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Sophie Dacbert

 

 

Succès

Trop rares sont les occasions pour Le film français, assujetti au planning surchargé des nouveautés, de revenir sur la carrière d’un film sorti il y a plusieurs mois. Quelques jours avant sa prometteuse deuxième vie en DVD, la radiographie du succès des Choristes représente un exercice d’autant plus instructif qu’avant de collectionner les bons points, Christophe Barratier, son réalisateur, n’avait rien du premier de la classe. Son film relève du cas d’école qui nourrit la mythologie du cinéma : recalé par autant de groupes de production et que de chaînes de télévision, le jeune cinéaste-musicien transforme un projet de remake ultra classique en phénomène de société.

Et, au passage, déclenche le jackpot pour tous ceux qui ont finalement cru à cette aventure familiale : outre les producteurs, Jacques Perrin et Jérôme Seydoux qui confirment un flair à toute épreuve, Gérard Jugnot est passé dans la catégorie des acteurs les plus “bancables”, tandis que Bruno Coulais, déjà des mieux notés dans son répertoire, gagne probablement le titre de compositeur français le plus fructueux du moment. La diffusion événementielle de l’Astérix d’Alain Chabat sur TF1 – 12,4 millions de téléspectateurs, soit presque autant qu’au cours de sa carrière en salle –, montre à quel point ces films phénomènes sont en phase avec le public. Et s’il n’est pas question d’en élaborer une quelconque recette magique, ils sont toujours le fruit d’un élan commun entre un auteur et son producteur. L’âge d’or que traverse le cinéma coréen confirme cette évidence.

Au cours des neuf premiers mois de l’année, les films nationaux approchent les 60% de PDM, avec deux films à plus de 10 millions d’entrées ! Désormais, les cinéastes coréens peuvent aussi être riches. Y compris les nouveaux venus qui ouvrent, avec leur premier film, le cercle des nombreux auteurs systématiquement millionnaires. Et malgré l’inflation des budgets et l’engorgement des salles là-bas, on prétend encore que la capacité du système de production à laisser ses chances à de nouveaux venus est la meilleure garante de la bonne santé du cinéma coréen.

Vendredi 15 octobre 2004



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