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Sophie Dacbert

 

 

Salle

Vingt ans plus tard donc, la fréquentation des salles en France a renoué avec les 200 millions d’entrées. Non pas qu’il soit besoin d’enfoncer le clou, mais cette information est, cette semaine, confortée par plusieurs corollaires, tout aussi réjouissants. D’abord, notre traditionnelle enquête sur la rentabilité des films en salle permet de détruire – une fois pour toutes ? – l’idée reçue que la salle ne serait plus qu’une vitrine et que son salut viendrait d’un nombre restreint de productions, aux budgets et castings haut de gamme.

Dix des 12 films les plus rentables en 2004 sont des premières œuvres, aux budgets de 1,3 à 5,3 ME : Les choristes – encore eux ! – explose les records avec un taux d’amortissement de 486%, mais il faut compter aussi, à des hauteurs plus qu’enviables, sur Mariages !, Podium, Malabar Princess, J’me sens pas belle, Les sœurs fâchées, L’esquive, Brodeuses, Le rôle de sa vie et Une vie à t’attendre, sachant que les deux autres têtes de classement sont, soit un deuxième film (Les 11 commandements), soit la première œuvre pour grand écran d’un documentariste éprouvé (Le dernier trappeur).

Certes, la diversité et le nombre des sociétés de production indépendantes françaises ne sont pas étrangères à cette situation, mais il aura aussi fallu des groupes aux reins solides pour inverser la décrue, au prix de gros investissements. Avec 1,7 MdE englouti en 20 ans dans la construction de multiplexes et dans la rénovations de salles, le parc français, parmi les plus beaux du monde, exige aujourd’hui une offre large de films. Les investisseurs, en particulier les chaînes coproductrices, doivent en tenir compte et garder le cap de la salle, premier niveau de rentabilisation, avant de penser à l’éventuel succès d’audience, le deuxième étant souvent lié au premier. Et même si on frise parfois la saturation, comme au mois de mars où pas moins de 68 films vont sortir, le fait qu’Imax ait décidé de revenir sur le devant de la scène avec des films de cinéma, dans des lieux de cinéma, ne fait que renforcer le sens économique de la salle.

Vendredi 11 février 2005



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