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ENTRETIEN
DU FILM FRANCAIS
David
Kodsi
Producteur
Producteur créatif et éclectique,
à la fois pour le cinéma (Sexes très opposés)
et pour la télévision (Ladieu), gagnant de nombreux
prix au Festival international de film et de télévision
de Luchon, David Kodsi a le vent en poupe. Il fait le point sur
ses projets et la décision récente de se lancer dans
la distribution de films.
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Vous êtes maintenant producteur indépendant
après avoir fait partie du groupe Expand pendant 15 ans
Expand détenait 60% des parts de Kien et je les
ai maintenant rachetées à 100%. Mais je ne ferme pas
la porte à dautres investisseurs, parce quil
est difficile dêtre indépendant, il y a des matins
où on a très chaud une fois que lon a payé
les salaires et les frais généraux
Kien
a 18 ans, mais cest une société fragile car
trop souvent remise en question. Il savère donc difficile
dinvestir dans le développement de projets, lun
des éléments essentiels du métier de producteur.
Mais je nouvrirai pas la porte à nimporte qui.
Pourquoi avoir choisi de vous désengager du groupe ?
Expand était un groupe magnifique en pleine expansion
avec des hommes de talent. Il sest retrouvé du jour
au lendemain sans capitaine, sans pilote, avec des nouvelles personnes
aux postes de direction qui avaient des compétences, mais
peut-être pas celles nécessaires pour gérer
une structure aussi diversifiée quExpand. Cest
un groupe qui se cherche. Alors que tout le monde parle de sa cession,
personne ne se préoccupe de son aspect pérenne, de
sa continuation. Je suis parti parce que je navais plus dinterlocuteur.
Comme vous produisez sous les deux labels, pouvez-vous clarifier
la situation entre Links et Kien ?
Jai ravivé Links, une société
que javais fondée il y a plusieurs années, quand
je faisais encore partie dExpand et alors que je négociais
le rachat de ma société. Cela devait me permettre
de produire des films de manière indépendante, en
dehors dExpand. Je voulais, par exemple, produire Suzie Berton
pour le cinéma avec Links. Cela ne sest pas fait
et cest maintenant un téléfilm pour France 3.
À un moment donné, je vais soit essayer de fusionner
les deux labels soit décider de spécialiser la production
de ma société. Pourquoi ne pas réserver le
label Links aux productions cinéma ? Je nai pas
encore arrêté ma décision.
Quels sont vos gros projets de télévision ?
Nous avons débuté lécriture dune
minisérie de 3 x 90 minutes pour France 2, dont la toile
de fond est le communisme en France. Cest une grande saga
sur une bande damis de 1945 à 1965 et dont le titre
de travail est Les camarades. Le projet est de Michel Martens et
Virginie Brac. Il y aussi le prochain film de Virginie Sauveur,
Celle qui reste, également pour France 2, sur une jeune handicapée
qui rêve de courir. Le tournage est prevu pour cet été.
Par ailleurs, jai signé une convention décriture
pour un thriller de 2 x 90 minutes pour la Deux, écrit par
Mireille Lantéri. Je réfléchis aussi à
un autre projet de 2 x 90 minutes pour TF1, sur une affaire
judiciaire des années 1980, ainsi quà une minisérie
de prestige pour France 3. Arte est intéressée
par un unitaire de François Luciani. Je prépare également
un documentaire pour France 2 sur les CEF (centres déducation
fermé), écrit et réalisé par Marie Delaubier.
Vous vouliez produire une fiction sur le même sujet pour
France 2, autour de la question de la protection judiciaire de la
jeunesse. Cétait censé être une série
de 52 minutes. Où en est ce projet ?
Il se trouve actuellement en suspens, parce quil ne correspond
pas tout à fait à ce que France 2 prévoit pour
cette nouvelle case de fiction de 52 minutes. Cela ne veut pas dire
quon ne le fera pas.
Et au cinéma ?
Il y a tout dabord une coproduction franco-canadienne,
Les États-Unis dAlbert, de Marc André Forcier,
dans laquelle je suis minoritaire. Le budget est denviron
3,2 Me. Ce sera avec Émilie Dequenne, Andréa Ferréol
et deux acteurs canadiens, Éric Bruneau et Roy Dupuy. Le
tournage démarre à la mi-mars. Il y a aussi le prochain
film dÉric Assous, Amours tordues, avec Julie Depardieu,
Thierry Lhermitte, Mélanie Doutey et Jean Rochefort. Cest
une coproduction avec Louis Becker pour Ice3, denviron 6 Me.
Je suis également en montage financier dUn temps à
deux pattes de Jean Bojko, avec un accord de principe de Philippe
Noiret et Hanna Schygulla.
Comment est répartie la production de Kien entre
le cinéma et la télévision ?
Je voudrais arriver à environ 50/50 de projets produits
pour chacun des secteurs. Pour le moment, cest plutôt
65% de fiction télé contre 35% de cinéma.
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans la distribution
cinéma ?
Parce que je nétais pas content de la façon
dont on voulait distribuer le film dÉric Assous, Sexes
très opposés, que jai produit. On me disait
que cétait un film qui ne méritait quune
sortie confidentielle et on me proposait de le lancer sur 20 à
30 copies alors que jen voulais 100 à 120. Jai
donc décidé de le distribuer moi-même, tout
seul, sur 80 copies, ce qui nest pas mal pour un début.
Ensuite, jai distribué le film Comme si de rien nétait
de Pierre-Olivier Mornas, parce quil navait pas de distributeur
et parce que javais envie que le film existe. Je vais certainement
distribuer Les États-Unis dAlbert. Je suis preneur
de nouveaux projets, plutôt des comédies populaires,
dans le genre de Sexes très opposés. Jaimerais
aussi être impliqué plus en amont, pourquoi pas étudier
des projets pour la distribution au stade du scénario.
Sexes très opposés sort en DVD en avril, ainsi
que Ladieu, le téléfilm de François Luciani.
Après la production et la distribution, nauriez-vous
pas envie de vous lancer dans lédition DVD ?
Pour le moment, jai choisi de travailler avec un nouvel
éditeur, Cinégénération. Mais comme
lédition DVD est un secteur qui connaît une pleine
expansion et quil mattire vraiment, je nexclus
pas de le faire.
Propos recueillis par Catherine Wright
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