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Les Déjeuners du Film Français à la Plage des Palmes

Date de publication : 20/05/2010 - 11:07

Olivier Masset-Depasse, Jean-Julien Baronnet, Anaïs Demoustier, Rithy Panh, Anne Coesens, Frederick Wiseman, Serge Toubiana, Marc-Antoine Robert, Xavier Rigault, Pascal Verroust, et Éric Le Roch.

Anaïs Demoustier
actrice

C’est déjà votre troisième film sélectionné à Cannes…

J’avais 13 ans quand je suis venue la première fois en 2003, avec Michael Hanecke pour Le temps du loup. La projection fut houleuse. Cela m’avait impressionnée. Je suis revenue il y a deux ans avec Les grandes personnes à la Semaine de la critique.

Vous présentez cette année “Belle épine” de Rebecca Zlotowski, une sorte de “road city movie” ?

Le personnage principal est joué par Léa Seydoux. C’est une jeune fille qui est dans une sorte d’errance à la mort de sa mère. Le film parle beaucoup de solitude, alors qu’elle est très entourée. Je suis l’une de ses amis d’enfance.

C’est à nouveau un premier film. Vous en avez beaucoup dans votre filmographie ?

J’aime beaucoup l’énergie de ce que j’appellerais “la première fois”. C’était le cas avec Rebecca qui nous a tous portés. Je regrette cependant une seule chose : souvent ces premiers films sortent dans de mauvaises conditions. J’espère que cela ne sera pas le cas pour Belle épine qui devrait être en salle en novembre.

Quelle est votre actualité ?

Le 18 août sort D’amour et d’eau fraîche, le deuxième film d’Isabelle Czajka avec Pio Marmaï. J’adore ce film, une sorte de satire sur le monde d’aujourd’hui et sur la façon dont les jeunes devraient se comporter. Et le 31 mai, je commence Sponsoring, un film polonais de Malgorzata Szumowska avec Juliette Binoche. Je serai une jeune étudiante qui se prostitue. 

F.-P. P.-L.

Marc-Antoine Robert , Xavier Rigault
producteurs (2. 4. 7 Films)


Comment définiriez-vous “Simon Werner a disparu”… ?

Il ne s’agit ni d’un thriller ni d’un teen movie. Fabrice Gobert s’est inspiré d’une histoire dont il a été le témoin, pour réaliser un film rock stylé, à la manière de Virgin Suicides, qui épouse quatre points de vue différents, chacun d’eux correspondant à des critères esthétiques distincts et précis, que ce soit au niveau des focales ou du travail sur le son. Ce qui a impliqué des repérages et un découpage particulièrement méticuleux.

Où en sont vos projets ?

Nous préparons une comédie romantique, qui s’intitulait Rock the Casbah jusqu’à ce que nous découvrions que ce titre était déjà pris. L’histoire d’une fashionista qui tombe amoureuse d’un épicier. C’est Sami Bouajila qui tiendra ce rôle, le casting de l’interprète féminine étant en cours. Et puis, nous préparons La vraie vie des profs, un scénario d’Alexandre Jardin qui sera mis en scène par les deux ­réalisateurs de Lascars.

Vous venez l’un et l’autre d’univers différents Quel regard portez-vous sur votre profession ?

Ce qui nous frappe dans notre génération de producteurs, c’est que la motivation principale pour faire ce métier reste, pour beaucoup d’entre nous du moins, la cinéphilie. Ce qui a quelque chose de rassurant.

J.-P. G.

Jean-Julien Baronnet
Dg d’EuropaCorp

Comment l’ex de Procter & Gamble, Dg de Rhodia et de Rhône-Poulenc trouve-t-il sa place chez EuropaCorp ?

Luc Besson et Pierre-Ange Le Pogam voulaient se recentrer sur le cœur de leur métier, la production. Ils cherchaient quelqu’un qui prenne la barre d’une structure devenue au fil du temps le plus gros studio de production d’Europe. De mon côté, j’avais déjà décidé de quitter l’industrie pour me consacrer au cinéma. J’ai écrit trois scénarios dont un, Abime, a été acheté par Pierre-Ange avant que je ne connaisse Luc. Je crois que c’est cette double sensibilité, industrielle et artistique, qui fait que je me sens si bien chez EuropaCorp. Et que j’y travaille avec passion.

Quel est votre job, précisément ?

En tant que mandataire social, je suis responsable de la gestion de l’ensemble de l’entreprise. Pierre-Ange conserve les relations avec les chaînes et les Américains. De mon côté, je suis l’organisation, la négociation des contrats liés à la vidéo, les licences et les partenariats et je supervise les ­ventes internationales. Mais à chaque décision stratégique, les décisions sont prises à trois.

EuropaCorp se porte bien ?

Oui, sur la durée, car le trésor d’EuropaCorp est son catalogue qui ne fait que commencer à vivre. En 2009, sa valeur était de 100 M€. Mais en dix ans, la société a produit 75 films, dont 22 seulement sont totalement amortis. Les autres continuent de se valoriser au fur et à mesure de leurs différentes exploitations. Entre 2007 à 2009, nous sommes passés de 70 M€ à 140 M€ d’investissement dans la production. L’idée est de garder ce niveau tout en internationalisant notre line up. Sur l’exercice 2011-2012, la moitié de nos films seront en langue anglaise. Et puis, maintenant que nous avons acquis Cipango, nous pouvons compter sur le lissage de l’activité, la production télé étant plus récurrente.

S. D.

Anne Coesens, Olivier Masset-Depasse
comédienne, réalisateur


“Illégal” traite du sort des sans-papiers en Belgique. Comment vous êtes-vous intéressés au sujet ?

O. M. D. : Je connaissais quelques sans-papiers, mais rien sur les centres de rétention. Je m’y suis intéressé en apprenant l’existence d’un centre à 15 km de chez moi. Je me suis renseigné et très vite, au-delà de la révolte, est née l’envie du film. J’ai enquêté avec un journaliste du Soir, et un avocat, notamment dans un centre de rétention. Tout ce qu’on voit dans le film est tiré de faits réels, mais après je les ai malaxés par la fiction. J’ai tenté de tirer cette histoire vers le thriller psychologique, puisque ces sans-papiers vivent dans une paranoïa constante. Si le cinéma ne peut pas changer le monde, en tout cas, ­j’espère que le film aidera à une prise de conscience.

Comment avez-vous abordé le rôle principal, celui d’une mère russe éloignée de son fils par la rétention ?

C’est une femme qui vit dans la clandestinité, arrivée dix ans auparavant en Belgique. C’est au moment où elle relâche sa vigilance qu’elle est contrôlée, ce qui arrive souvent d’après les témoignages. Le personnage m’est apparu très clair à la lecture du script, en revanche, j’ai rencontré une femme russe et une Biélorusse qui m’ont aidé à construire sa vie d’avant l’arrestation. 

S. Dr.

Frederick Wiseman
réalisateur

Combien de films avez-vous réalisé ?

Je suis en train de préparer le 39e sur le Crazy Horse.Boxing Gym, présen­té à la Quinzaine des réalisateurs, est donc mon 38e film.

C’est un documentaire sur une salle de boxe au Texas. Cet univers vous fascine ?

La boxe m’a toujours intéressé. Je l’ai pratiquée en amateur. Et la violence est un thème qui parcourt mes films. J’ai tourné trois documentaires sur l’armée américaine, j’ai filmé des débats législatifs sur l’établissement de lois punissant les crimes violents, j’ai fait des films sur les violences domestiques et les prisons. Or la boxe est une ritualisation de la violence. Et puis, cette salle est fréquentée par des gens de tous âges et de tous horizons. Elle est le reflet du melting pot américain.

Vous avez une méthode de travail précise ?

Je ne fais ni recherche ni préparation. J’ai juste passé une demi-journée dans la salle avant de tourner. J’accumule beaucoup de matériel pendant le tournage. Pour Boxing Gym, j’avais une centaine d’heures de rushes. Et je monte moi-même.

Vous utilisez quel support ?

Le 16 mm ou le Super 16 et je monte sur une table traditionnelle. J’ai utilisé une fois l’Avid, mais c’est bizarre. On n’a pas l’impression de faire du montage mais de taper à la machine. Certains trouvent que c’est trop long de chercher les plans sur les bobines. Moi, ça me donne le temps de ­réfléchir.

P. Ca.

Rithy Panh
réalisateur

Vous parrainez Les Cinémas du monde avec Sandrine Bonnaire. Est-ce un honneur ?

C’est moins un honneur que la continuité de mon engagement envers les cinématographies peu diffusées. J’aime aussi l’idée que les Cinémas du monde accueillent 12 jeunes réalisateurs venus des quatre coins du globe et leur permettent de rencontrer producteurs et distributeurs.

Vous êtes également à la Cinéfondation. Quel projet présentez-vous ?

Il s’agit d’une adaptation de Gibier d’élevage d’Oé Kenzaburo que je dois réaliser en décembre. C’est une coproduction française avec Catherine Dussart. Le budget de 1,5 M€ pour 12 à 14 semaines de tournage au Cambodge. Je dirigerai Cyril Gueï découvert dans L’autre de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard. J’espère que nous aurons ­terminé en mai prochain, mais je n’en suis pas si sûr.

Vous êtes très engagé dans la reconstruction du cinéma au Cambodge…

Cela participe à la reconstruction du pays en général. Il nous faut créer un tissu industriel local. Cela passe par la Commission du film qui est en activité depuis près d’un an ou la signature des accords de copro­duction avec la France.

A. B.

Serge Toubiana
Dg de la Cinémathèque et juré d’Un certain regard

Le programme de la prochaine saison de la Cinéma­thèque est-il bouclé ?

On vient d’annoncer nos trois prochaines expositions : Brune Blonde proposée par Alain Bergala en octobre, l’exposition Stanley Kubrick faite par le musée de Francfort qui donnera lieu à une grande rétrospective en mars 2011, puis l’exposition Tim Burton montrée au Moma, qui sera enrichie avec les dessins de “Alice” que nous confiera le réalisateur. Nous annoncerons tous le programme de la saison 2010-2011 le 5 juillet.

Que pensez-vous de The Authors, plateforme VOD vue comme une cinémathèque en ligne ?

Nous ne pouvons pas faire ce genre de choses mais nous réfléchissons avec la SACD, Gaumont, Pathé, TF1 Vidéo, M6… à un projet de numérisation des œuvres qui pourrait bénéficier du Grand Emprunt. L’objectif est de proposer plus de contenu sur le net et nous essayons de voir avec les ayants droit, en quoi la Cinémathèque pourrait être le lieu d’une plateforme cinéphile ou patrimoniale. Nous participons aussi au programme Ciné­lycée, plateforme de vidéos qui permettra aux lycéens d’avoir accès à 200 films du patrimoine dès la rentrée prochaine.

Il y a deux ans, on vous disait en partance. Vous voulez quitter la Cinémathèque ?

Non. Cela fait sept ans que je suis là, pour l’instant on a envie de me garder, donc je reste.

A.-L. B.

Pascal Verroust, Éric Le Roch
producteur, réalisateur


La présence de “Mariage chez les Bodin’s” est presque atypique dans un contexte cannois ?

P.V. : Nous sommes venus ici après la présentation à Gérard­mer auprès des exploitants. Face à l’accueil reçu, on a été invité au marché. C’est le peuple qui réagit !

Comment expliquez-vous le succès de ces deux films, qui vont à l’encontre de tout ce que l’on entend aujourd’hui ?

P.V. : Les Bodin’s, c’est d’abord une compagnie théâtrale qui existe depuis 15 ans. Le film est arrivé sur ce bon terreau. Le centre de la France, c’était leur cœur de cible. Et nous sommes venus à la rencontre de ce public. Après le succès de Mariage chez les Bodin’s, avec la suite Amélie au pays des Bodin’s, j’étais juste une nouvelle fois heureux d’entendre une salle rire. Alors que je ne viens pas de l’univers de la comédie.

E. L. R : C’est agréable de voir que des films comme cela existent. Il fallait transformer l’énergie de la scène à l’écran. Au théâtre, le spectateur choisit son point de vue. Au ciné­ma, le réalisateur l’impose.

Le film a du mal à atteindre les écrans parisiens ?

P.V. : Paris, c’est la forteresse inaccessible. Il m’est presque impossible de trouver des écrans…

Que préparez-vous côté production ?

P.V : Un film d’Anne Fassio avec Josiane Balasko, le prochain Lam Lê et le Camille Saféris. Côté documentaires, je travaille sur des films de Roberto Saviano et Salman Rushdie.

F.-P. P.-L.