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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

À l’occasion de son déjeuner mensuel, Le film français a invité au Flora Danica Serge Frydman, réalisateur de Mon ange, Mathieu Demy pour Le silence, Gilbert Melki pour Prendre femme, la réalisatrice Danielle Arbid pour Dans les champs de bataille, et Emmanuelle Devos pour Rois et reine.

Emmanuelle Devos

Vous retrouvez une nouvelle fois Arnaud Desplechin pour Rois et reine…
Et j’étais un peu tendue cette fois-ci car le personnage que j’interprète doit faire face à des sentiments très lourds comme le deuil. J’étais jalouse du personnage incarné par Mathieu Amalric qui est, lui, plus léger ! Mais bon, Arnaud pourrait me proposer n’importe quel rôle, je le ferai de toute façon ! Montrer le burlesque à côté du plus tragique, c’est Shakespearien.

Pour ce genre de rôle, va t-on puiser dans son expérience personnelle ?
Je suis moi-même passée par des expériences douloureuses de deuil, je ne me voyais pas aller puiser dans ces souvenirs. Il fallait aborder cela autrement mais cela a été un rôle perturbant.

Comment voyez-vous l’évolution du cinéma de Desplechin ?
J’ai été marquée par En compagnie des hommes car j’y ai vu plein de portes s’ouvrir sur des genres différents. J’aimerais aujourd’hui qu’il réalise un vrai film de genre. Il a la capacité aujourd’hui de s’éloigner de Bergman ou Truffaut pour aller vers Michael Mann ou John Ford.

Que recherchez-vous aujourd’hui dans le cinéma français ?
Des bons rôles. Mais j’ai souvent beaucoup de mal à définir ce dont j’ai envie. Je ne dis jamais : “je voudrais jouer cela ou tourner avec untel.” Je me rends compte après coup de mon attrait pour des films peut-être moins faciles. Comme, par exemple, La femme de Gilles, un film quasiment muet… Aujourd’hui, quitte à ne pas avoir de repère, j’aimerais aller tourner à Taïwan !

Sur mes lèvres reste le film le plus emblématique de votre carrière ?
C’est en tout cas celui que les gens me citent sans cesse. Pour ma part, je garde une tendresse particulière pour Tontaine et tonton, un téléfilm réalisé par Tonie Marshall. J’ai adoré travailler avec elle. Il faut mettre absolument à part mon travail avec Desplechin. Il est très rare de faire cinq films avec le même metteur en scène, c’est pourquoi je le considère comme une base. Jacques Audiard ne m’aurait jamais engagée pour Sur mes lèvres s’il ne m’avait pas vu dans un film d’Arnaud et celui de Tonie Marshall.

Vos projets ?
J’ai tourné dans La moustache d’Emmanuel Carrère et fait une participation dans le nouveau film de Jacques Audiard. Je n’ai aucun autre projet pour le moment au cinéma. Ce n’est pas un choix, c’est tout le temps comme cela ! Je fais les choses au débotté. J’aime beaucoup les projets que l’on me propose une semaine avant le tournage. Je suis même la reine du remplacement !

Propos recueillis par Fabrice Leclerc

Vendredi 18 février 2005

   Serge Frydman

   Gilbert Melki

   Emmanuelle Devos
   Mathieu Demy
   Danielle Arbid
 

 

 

 

 


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