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Guy Verrecchia

 

 

Europe !

Par l’importance de sa fréquentation globale, par l’importance de la part des films nationaux et par l’importance de la part des films autres qu’américains et français qui contribuent à l’image et à la réussite de la diversité de l’offre cinématographique, l’année 2004 fut très satisfaisante.

C’est le résultat du volontarisme des professionnels qui ont investi des sommes considérables dans le redéploiement du parc de salles, mais aussi grâce au dynamisme de la production et à l’intelligence d’un cadre réglementaire favorisant ce dynamisme. Cependant, dans notre activité rien n’est jamais définitivement acquis et cet équilibre est fragile. Si nous avons prouvé que, contrairement à ce que prétendaient les Cassandre, il n’y avait pas de désaffection de nos concitoyens pour le cinéma en général, ni pour le cinéma en salle en particulier, ce résultat est obtenu grâce à des investissements importants qui sont d’une faible rentabilité. Les films quant à eux sont handicapés par la relative étroitesse de notre marché national et de nouveaux risques de déséquilibres nous menacent. Nous devons donc poursuivre nos efforts en nous attachant par exemple à veiller à ce que l’irruption de nouveaux supports créés par internet ne détruisent pas plus de valeur qu’ils n’en créent.

Un autre danger nous menace, celui d’un changement de notre réglementation qui conduirait à la fois à rendre l’économie de notre cinéma plus dépendante des compagnies américaines, tout en restreignant son ouverture sur les coproductions qui sont un facteur de diversité et de rayonnement de notre activité.

Mais le défi le plus audacieux auquel notre entreprise souhaite participer, c’est la création d’une Europe du cinéma, tant dans le domaine de la diffusion que dans celui de la production. Après celle de la reconquête de notre public, osons l’utopie “de l’Airbus du cinéma”.

Vendredi 18 février 2005



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