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Sophie Dacbert

 

 

Spirale

Le coût de la contre-proposition à la réforme du régime des intermittents du spectacle ne va certainement pas assouplir les positions des uns et des autres. Même s’il faut le prendre avec des pincettes, puisqu’il est rendu par l’Unedic, juge et partie dans ce dossier ultrasensible, le verdict est clair : alors que la réforme signée en juin dernier permettrait dès 2004 de réduire le déficit des annexes 8 & 10 à 470 ME (contre les 833 ME de pertes affichées en 2002), le contre-protocole le fait exploser à 1,3 MdE. Des écarts aussi vertigineux qu’alarmants... d’où qu’on les prenne.

Du côté du contre-protocole prôné par les intermittents, mais aussi par des élus UMP, PS et Verts, le déficit serait à ce point abyssal qu’on ne peut imaginer une seconde le gouvernement le valider, même dans l’hypothèse totalement utopique d’un plan, à long terme et coûte que coûte, de sauvegarde du terreau culturel français. On a vu cette semaine à quel point le gouvernement n’était pas prêt à lâcher du lest, y compris sur la recherche, dossier tout aussi important pour l’avenir de la France.
Du côté de l’Unedic et du Medef, l’économie promise de 370 ME (-40 %) dévoile la réalité des faits : une réduction drastique à la fois de l’emploi des intermittents, mais aussi de leurs droits à l’assurance chômage.

Un mouvement qui ne risque pas de s’inverser si l’on en croit les prestataires de tournage qui, jusque-là les plus préservés des industries techniques, plongent à leur tour dans la crise, maintenant que les sociétés de postproduction tentent de sortir la tête de l’eau. Les statistiques de la chambre syndicale des fabricants de pellicule affichent pour 2003 une baisse de 12% de la négative couleur, pellicule de tournage, encore accentuée sur les deux premiers mois de l’année (-25% par rapport à 2003). Si l’on en croit ces chiffres, les tournages en France sont donc en nette diminution. Ce qui ne va pas sortir les intermittents de la spirale infernale ni, dans la foulée, les sociétés de postproduction ni même les producteurs, autres employeurs des intermittents…

Vendredi 12 mars 2004



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