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Les déjeuners du "Film français" à la Plage des Palmes

Date de publication : 19/05/2013 - 12:49

Thierry Lacaze, Serge Bozon, Ariel Zeitoun, Camille Trumer, Elisha Karmitz, Marc Missonnier, Vincent Fischer, Lorie Pester, Michaël Cohen, Audrey Dana et
Ellis Perez.

Ariel Zeitoun
réalisateur

Que faites-vous à Cannes ?

Je lève le pied alors que nous abordons le mixage d’Angélique à Bruxelles. Il me semblait plus simple, après des retakes en Autriche et l’enregistrement de la musique à Prague, de faire un crochet par ici ! Plus sérieusement EuropaCorp – coproducteur, distributeur et vendeur à l’étranger – a montré le promo-reel vendredi et j’étais anxieux et impatient de voir les réactions aux ­premières images… qui furent très bonnes, merci. 

D’où vient l’idée de ce remake ?

C’est surtout un retour aux livres écrits par Anne Golon, que j’ai rencontrée et à qui j’ai demandé de me résumer le personnage en un mot. Elle a répondu : “La fidélité.” ça été le déclic. J’ai eu envie de raconter cette histoire d’une jeune fille qu’on marie contre son gré et qui tombe amoureuse. Pour Angélique et Jeoffrey de Peyrac, j’ai trouvé les interprètes idéaux en Nora Arnezeder et Gérard Lanvin, mais aussi les autres, notamment Mathieu Kassovitz qui joue Nicolas l’ami d’enfance. Je n’ai jamais été autant gâté par des acteurs que sur ce film. La production a été lourde à monter : Canal+ et Ciné+ ont dit “oui” tout de suite, donnant de la crédibilité au projet, France 3 Cinéma et EuropaCorp ont suivi, puis quelques Sofica, des coproducteurs belges et autrichiens et ma propre société, Ajoz Films. Pour un budget de 15,5 millions d’euros.

Quels sont vos projets ?

Angélique 2 ! ❖

Isabelle Danel

Lorie Pester
actrice

Vous débutez au cinéma avec le nouveau film d’action de Jean-Marc Minéo, que vous tournerez en août à Oran. Est-ce une ambition que vous nourrissez depuis longtemps ?

C’était un rêve, mais c’est mon expérience de doublage de films d’animation qui a été déterminante. Elle m’a ouvert la porte sur ce nouvel univers : l’interprétation. Ce n’est pas un plan de carrière, plus un enchaînement d’opportunités que j’ai su saisir, au fil des rencontres et du travail.

Vous sentez-vous plus à l’aise de débuter dans un rôle physique que dans une composition plus dramatique ?

Je suis très sportive et j’ai toujours été tentée par l’action. Donc ce rôle me convient bien. De plus, il n’y a pas beaucoup de comédiennes françaises sur ce créneau. Les rôles dramatiques m’intéressent aussi, même s’ils nécessitent une autre préparation. Pour un début, c’est idéal. Je vais bien sûr suivre un entraînement au combat, qui va me servir pour mes autres projets en Chine.

Des projets chinois ?

Ils sont embryonnaires. Il s’agit de films d’action, qui mêleront comédie, action, danse et chanson. J’ai rencontré des producteurs, notamment chez Wanda, il y a quelques semaines au Festival de Pékin. Ils cherchaient une petite blonde aux yeux clairs capable de faire tout ça. Je retourne les voir début juin pour consulter des scripts. ❖ 

Sylvain Devarieux

Michaël Cohen
acteur, réalisateur

Vous êtes sur tous les fronts, en ce moment…

Oui, je viens de publier mon deuxième roman, Un livre, chez Julliard, que j’ai écrit en partie à Lisbonne, sur le tournage de la série Maison close. Et puis, c’est la magie de ce métier : au retour de Cannes, où je suis venu discuter de mon deuxième film comme réalisateur, je descendrai dans une tranchée de Verdun où va se tourner le feuilleton Ceux de 14 d’Olivier Schatzky.

De quoi parle votre nouveau film ?

Ce “road movie statique” intitulé Chronique d’une vie ordinaire est une fausse suite de Ça commence par la fin, tirée de L’invitation, une BD de Jim Mermoux publiée chez Vent d’Ouest. Un homme est réveillé en pleine nuit par l’un de ses amis à qui il demande de l’aide, mais il ne fait là que tester la sincérité de leurs relations. C’est un sujet dans l’air du temps qu’ont déjà abordé des réalisateurs comme Claude Sautet, Yves Robert ou Marc Esposito : comment gérer une relation, des ego et des sensibilités. Il sera produit par deux jeunes producteurs : Romain Rousseau et Maxime Delauney de Nolita Films qui préparent également le deuxième film de Géraldine Maillet et l’adaptation par Jean-Paul Rouve de Mes souvenirs de David Foenkinos. ❖

Jean-Philippe Guerand

Serge Bozon 
réalisateur 

Vous faites votre retour à la Quinzaine avec Tip top. C’est une section qui vous est chère ?

J’y avais présenté La France en 2007. Que ce soit La France ou Tip top, je pense que ce sont des films qui n’auraient aucune chance en Sélection officielle. Donc la Quinzaine, de par son histoire, sa création, est le lieu idéal pour des films un peu aventureux et risqués.

Tip top est l’adaptation d’un roman policier britannnique ?

Oui, un roman de Bill James. Ce n’est pas vraiment un roman d’intrigue. Mais il comporte de très longs moments avec des dialogues torrentiels, presque orgiaques. Ce qui m’a plu, ce sont des scènes qui mêlaient humour et agressivité d’une façon explosive. C’est Axelle Ropert qui m’a fait découvrir le livre. Ensuite, j’ai développé le scénario avec elle et Odile Barski qui est quelqu’un que j’aime beaucoup, notamment pour son travail avec Chabrol. Mais on en a fait une adaptation très libre. L’intrigue originelle se situait dans un milieu huppé mais j’ai choisi d’introduire une dimension importante en rapport avec la communauté d’origine algérienne.

Vous avez écrit pour vos comédiens ?

Oui, j’ai vraiment écrit pour Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain et François Damiens. Si l’un d’eux avait dit non, je crois que je n’aurai pas fait le film. Et ce n’est pas de la flagornerie. ❖

Patrice Carré

Thierry Lacaze
directeur de la distribution France chez Wild Bunch

En poste depuis trois jours, comment abordez-vous vos nouvelles fonctions ?

Avec impatience. C’est bien de commencer à Cannes. Nous concentrons beaucoup de monde au même endroit, cela me permet de rencontrer les équipes dans un cadre agréable. De plus, je suis ici pour des films sur lesquels je vais travailler ce semestre, ce qui facilite la passation.

Comment assurez-vous la succession de Jean-Philippe Tirel ?

Je connais bien Jean-Philippe. Nous avons  commencé ensemble chez PolyGram et nous nous sommes suivis depuis. La transmission s’est faite dans une harmonie toute amicale. Ensuite, je suis évidemment différent de lui mais il ne s’agit pas non plus de tout changer. Je découvre la société, avec ses éléments forts : Nathalie Cieutat, Susanna Nilstam ou Jérôme Rougier. De vrais piliers sur lesquels je vais m’appuyer.

Pourtant, vous n’étiez pas aux manettes de la ligne éditoriale pour le line-up en cours…

Certes, je n’ai pas choisi ce line-up, mais il me correspond par sa diversité : Les salauds de Claire Denis, sélectionné ici, côtoie les prochains Emmanuelle Bercot et Albert Dupontel. Ces œuvres me parlent. Quels que soient le sujet, le réalisateur, le genre, tout cela m’est familier, c’est la richesse que je tire de mon expérience chez Pathé. ❖

Sylvain Devarieux

Marc Missonnier
producteur

En tant que président de l’APC, une première réaction au rapport de la mission Lescure ?

Il est positif qu’il ne remette pas en cause la réponse graduée. Nous nous interrogeons toutefois sur le caractère dissuasif du ­montant préconisé de l’amende à 60 €. Nous sommes également favorables au mécanisme d’instauration d’une taxe sur les terminaux, et nous espérons que le gouvernement suivra ce principe. Sur la chronologie des médias, il est très ­satisfaisant que le rapport réaffirme le principe de contribution de tous les diffuseurs au financement des œuvres. Pour le reste, nous attendons, pour nous prononcer, les premières réunions de travail prévues au CNC.

Concernant la convention collective de la production cinématographique, le médiateur a pris un peu plus
de temps pour réaliser son étude d’impact. Votre réaction ?

Nous sommes satisfaits qu’elle soit effectuée sur la réalité d’une douzaine de films. Nous souhaitons suite aux conclusions de cette étude pouvoir discuter de manière concrète afin d’aboutir à une convention collective qui préserve la diversité culturelle. Nous jouerons bien sûr le jeu de la médiation. Et nous demandons que soient suspendues les réunions de la Commission mixte paritaire sur le volet des artistes, artistes de complément et permanents, qui se déroulent actuellement. Car une convention collective est un tout. D’ailleurs, la lettre de mission de Raphaël Hadas Lebel inclut la conclusion d’un accord sur ces points-là. Par ailleurs, le fait que les cinéastes se soient exprimés dans leur appel du 24 avril prouve que ce sujet couvre une problématique plus large qu’un simple face-à-face entre employeurs et salariés.

Votre actualité avec Olivier Delbosc au sein de Fidélité ?

Nous démarrons le tournage des Vacances du Petit Nicolas de Laurent Tirard, qui sortira en juillet 2014, toujours chez Wild Bunch. Le film a pour partenaire M6 Films et Canal+. Par ailleurs, nous démarrons le tournage en juin du premier film d’Audrey Dana. Et nous tournons le film d’André Téchiné, L’homme que l’on aimait trop, avec Guillaume Canet et Catherine Deneuve. ❖

Sarah Drouhaud

Camille Trumer
agent

Comment se présente l’actualité cannoise de Talent Box ?

Tomer Sisley présente son premier court aux Talents de l’Adami. Aïssa Maïga, Sophie Mounicot, Sonia Rolland sont quelques-uns de nos acteurs présents.

Où en êtes-vous dans votre plan de redéploiement de Talent Box depuis que vous en avez pris la direction ?

Nous avons définitivement entériné le changement de nom et abandonné Cinéart pour faire place à l’agence Talent Box. La société devrait être totalement restructurée en trois ans. Nous sommes en ligne avec nos prévisions.

Beaucoup de questionnements agitent l’industrie du cinéma. Les agents sont vus, à tort ou à raison, comme des facteurs inflationnistes. Qu’en pensez-vous ?

Il y a tout type d’agent ! J’ai la chance de venir de la distribution et de la production, il y a un langage que je comprends. Mais je ne pense pas, en ce qui nous concerne, que nous ayons participé à cette inflation même si nous défendons au mieux nos talents. Mais il faut que les films se fassent. Sur la vague de questionnements qu’il y a eue dans la profession, ces discussions ont été générées par un article qui était destiné au public, ce qui me paraît étrange. Les discussions professionnelles se font entre professionnels. Maintenant, certaines de ces interrogations sont légitimes. Mais nous n’oublions pas que le système de financement fonctionne plutôt bien. Tous les pays qui veulent aider leur cinéma copient le système du CNC ! ❖

François-Pier Pelinard-Lambert

Ellis Perez 
directeur de la commission du film de la République dominicaine

Vous êtes ici pour faire une annonce importante ?

C’est la première fois que nous sommes à Cannes sous notre propre pavillon. Depuis l’été 2011, nous avons une nouvelle loi d’incitation fiscale qui a changé beaucoup de choses. Avant ce dispositif, seuls quatre  ou cinq films par an étaient tournés en République dominicaine. En 2012, il y en a eu 23. 19 étaient des productions nationales et quatre sont venues de l’étranger dont deux françaises.

Comment fonctionne cette loi ?

Le dispositif majeur est un crédit d’impôt égal à 25% des dépenses éligibles, c’est-à-dire de tournage chez nous. Par ailleurs, nous offrons une dispense de paiement de la TVA de 18% pour tout ce qui a trait à la production. Nous voulons offrir une attractivité maximum.

Je suis un producteur qui a un projet. Quels arguments pour me convaincre de venir tourner chez vous ?

D’abord la météo est bien meilleure qu’à Cannes (rires). Ensuite, nous avons des taux de salaires particulièrement avantageux et des décors merveilleux pour lesquels les autorisations sont rapides à obtenir. Chez nous, pas de bureaucratie tatillonne. Je viens du privé et je sais à quel point le temps est précieux. ❖

Patrice Carré

Audrey Dana
actrice, réalisatrice

Vous allez passer pour la première fois à la mise en scène ?

Avec une comédie dont le titre international est French Women. Ce projet est né d’une frustration. Marc Missonnier et Olivier Delbosc sont venus me chercher il y a un an après un coup de gueule que j’avais poussé. J’avais regretté alors, en tant qu’actrice française, que le monopole de la comédie soit donné aux hommes. Et de mon envie, partagée par d’autres comédiennes, de lâcher les chevaux. Nous sommes trop souvent les faire-valoir. La méchante ou la gentille. Et surtout la femme d’aujourd’hui est très paradoxale. J’avais envie d’en parler et Marc et Olivier m’ont offert cette opportunité en racontant le destin croisé de 11 femmes venues de tous milieux.

Vous avez coécrit le scénario ?

J’ai commencé par une série d’entretiens avec des femmes lambda, mais aussi de personnalités fortes comme Delphine Le Vigan ou avec des actrices à qui j’ai demandé ce qu’elles aimeraient jouer sachant qu’aucun réalisateur n’oserait leur proposer certains rôles. J’ai travaillé en trio avec Raphaëlle Desplechin et Murielle Magellan, avec l’aide de Cécile Sellam.

Vous réunissez une belle distribution…

Vanessa Paradis, Isabelle Adjani, Alice Taglioni, Laetitia Casta, Marina Hands, Sylvie Testud, Géraldine Nakache, Julie Ferrier, Mélanie Doutey, Alice Bellaïdi et moi-même. Le tournage commence le 17 juin et ce film sera distribué par Wild Bunch. ❖

François-Pier Pelinard-Lambert

Elisha Karmitz
directeur général MK2 Agency

Que faites-vous à Cannes ?

Je soutiens les deux films dont MK2 gère les ventes internationales : A Touch of Sin de Jia Zhangke, présenté hier en compétition, et A Strange Course of Events de Raphaël Nadjari à la Quinzaine le 21 mai. Par ailleurs, le Festival étant un activateur de particules, j’y rencontre en accéléré, et dans un contexte festif, un certain nombre des partenaires qui nous suivent dans Cinema Paradiso.

Parlez-nous de ce projet qui va animer le Grand Palais, à Paris ?

Nous allons ouvrir dans la Nef Nord du Grand Palais, du 10 au 12 juin, un espace dédié au cinéma et à la fête qui ne prendra vie qu’à la nuit tombée. Il est composé d’un dîner dirigé par la chef canadienne Gita Seaton ; du plus petit restaurant gastronomique du monde tenu par Jean-François Piège (quatre couverts ! Ou 2 fois 2, si vous lui demandez gentiment !) ; d’un bar à glaces et à milk-shakes ; d’un sugar bar ; d’une boîte de nuit et du plus grand drive in jamais réalisé dans une capitale : 1 000 places avec 32 voitures, des véritables sièges de cinéma et des transats pour des projections sur un écran de 25 m de base. 

Et après ?

Nous allons ouvrir quatre nouvelles salles à la BNF à la fin de l’été. ❖ 

Isabelle Danel

Mallika Sherawat
actrice

C’est votre première visite à Cannes ?

Non, c’est la cinquième. La première, c’était en 2004 pour présenter Murder au Marché du film dans lequel je jouais avec Jackie Chan. À cette occasion, Time Magazine a même écrit de moi que j’étais “la Brigitte Bardot indienne”, et comme je n’avais jamais vu aucun des films de cette actrice, j’ai regardé en DVD Et Dieu créa la femme.

Comment expliquez-vous votre succès ?

Je suis originaire d’un petit village du Nord de l’Inde où le cinéma est considéré comme un tabou. Cela m’a donné envie d’essayer de faire changer les mentalités. J’ai ensuite été la première actrice à embrasser un homme dans un film indien, Murder, qui a enregistré le plus d’entrées en Inde cette année-là, mais a déclenché la fureur des intégristes et m’a valu une tentative d’assassinat.

Comment gérez-vous votre carrière ?

Aujourd’hui, je me partage entre Bombay et Los Angeles où j’ai tourné dans Politics of Love, une comédie romantico-politique produite par les studios Disney dans laquelle j’incarne une démocrate amoureuse d’un républicain, ce qui m’a valu d’être la première comédienne indienne à rencontrer Barack Obama. J’ai aussi près d’un million de fans sur Twitter…❖ 

Jean-Philippe Guerand

Vincent Fischer
agent

Comment présenteriez-vous ECI ?

ECI était une agence artistique traditionnelle quand elle a été créée il y a trois ans. Maintenant, nous reposons sur quatre piliers. ECI Talent qui manage des talents, ECI Corporate qui gère toutes les coproductions, en particulier avec la Chine, ECI on stage, une société de production et de diffusion de spectacles tant pour la France que pour l’international. Et nous travaillons sur la constitution d’un fonds entre la Chine et le reste du monde.

Comment se présente ECI Talents ?

Entre Paris, Los Angeles et Pékin, nous ne représentons que des talents français ou chinois. Nous sommes vraiment des managers. Les 25 employés de la structure supervisent une centaine de talents.

Dans votre démarche managériale, vous travaillez beaucoup avec la Chine ?

ECI Talents et ECI Corporate souhaitent construire des liens entre la Chine et l’Europe. Et nous impliquons nos auteurs, acteurs ou réalisateurs dès le début des projets. C’est l’une des conséquences directes de l’accord de coproduction signé entre la France et la Chine.

Que constatez-vous sur ce marché ?

La Chine n’importe que 44 films terminés par an. Le pays a construit un nombre impressionnant d’écrans et la production locale a dû mal à répondre à cette demande. Le nombre des coproductions potentielles sont en revanche illimitées. Il faut saisir ces opportunités. ❖

  François-Pier Pelinard-Lambert


Guillaume FRAT
© crédit photo : Mano


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