ACCUEIL < ENTRETIEN > ARCHIVES

ENTRETIEN DU FILM FRANCAIS

Takis Candilis
Directeur du département fiction de TF1

À la tête du département de fiction de TF1 depuis cinq ans, Takis Candilis a résolument fait le pari de l’innovation, en initiant des nouveaux feuilletons, des fictions du réel très percutantes, comme Dans la tête du tueur qui sera bientôt diffusée sur la chaîne, des docu-dramas et docu-fictions, tel Ils voulaient tuer de Gaulle, ainsi que des téléfilms catastrophes et des nouvelles séries de 52 minutes.

 
   

Quels sont les défis principaux auxquels vous pensez avoir à faire face dans les deux années qui viennent ?
Avant tout, continuer à faire preuve d’innovation et de créativité et chercher à ne rien s’interdire. Toucher l’audience la plus large possible, en essayant de conquérir de nouveaux publics, notamment les jeunes.

Quel est votre budget pour l’année 2005 et combien de fictions comptez vous produire ?
Le budget doit tourner autour de 180 millions d’euros, comparé à 170 millions en 2004. Nous avons initié 91 fictions en 2004 et nous prévoyons d’en produire 94 en 2005.

Quel avenir prédisez-vous aux séries de 90 minutes aujourd’hui très nombreuses sur TF1 ?
Nous avons en effet 25 séries de 90 minutes sur la chaîne et il n’est pas question de les arrêter pour faire place à celles de 52 minutes qui sont en production (cf. dossier page 16). Cela dit, certaines séries arrivent en bout de course, comme Le grand patron dont nous avons récemment annoncé la fin.

Combien d’épisodes de Navarro vous reste-t-il à produire et à diffuser avant l’arrêt total de la série ?
Il y en a encore quatre à produire avant d’atteindre l’épisode final, le 108e d’une série de 15 ans d’âge ! Quant à la diffusion, il reste dix épisodes inédits qui n’ont pas encore été portés à l’écran.

La case du mercredi soir, qui est un grand succès d’audience pour la fiction de TF1, a relancé le genre de la comédie unitaire. Quels sont vos projets dans ce domaine ?
Il est très difficile de produire six à sept unitaires par an, avec des castings suffisamment forts et des sujets suffisamment porteurs pour créer l’événement et générer des audiences importantes. C’est d’ailleurs pourquoi la série Père et Maire, par exemple, cohabite avec les unitaires dans cette case. Nous allons donc consolider l’aspect “rendez-vous” dans les mois à venir, même si nous continuons à produire quelques unitaires.

Et vos projets concernant les fictions de prestige en costumes ?
Nous en produirons au maximum une par année. Ce sont des budgets très lourds avec obligatoirement une large part de coproduction internationale. Par ailleurs, ce sont des cycles de production extrêmement longs, plus proches du cinéma. Prenons le cas des Trois mousquetaires qui va être diffusé ce printemps : il a fallu cinq ans pour la produire. Cela fait aussi deux ans que l’on travaille sur Ali Baba avec Christian Clavier et nous sommes loin d’être prêts à tourner.

Votre position sur les castings avec des stars de cinéma a-t-elle évolué?
Aujourd’hui, ce n’est plus nous qui demandons aux gens de cinéma de travailler avec nous, ce sont les agents des comédiens qui nous contactent. Mais nous ne payons pas plus que ce que nous devons payer. Cela m’est arrivé plusieurs fois de refuser une star parce qu’elle demandait un cachet trop élevé.

Il a quand même fallu ajouter deux millions d’euros de plus au budget de L’affaire Dominici pour assurer le casting de Michel Serrault ...
Oui et je l’assume tout à fait. Il me semblait évident qu’il fallait créer un réel tête-à-tête entre Michel Serrault et Michel Blanc et j’ai donc donné mon accord pour rallonger le budget de cette fiction. Ses audiences m’ont donné raison.

Quelle est votre réaction par rapport à l’audience d’Homo Sapiens sur France 3 ?
C’est un des seuls programmes diffusés sur une autre chaîne que j’aurais aimé faire ! Nous avons lancé beaucoup de docu-fictions, dans un genre assez différent qui s’apparente davantage à de la fiction, en y incorporant des archives et des témoignages réels. Selon moi, Homo Sapiens est un documentaire à part entière qui est mis en scène. Précisons tout de même qu’avec Ushuaia, TF1 présente des documentaires en prime-time depuis des années en battant des records d’audience, mais personne n’en parle.

Justement quels sont vos projets dans le genre docu-drama ou docu-fiction ?
Il faut en effet différencier les docu-fictions comme Ils voulaient tuer de Gaulle, produit par Capa Drama et TAP, qui comprend une grande partie de récit fictionnel, et La tragédie de Nanterre, une pure reconstitution, que nous appelons docu-drama. Pour ce qui est des docu-fictions, nous allons aussi démarrer un projet sur Mesrine et avons décidé de relancer L’affaire de Bruay-en-Artois sous un angle plus fictionnel, alors que cela devait être un docu-drama à l’origine.
Quant à ce qu’on appelle la fiction du réel, nous allons produire Noël en enfer, d’après le roman de Claude Durand, la chef de cabine du vol Paris-Alger pris en otage par le GIA en 1994, et nous commençons une minisérie initiée par Ramona Productions sur Marie Besnard, acquittée après avoir été accusée de plusieurs empoisonnements dans les années 1950.

Le docu-drama sur la tuerie de Nanterre a provoqué quelques remous parmi les personnes concernées par ce drame… Allez-vous prendre des précautions avant de diffuser ce genre de programme ?
Nous faisons excessivement attention à ne pas porter atteinte à la vie privée des gens concernés ou de diffamer des tierces personnes. La tragédie de Nanterre a été montré à tous les témoins de la tuerie. Nous avons été à l’écoute de leurs réactions et avons accepté de changer des choses. Certaines personnes, par exemple, ne souhaitaient pas y figurer et ont été retirées.

Vous avez aussi lancé des fictions dans le genre catastrophe…
Encore un nouveau genre que nous initions ! Nous en développons deux, dont une qui sera réalisée par Charlotte Brandström, écrite par Bruno Dega et produite par Alma – l’équipe de Julie, Chevalier de Maupin. Il s’agit d’une extrapolation sur les effets d’une catastrophe à Paris. Ces fictions seront tournées dans deux ou trois mois.

Où en sont les nouveaux feuilletons ?
On vient de finir le tournage de Dolmen et on démarrera celui de Zodiaque 2 en août, toujours avec Francis Huster et Claire Keim, les mêmes auteurs et le même réalisateur. On développe aussi deux ou trois miniséries, de 3 x 90 minutes qui, contrairement aux feuilletons d’été, seront diffusées à d’autres périodes de l’année. Ce ne sont pas réellement des feuilletons d’hiver mais des miniséries qui pourront être diffusées à ce moment-là, plutôt dans le style du polar, mais feuilletonnant. En revanche, le projet de feuilleton quotidien, dont le pilote est en écriture chez Marathon, est en stand-by.

Propos recueillis par Catherine Wright et Sophie Dacbert


vendredi 18 février 2005

“Le département fiction de TF1 ne doit plus rien s’interdire”



  AccueilContactez-nousAbonnez-vousRecommandez ce sitePoints de vente
 © Le Film Français 2005