, commente Antefilms.
Second axe fort : développer une structure marketing pour
optimiser lexploitation des propriétés
en capitalisant sur leurs diffusions internationales. Cette
structure aura pour vocation la mise en place dévénements
promotionnels, de licensing, merchandising, publishings, édition
musicale et lorchestration des agents licensing locaux. La
situation actuelle du marché de lanimation est telle
quon ne peut plus seulement produire du contenu pour une chaîne.
Doù limportance daccompagner la propriété
comme nous lavons fait pour Funky Cops en sortant un CD chez
Universal ou en concluant un deal avec Mattel pour les jouets. Le
marché est très demandeur, justifie Benoît
Di Sabatino. Il sagit dune évolution logique,
note un observateur avisé. Après avoir appris à
fabriquer dans les délais impartis, puis à sadapter
au marché international, les producteurs sont maintenant
dans lapprentissage dune démarche marketing et
poussent lintégration verticale au bout, avec une approche
intégrée en amont. Cest dailleurs le chemin
emprunté par des sociétés comme Marathon ou
Millimages.
La création de ce nouvel ensemble de la production
indépendante aura, à moyen terme, dautres
conséquences. En termes de positionnement dactivité,
notamment. Si la base de notre stratégie est, à
court terme, la série danimation, nous viendrons à
la production de longs métrages, informe Benoît
Di Sabatino. Jusquici écartée, lhypothèse
de lintroduction en Bourse nest, dautre part,
plus exclue. Sans évidemment pouvoir établir un calendrier.
Cest quelque chose qui devra sétudier le
moment venu, relève le président dAntefilms.
Dun point de vue plus pratique, cette fois, Antefilms et France
Animation, respectivement installées à Levallois et
dans le Xe arrondissement parisien, seront, à terme, réunies
sous un même toit.
La cession de France Animation à Antefilms intervient trois
mois seulement après le rachat dEllipse Animation par
Dargaud Marina. Il sagit de deux mouvements importants
pour le secteur, reprend notre observateur toujours masqué.
Ellipse Animation et France Animation sont des pions essentiels
de la distribution et ces opérations de rachat et de concentration
contribuent à recomposer le paysage de lanimation et
créent des vraies synergies. Dans un contexte économique
difficile, France Animation et Ellipse Animation ont fait les frais
du retrait de leurs investisseurs respectifs, Wanadoo et Vivendi
Universal, dont lanimation nest pas le cur de
métier. Ces mouvements, certes quasi concomitants, ne devraient
pas pour autant augurer dautres opérations de cette
nature.
Emmanuelle Miquet
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