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DÉJEUNERS
DU FILM FRANCAIS
Des courts dans la cour des grands
Juan Solanas présentera Lhomme sans tête en
sélection officielle ; Ron Dyens proposera Derrière
les fagots à la Semaine de la critique ; Dans la forêt
noire de Joséphine Flasseur et Petits pas de Thomas Salvador
seront projetés à la Quinzaine des réalisateurs.
Thomas Salvador
Petits
pas
Vous jouez dans tous vos films. Vous êtes
également comédien ?
Pas du tout, je ne suis acteur que dans mes films. Ça me
semble faire partie de ma mise en scène. Je nai jamais
envisagé de chercher un comédien et je nai jamais
non plus eu lenvie de mécrire un rôle.
Jécris un scénario et le jour du tournage, je
me retrouve naturellement des deux côtés de la caméra.
Comme ce sont des sujets qui me sont très proches, je ne
vois pas à qui je pourrai demander dincarner ce personnage
quon retrouve de film en film. Je crois que ça tient
aussi au fait que, dune façon générale,
jaime bien minvestir physiquement dans ce que je fais.
Peut-être aussi que, pour linstant, jai peur de
déléguer.
Petits pas est votre troisième court métrage et,
en même temps, marque la fin dun cycle ?
Oui, en quelque sorte. Mais je ne men suis aperçu que
rétrospectivement. Dans mon premier film, le jeune homme
que jinterprète était en quête dapprentissage.
Dans le second, le personnage se trouvait à une période
un peu charnière de sa vie, ce moment où lon
va basculer dans un autre état. Et dans Petits pas, ce même
jeune homme devient, cette fois-ci, le référent de
plus jeunes que lui. Il fait figure dautorité pour
une douzaine de garçons de huit à dix ans.
Quelles sont vos influences de cinéma ?
Je vois beaucoup de films très différents. Mais il
est sûr que jaime particulièrement les films
dans lesquels le corps des acteurs et leurs gestes sont placés
au centre du récit. Je pense notamment à Jacques Tati,
Buster Keaton, Jacques Demy ou encore Tsui Hark, ainsi quaux
genres tels que les westerns, la comédie musicale. Cela peut
surprendre ceux qui connaissent ce que je fais mais jaime
beaucoup le cinéma daction. Je ne suis pas très
à laise avec la parole et cest sans doute ce
qui me pousse vers un cinéma peu bavard, voire pas bavard
du tout. Par ailleurs, les films que je préfère ne
ressemblent pas forcément à ceux que je fais.
Que signifie pour vous cette sélection cannoise ?
Je la vois comme une reconnaissance de la démarche que je
développe depuis mon premier film. Le fait que Petits pas
soit à la Quinzaine, alors quil nest pas plus
facile que mes précédents films, moffre
comme une belle respiration. Et cela me dit que lon peut vouloir
tenter des choses, se situer davantage dans lexpérimentation
que dans la narration traditionnelle et trouver quand même
un écho. Cest vrai que je ne prends pas le spectateur
par la main pour le forcer à aller là où je
le souhaiterais. Je préfère lui préserver le
maximum despace afin quil trace le plus librement possible
son propre parcours dans le film.
Propos recueillis par Patrice Carré
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