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EDITO
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Sophie Dacbert
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Urgence
En cette veille du 57e Festival de Cannes, létat
durgence est déclenché. En France, par le nouveau
ministre de la Culture qui vient dannoncer des mesures provisoires,
autrement urgentes pour tenter déteindre le feu que
les intermittents du spectacle promettent de propager sur la Croisette.
Au niveau mondial, par le cinéma et laudiovisuel qui
enfin ont décidé de sattaquer à la piraterie,
elle aussi au cur des débats cannois, avec la réunion
prévue autour de Renaud Donnedieu de Vabres, des plus grands
patrons de studios US, chinois et russe, de Bertrand Meheut, pdg
de Canal+, ou encore Thierry Breton, de France Telecom.
Au-delà de la concordance de temps, les deux dossiers sont
loin dêtre déconnectés lun de lautre.
En témoigne la situation désastreuse de lédition
musicale : plusieurs sociétés parmi les plus puissantes
sont en voie de remercier des artistes renommés, tels MC
Solaar, Alain Chamfort, ou Michel Jonasz. Pour tous ceux-là,
les affres de lintermittence ne font que commencer. Et nul
doute quils rejoindront les rangs de ceux qui défendent
les régimes particuliers qui permettent à la création
dexister. Le compte à rebours a démarré
dans le monde de la musique qui va poursuivre les internautes qui
téléchargent la musique gratuitement. La vidéo
semble enfin prendre le problème à bras le corps,
tel Buena Vista qui, avec le lancement historique du Monde de Nemo
en France le 12 mai, a décidé de mettre des hologrammes
sur tous ses titres. À échelle mondiale, le piratage
cinématographique fait des ravages économiques immenses.
On le sait, il entraînera définitivement la perte des
créateurs dont les uvres ne sont pas rentables. En
France, une mise à mal du régime de lintermittence
RDDV préfère le terme demploi culturel
peut aussi enterrer la diversité culturelle, à
laquelle semble attaché le nouveau ministre. Inextricables,
les deux dossiers nécessitent certes, des dispositifs durgence,
mais tous deux ne feront pas léconomie dune remise
à plat complète des systèmes de protection
de lemploi, des artistes, des techniciens
et des uvres.
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