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ÉVENEMENT
Pixar/Disney
Les causes du divorce
Après des mois de discussions infructueuses,
laccord entre Pixar (Le monde de Nemo) et Disney ne sera pas
renouvelé. Alors que les autres studios hollywoodiens sont
prêts à accueillir le bijou de Steve Jobs, Disney sombre
un peu plus dans le doute.
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Steve Jobs, Pdg de Pixar |
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Michael Eisner, Pdg de Disney |
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Il est dommage que Disney ne
participe pas aux futurs succès de Pixar. Cest
par ces mots froids voire glacés que Steve Jobs, Pdg de Pixar,
a clos, la semaine dernière, toute discussion entre les deux
sociétés, à propos dun éventuel
renouvellement de contrat exclusif de distribution. Après
dix mois de discussions afin de trouver un accord, nous poursuivons
notre chemin ailleurs, a précisé Steve Jobs,
tout en soulignant que le précédent deal avec Disney
avait certainement été lun des plus réussis
à Hollywood. Pour sa part, Michael Eisner a estimé
quil aurait aimé continuer ce partenariat sous
des conditions mutuelles acceptables, [mais] Pixar a décidé
de continuer seul et de simposer en tant que société
indépendante, ce que je comprends. Et de préciser
: Nous leur souhaitons bonne chance. Cette désunion
est le premier gros événement de lannée
pour lindustrie nord-américaine. Mais plus quun
simple désaccord économique, il met en lumière
la fragilité des studios, soumis à des luttes degos
intenses, dans la plus pure tradition hollywoodienne. Depuis plus
dun an, Steve Jobs rencontrait régulièrement
Michael Eisner, Pdg de Disney, afin détablir un nouveau
contrat exclusif de distribution physique, sur le concept du contrat
précédent. Mais cette fois, Pixar se voulait plus
gourmand, profitant des résultats exceptionnels obtenus depuis
1995, dont Toy Story, Monstres et Cie et Le monde de Nemo. En gros,
Pixar se réservait les revenus issus des droits dérivés
et augmentait considérablement sa part au box-office, faisant
de Disney un simple porteur de copies. Pour Michael Eisner, chahuté
depuis plusieurs mois au sein même de son entreprise, renouveler
un accord dans ces conditions équivalait à avouer
les faiblesses de son studio, même si ce dernier est arrivé
premier au box-office US 2003 avec 1,52 Md$ de recettes (dont 339,7
M$ dus au Monde de Nemo). Le récent départ de Roy
Disney, neveu de Walt Disney, du conseil dadministration du
studio, avait encore plus plongé Disney dans le doute. Roy
Disney, auteur dun site anti-Eisner baptisé savedisney.com,
sest mis en tête de déboulonner lactuel
Pdg du groupe par tous les moyens. Une commission denquête
a été créée à sa demande afin
de scruter tous les comptes, au centime près. Chez Pixar,
la démission de Roy Disney, garant de lesprit
Disney, avait déjà éveillé les soupçons
fin 2003. John Lasseter, le bras droit de Steve Jobs chez Pixar,
na jamais caché ses préférences dans
la maison Disney, et Michael Eisner ne figurait pas dans ses petits
papiers. Le non-renouvellement de laccord entre les deux sociétés
donne désormais de bonnes raisons à tous les détracteurs
dEisner de monter ouvertement au créneau. Le prochain
conseil dadministration du groupe qui se tient début
mars sera certainement celui de tous les dangers pour Michael Eisner,
lune des personnalités les plus détestées
à Hollywood. En attendant, Disney distribuera les deux films
Pixar comme prévu dans le précédent contrat.
The Incredibles de Brad Bird est calé au 5 novembre 2004
et Cars de John Lasseter est prévu pour 2005. De son côté,
Pixar devrait annoncer sous peu le nom de lheureux studio
qui travaillera à ses côtés. Warner Bros., Universal,
Sony et 20th Century Fox se disent tous prêts à accueillir
Pixar (dont les produits ont rapporté plus de 2,5 Md$) dans
leur line-up. Aux conditions de Pixar. Et là encore, la décision
devrait se jouer en fonction des sphères dinfluence
des uns et des autres à Hollywood. Avec déjà,
un léger avantage pour Fox, via un soutien émanant
de Lucasfilm, la société de George Lucas qui fournit
les Star Wars au studio de Rupert Murdoch. Plus globalement, cette
affaire devrait être bénéfique pour le secteur
de lanimation nord-américaine, de plus en plus courtisé
par les studios. Si lanimation en 2D, telle que concoctée
pendant des décennies par Disney, est au plus mal, la 3D,
elle, fonctionne à plein temps. Disney, dailleurs,
a senti le vent tourner. La fermeture de plusieurs de ses unités
danimation traditionnelle a laissé place à divers
accords de développement. Disney sest ainsi attaché
les services de Vanguard Films, qui se cache derrière le
succès de Shrek. Un plan B qui pourrait être utile
pour affronter les films Pixar sortis chez un concurrent
Vincent Le Leurch
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