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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Ce mois-ci, Le film français a invité quatre réalisateurs au Flora Danica : Carole Laure pour Les fils de Marie, Richard Berry pour Moi César, 10 ans 1/2, 1 m 39, Gaël Morel pour Les chemins de l’Oued et Philippe Ramos pour Adieu pays.

Carole Laure

Actrice, chanteuse, danseuse et désormais réalisatrice avec Les fils de Marie...
...Et productrice ! J’ai toujours été une touche-à-tout, mais le cinéma reste le domaine que je connais le mieux.

Comment êtes-vous venue à la réalisation ?
Je me suis souvent impliquée dans les films auxquels je participais en tant qu’actrice. J’ai aussi fait beaucoup de montage d’images diverses. C’est ma rencontre avec Pascal Arnold qui a été décisive. J’avais envie depuis longtemps de sauter le pas et il m’a convaincue de le faire. Il m’a poussée à écrire mon scénario. Nous avons coécrit et coproduit ensemble Les fils de Marie, et il en a signé l’image. Ce passage à la réalisation s’est fait dans un esprit qui me plaisait, proche du cinéma des années 70 dans lequel j’ai débuté. Aujourd’hui, je n’ai plus envie de m’arrêter.

Et la production ?
Dans le contexte actuel, il est intéressant de s’impliquer dans la production. Cela permet de créer des sortes de réseaux ou plutôt des familles de cinéma. Dans mon cas, je l’ai trouvée avec Pascal Arnold.

La France était un partenaire naturel...
De par la langue bien sûr. Et puis une coproduction entre le Canada et la France m’assure une sortie dans les deux pays.

Justement, comment se déroule la sortie française ?
Je suis frappée par le décalage entre l’accueil du public et celui des exploitants. Le film a été bien reçu à Cannes l’an dernier où il a fait l’ouverture de la Semaine de la critique, la presse est bonne, et pourtant ce n’est pas facile de trouver des salles. Il faut bien reconnaître qu’il y a beaucoup de films en avril, mais je me demande pourquoi la relation avec les exploitants est aussi complexe. Le problème est de ne pas entrer dans une case bien définie. Les fils de Marie est un film d’auteur qui peut également être commercial, il n’est pas formaté pour un type d’exploitation particulier. Ce film correspond à mon envie de cinéma.

Vous êtes à la fois derrière et devant la caméra...
C’était naturel pour moi. Je n’ai pensé à personne d’autre pour jouer le rôle de Marie. D’ailleurs, la plupart des comédiens qui passent à la réalisation jouent dans leur film.

Les fils de Marie a été tourné en DV. Était-ce un choix économique ou artistique ?
Par rapport à mon sujet et à ma volonté de privilégier la spontanéité et le jeu des comédiens, il s’agissait d’un choix évident, donc artistique. Cela permettait aussi de tourner avec une équipe réduite, en ce sens c’était un choix économique.

Vous interprétez une femme qui, après avoir perdu son mari et son enfant dans un accident, décide de passer une petite annonce pour trouver des fils de substitution. Plus que le deuil, le sujet des Fils de Marie serait donc le retour à la vie...
J’ai voulu montrer comment on peut se sortir d’un grand traumatisme. Je n’ai d’ailleurs pas filmé l’accident qui coûte la vie au mari et à l’enfant. Le film s’ouvre sur une femme qui est seule chez elle, qui tourne en rond comme un animal en cage. Puis, au fil des scènes et donc des rencontres avec les quatre hommes qui lui ont répondu, elle reprend goût à la vie.

Les quatre “fils de Marie” représentent chacun un âge crucial de la vie d’un homme...
Et encore, j’aurais très bien pu en ajouter un cinquième qui aurait eu 75 ans ! L’âge ne compte pas pour Marie car elle ne veut pas remplacer son fils. Elle souhaite simplement donner de l’amour et donc jouer pleinement son rôle de mère.

Comment s’est déroulé votre travail avec les quatre comédiens ?
C’était très intime. Le fait que l’équipe soit réduite a permis de créer des conditions idéales pour leur jeu. Certaines scènes ont été tournées en une seule prise.

D’autres projets comme réalisatrice et productrice ?
Je travaille sur un projet intitulé Motel des pins. Il s’agit du portrait de trois femmes. L’une d’elles étant danseuse, je pourrai aborder des sujets qui me passionnent, comme la musique et la danse contemporaine.

Envisagez-vous de produire d’autres films que les vôtres ?
Pourquoi pas ? Il est tout à fait envisageable d’intervenir de façon minoritaire dans des films français, notamment pour soutenir de jeunes cinéastes.

Propos recueillis par Anthony Bobeau

Vendredi 16 mai 2003
   Carole Laure
   Gaël Morel
   Philippe Ramos
   Richard Berry
 

 

 

 

 


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