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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Ce mois-ci, Le film français a invité au Flora Danica Richard Anconina et Maxim Nucci, interprètes d’Alive de Frédéric Berthe, Claude Rich pour Le cou de la girafe, le premier film de Safy Nebbou, Bérénice Bejo pour Le grand rôle de Steve Suissa, et Philippe de Broca et Jules Sitruk, le réalisateur et l’interprète de Vipère au poing.

Bérénice Bejo

Vous êtes à l’affiche du Grand rôle de Steve Suissa où vous interprétez une jeune fille en phase terminale d’une longue maladie. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?
L’histoire est très humaine, et l’on peut s’identifier aux personnages. Je reçois rarement des scénarios qui me plaisent autant. Celui du Grand rôle m’a touchée, j’ai ri et pleuré à sa lecture. Je me souviens que j’ai reçu le scénario le vendredi soir, je l’ai lu d’une traite et j’ai pris contact avec Steve Suissa dès le lundi matin. Il m’a trouvée un peu jeune pour le rôle, mais il a finalement choisi de m’engager après que nous avons longuement discuté.

Comment décririez-vous votre personnage pour qui le héros va s’investir au-delà de l’imaginable ?
C’est un personnage sublime et généreux, une jeune femme moderne qui a des idées bien arrêtées. Elle n’est pas le genre de filles à se laisser faire dans la vie. Il est rare de trouver un personnage comme celui-ci qui s’oublie à ce point dans son histoire d’amour et dont la seule envie est de vivre pour l’autre. Même confrontée à la maladie, elle ne se replie pas sur elle-même.

Comment avez-vous abordé ce rôle ?
J’ai beaucoup discuté du personnage avec Steve Suissa. Pour les scènes difficiles, il fallait juste que je vive la situation sur le plateau. Je me suis demandée comment je réagirais si j’étais dans la même situation, et alors les émotions sont venues facilement. L’équipe était très soudée pendant le tournage et la concentration était forte, du coup cela m’a aidée à composer le personnage.

Vous êtes la seule présence féminine dans un univers très masculin…
Je n’ai jamais eu l’impression d’une ambiance de mecs. La plupart de mes scènes ne faisaient intervenir que moi et Stéphane Freiss. C’était comme faire un film à deux.

Vous avez décidé de vous lancer dans l’écriture d’un scénario…
Je travaille à un long métrage avec mon père depuis un an. Nous en sommes à la deuxième version du scénario. Mon père est argentin, il était réalisateur avant de quitter son pays en pleine dictature. Quand il a recommencé à écrire, il m’a fait lire son histoire pour que je lui donne mon avis. Au regard de mes remarques, il m’a ensuite proposé de travailler avec lui. Nous adaptons très librement un récit de Stevenson.

Après Chevalier que vous avez tourné à Hollywood, où en est votre carrière américaine ?
Je continue à avoir des rendez-vous. Si je voulais vraiment percer aux États-Unis, il me faudrait vivre là-bas et perdre mon accent ou alors exploser en France ce qui me permettrait de me faire un nom.

Et vous préféreriez ?
Exploser en France !

Propos recueillis par Anthony Bobeau

Vendredi 12 novembre 2004

   Richard Anconina

   Claude Rich

   Bérénice Bejo
   Maxim Nucci
   Philippe de Broca
   Jules Sitruk

 

 

 

 


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