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ENTRETIEN DU FILM FRANCAIS

Franck Firmin-Guion
PDG de Capa

Ancien responsable artistique d’Arte, Franck Firmin-Guion dirige depuis bientôt trois ans les programmes de flux de TF1. À savoir les jeux, les magazines, les divertissements et… la télé-réalité dont le dernier bébé, La ferme célébrités fait un carton d’audience depuis le 10 avril.

 
   

Un commentaire sur les audiences de La ferme célébrités qui connaît un véritable succès depuis son lancement, notamment sur la case d’access dont la moyenne de la première semaine s’élève à 6 millions de téléspectateurs pour une PDM de 36,2%…
Il s’agit du plus gros démarrage pour une émission de télé-réalité. Avec 8,5 millions de téléspectateurs pour la première émission de prime-time, le 10 avril, nous avons fait plus que la Star Academy dont le premier numéro de la saison 1 avait réuni 5,4 millions de personnes et celui de la saison 3, qui en avait rassemblé 6,4 millions. Les audiences de La ferme célébrités sont un peu au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Il y a un engouement très fort pour ce programme. Et cela sur l’ensemble de la population. L’une des spécificités de La ferme célébrités, c’est qu’elle va au-delà des cibles traditionnelles des émissions de télé-réalité et attire les plus 50 ans.

Comment expliquez-vous ce succès ?
La première raison tient, selon, moi, à la présence des célébrités. La deuxième raison concerne le lieu même, la ferme qui, dans un pays rural comme la France, représente un intérêt fort. Le dernier point est que nous sommes dans une télé-réalité de divertissement pur, avec des codes proches de ceux de la comédie, comme le décalage entre des citadins sophistiqués et les conditions spartiates de la ferme.

Le deuxième 20 h 50 a toutefois enregistré une déperdition d’1,5 million de téléspectateurs, à 7 millions. Comment l’analysez-vous ?
C’est un phénomène classique observé sur toutes les émissions de télé-réalité que nous avons pu mettre l’antenne : à chaque fois, la courbe descend sur la deuxième émission avant de remonter. Et puis, 7 millions le vendredi soir, cela reste une très belle performance, supérieure à la moyenne de la case.

Quels seront les prochains programmes de télé-réalité ?
Cet été, nous programmerons la troisième session de L’île de la tentation (Glem), Koh Lanta 4 (ALP). Il y aura aussi le retour de Greg le millionnaire (Glem). Dans les nouveautés, nous diffuserons cet été ou à la rentrée, à une heure non arrêtée, Sex Bomb. L’idée de ce programme produit par Endemol, dans la veine de Full Monty, est de constituer un groupe de strip-teaseurs hommes, avec une première phase de casting, puis d’ateliers jusqu’au spectacle final avec, en trame, cette question : “Oseront-ils aller jusqu’au bout ?” L’autre gros projet est The Apprentice. Le concept du format diffusé sur NBC aux Etats-Unis, avec Donald Trump, est le suivant : seize candidats dans la jungle du business aux ordres d’un grand chef d’entreprise. L’adaptation française sera programmée sur TF1 dans la saison 2004-2005. Enfin, nous diffuserons à la rentrée Queer, produit par Glem, qui est avant tout une émission de relooking. La particularité de Queer est que l’équipe des cinq relookeurs – un coiffeur, un coach, un spécialiste de la décoration, un autre de la gastronomie et un dernier pour les vêtements – est composée d’homosexuels.

Qu’en est-il du format Myriam dans lequel les candidats draguent une femme qui se révèle être un transsexuel ?
Nous ne le ferons pas.

Pourquoi ?
Parce que l’on constate que le renouvellement du genre de la télé-réalité s’inscrit dans le divertissement : l’imposture de Greg le millionnaire, le décalage entre des célébrités sophistiquées et l’environnement rustique de La ferme... Le décalage proposé par Myriam serait trop difficile.

Trop trash ?
Je ne rentrerai pas dans cette définition. Avec Myriam, on sort du divertissement. C’est tout.

Quelle est la politique éditoriale de TF1 en matière de télé-réalité ?
Que l’émission soit un vrai divertissement familial bon enfant, à l’image de l’ensemble des programmes de flux proposés par la chaîne.

Beaucoup de prochains projets annoncés seront produits par Glem, filiale à 100% de TF1 depuis le 26 janvier. La tendance ira-t-elle en s’accentuant ?
Il est vrai qu’il y a une montée en puissance. La première année, Glem ne produisait qu’un seul de nos programmes, L’île de la tentation. La deuxième année, nous sommes passés à deux avec Greg le millionnaire et, en 2003, il y en aura trois avec Queer. Il se trouve qu’on est ravi du travail d’Angela Lorente notamment, la responsable du département de télé-réalité, qui jusqu’ici a produit avec succès les acquisitions directes de la chaîne, que nous lui avons confiées.

La réglementation ne vous imposant pas de confier une partie de vos émissions de flux à des producteurs indépendants, comme c’est le cas pour la fiction et le documentaire, envisagez-vous à terme de produire 100% de vos programmes en interne?
Ce n’est pas notre intention. Notre souhait est de pouvoir travailler avec les meilleures expertises : Angela Lorente chez Glem, Denis Mermet chez ALP, dont l’expertise est reconnue dans le domaine du jeu qui constitue une part importante dans Koh Lanta, et Alexia Laroche-Joubert chez Endemol sur la télé-réalité quotidienne...

Travailler avec sa filiale est tout de même la meilleure manière de contrôler la production, non ?
Ce n’est pas le facteur le plus important pour nous, qui reste, je le répète, l’expertise et la qualité.

L’un des trois projets docufictions de TF1 est en développement dans l’unité Magazine qui est sous votre responsabilité. Pouvez-vous nous en parler ?
Je ne peux pas vous en dire plus que ce que vous savez déjà : il s’agit d’un projet de première partie de soirée, produit par 17 Juin Productions. Nous travaillons aussi avec la BBC avec qui nous avons deux projets également destinés à la première partie de soirée : Hiroshima et un autre sur les dragons, Et si les dragons avaient existé ? Il est en cours de fabrication. Les effets spéciaux seront réalisés par l’équipe de Harry Potter. Ce sera donc très spectaculaire. Dans les deux cas, il s’agit de coproduction. Notre intervention se situe entre 10 et 30%.

Est-ce un genre que vous souhaitez développer ?
Bien sûr. C’est extraordinaire d’imaginer qu’on puisse revisiter des grandes histoires, des civilisations ou des faits marquants de l’Histoire, sous cette forme qui les rend accessibles au plus grand monde. Le docufiction est une formidable aventure télévisuelle dans laquelle toutes les chaînes sont aujourd’hui lancées.

Quelles sont les nouveautés Variétés de la rentrée ?
Le grand événement de la rentrée, c’est la Star Academy 4 dont on garde le château mais qu’on relooke. Le nouveau directeur sera Gérard Louvin. Mais le changement le plus important concerne le recrutement plus large, ouvert au Canada, au Maroc et au Liban. De même que nous allons davantage auditionner en régions.

Pour échapper à l’érosion d’audience de la dernière saison qui aurait pâti d’un manque de personnalités suffisamment fortes ?
Il y a dans la Star Ac’ 3 des personnalités fortes. Quant à l’érosion de l’audience, elle ne m’a pas paru flagrante.

Des projets pour contrer Le plus grand cabaret du monde, sur France 2 qui vous bat régulièrement le samedi soir ?
Je n’ai pas de plan anti-Patrick Sébastien. On essaie de mettre les programmes les meilleurs à l’antenne en renouvelant. Il est devenu très difficile d’installer des émissions récurrentes. Aujourd’hui, il y a vraiment une prime à la nouveauté. Sur la case d’access, où l’on pouvait auparavant programmer une même émission pendant plusieurs années, nous diffusons maintenant plusieurs sessions d’émission : Star Ac’, La ferme, Qui veut gagner des millions ?, ou encore, le jeu présenté par Arthur, À prendre ou à laisser que l’on retrouvera prochainement.

Propos recueillis par Emmanuelle Miquet


vendredi 14 mai 2004

"Le renouvellement de la télé-réalité s’inscrit dans le divertissement.”



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