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ENTRETIEN DU FILM FRANCAIS

Thomas valentin
Vice-président du directoire et directeur des programmes de M6

Après une dernière saison en demi-teinte, M6 délaisse le trop-plein de télé-réalité pour revenir à ce qui a fait son succès : l’information, les magazines et la contre-programmation. Le numéro deux de M6, Thomas Valentin, annonce également l’arrivée des docus-fictions sur la chaîne.

 
 

La rentrée de M6 est marquée par moins de télé-réalité mais davantage de fiction et de magazines… C’est un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès de la chaîne il y a plusieurs années ?
Cette rentrée est effectivement placée sous le signe des magazines, des documentaires et de la fiction. Les magazines font partie du code génétique de la chaîne et nous allons renforcer notre offre dans ce domaine. Outre les émissions déjà connues, Emmanuel Chain revient avec un talk show d’actualité diffusé en direct, Soyons directs. Nous nous dirigeons également vers un genre nouveau pour la chaîne, celui du documentaire et du docu-fiction. Enfin, concernant la télé-réalité, nous allons faire évoluer le genre.

Soyons directs est diffusé en direct le vendredi soir. C’est une nouveauté pour M6.
Nous voulions enrichir la grille avec un talk-show hebdo en direct. Cette nouvelle émission viendra compléter la force de frappe des grands magazines d’info du dimanche soir. Nous avons également renouvelé nos magazines de la vie du mardi soir l’année dernière avec Affaires de famille et On a échangé nos mamans. Nous en créons deux nouveaux pour cette rentrée : Il faut que cela change, magazine produit par Jean-Luc Delarue où le psychiatre Alain Meunier viendra aider des personnes à résoudre leurs problèmes personnels. Le second sera consacré au bien-vivre. Nous avons tourné également plusieurs feuilletons documentaires ces douze derniers mois : Besoin d’amour sur des gens qui cherchent l’âme-sœur et un second tome de Ma vie aux urgences tourné à Ajaccio. Nous diffuserons également des spéciales dont Homme/ Femme, l’expérience inédite.

Vous privilégiez une certaine forme d’information réalité ?
Non, nous sommes plutôt dans le créneau du magazine de société, du magazine pratique. Nous voulons donner des clefs aux téléspectateurs afin qu’ils puissent mieux appréhender leur environnement.

Vous vous adressez à deux cibles essentielles pour M6 : les jeunes et les femmes…
M6 a toujours construit sa grille à destination du public de moins de 50 ans. Je pense que le bien vivre intéresse tout le monde, les hommes y compris.

M6 développe également son offre documentaire. Vous serez plus proche du docu-fiction ?
Nous allons proposer l’un et l’autre. Nous diffuserons plusieurs docus-fictions produits par la BBC. Le premier s’intitule Supervolcano, sorte de Pompéi du futur qui simule les effets de l’explosion du volcan de Yellowstone aux États-Unis. Il y en aura d’autres consacrés aux dinosaures ou encore à la fin du monde ! M6 produit pour sa part plusieurs docus-fictions, dont Le jour où la France s’est arrêtée ou Alerte au virus…

Après une année de transition où la fiction a largement régressé sur votre antenne, vous avez annoncé son retour…
Non, la fiction n’a pas régressé mais nous avons concentré nos efforts sur des projets récurrents ou plus lourds. Exemple : Léa Parker. Depuis deux ans, M6 a effectué un tournant important en matière de fiction, ce qui peut expliquer que certains aient pu penser que la fiction était moins présente. Pour le prime time, nous nous orientons désormais vers la comédie et les grands castings : 3 pères à la maison de Stéphane Kappes, produit par Pascale Breugnot, avec Pierre Palmade, Daniel Russo et Anne Depétrini ou encore Si j’étais elle (K-Star) de Stéphane Clavier avec Thierry Lhermitte, Hippolyte Girardot et Hélène de Fougerolles. Nous lançons également trois héros récurrents : Elodie Bradford (BB Films) avec Armelle Deutsch, une flic en talons aiguilles pleine de ressources, Seconde chance (Tétra Media) avec Samy Naceri qui interprète un flic au passé difficile et Jeff et Léo Flics et jumeaux (Murmures Prod), un double rôle pour Olivier Sitruk. Nous préparons également une saga d’été pour 2005. Second développement fort : la fiction d’access, avec plusieurs productions en cours dont Léa Parker (& Associés), qui revient après son succès l’année dernière, ou Même âge, Même adresse (Ego Prod). Ma terminale, réalisée par Stéphane Meunier (Les yeux dans les bleus) et produite par ALP, est une fiction qui emprunte au style narratif du documentaire pour évoquer la vie d’une classe de terminale.

Quelle est votre stratégie en matière de fiction ?
Offrir une fiction novatrice et identitaire. Nous essayons de proposer des alternatives, que ce soit dans le style, le ton ou la typologie des héros. Nous voulons pénétrer dans des univers encore peu exploités dans la production actuelle. Nous préparons ainsi une fiction sur la vie d’une famille nombreuse.

Concernant la télé-réalité, on a l’impression que M6 se détache peu à peu de ce qui a fait sa gloire… L’échec des Colocataires a été un déclencheur ?
Les colocataires aura été un cas assez rare : c’est une émission qui a bien fonctionné en avant-soirée mais pas en prime-time. La télé-réalité évolue très vite et la saison 2004-2005 sur M6 va montrer de nouvelles orientations du genre. Pour cette rentrée, nous venons de démarrer Le pensionnat de Chavagnes (Endemol) et nous lançons Oui, chef (Fremantle) où un chef qui s’apprête à ouvrir un restaurant à Paris va recruter des jeunes pour les former. Le Bachelor reviendra également en troisième saison, produit par W9. Pour ce qui est des divertissements, nous proposerons notamment un pastiche de télé-réalité, Gloire et Fortune (B3 Com), ainsi que de nouvelles émissions comme Bluff impossible ou encore de nouveaux Grands pièges, etc. Et bien sûr, La nouvelle star sera de nouveau à l’antenne.

Popstars disparaît des grilles de M6 ?
Il n’y a pas, pour 2004, de quatrième saison de Popstars à la rentrée. Sans qu’on ait pour autant renoncé à cette émission.

Vos rapports avec Endemol sont-ils toujours aussi difficiles ?
Pour qu’ils puissent être simples, il faut que le client, M6 en l’occurrence, puisse être satisfait. Cela n’a pas été le cas jusqu’à présent.

Nicolas de Tavernost a réaffirmé son envie d’avoir du football sur M6. La chaîne veut-elle toujours se battre sur ce terrain ?
Le football est une question de droits et de timing, mais la volonté de M6 reste entière pour proposer du football sur son antenne.

Qu’en est-il du cinéma ?
Nous avons quatre films dans le Top 15 de 2004 dont Podium et Les 11 commandements. Et nous attendons beaucoup pour la saison à venir d’Arsène Lupin, de Narco, Iznogoud, Espace détente ou encore Les chevaliers du ciel.

Comment se positionne M6 aujourd’hui par rapport à TF1 ?
Nous voyons M6 comme une chaîne qui doit affirmer sa différence et son originalité. C’est aussi une chaîne généraliste, avec tous les genres, ce qui en fait une concurrente de toutes les autres chaînes.

Quel est le challenge à relever pour un directeur des programmes de M6 ?
Toujours privilégier l’innovation, la créativité, rassembler les meilleurs talents, trouver de nouvelles idées qui correspondent aux goûts du public. C’est aussi développer la personnalité de la chaîne tous azimuts. Et comme partout ailleurs, ce n’est pas toujours une science exacte…

Propos recueillis par Fabrice Leclerc


vendredi 17 septembre 2004

"M6 doit offrir une fiction novatrice et identitaire”



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