|
ÉVENEMENT
Le patron dUGC pour rédacteur en chef
| |
 |
| |
Guy Verrecchia sest pris
au jeu, avec intérêt, conscience, et beaucoup de
plaisir, comme en témoigne sur ces photos, lambiance
qui régnait lors de la conférence de rédaction
du jeudi. |
Cest un scoop , et un privilège
: Guy Verrecchia, pdg dUGC, a accepté de prendre la
rédaction en chef du Film français le temps dun
numéro, comme le firent Marc Tessier en 2002 et Pierre Lescure
en 1998. Lun des hommes les plus puissants et des plus respectés
du cinéma français, mais aussi le plus discret
médiatiquement parlant du moins-, est sorti de sa réserve
habituelle pour animer une table ronde sur la production cinématograhique,
commander des sujets denquêtes - notamment sur lEurope
du cinéma, enjeu qui lui tient particulièrement à
cur -, commenter lactualité de la semaine, se
soumettant de bonne grâce aux séances photos, exercice
qui nest pas non plus dans ses habitudes.
Manifestement, Guy Verrecchia sest pris au jeu, avec intérêt
dabord, conscience (on nen doutait pas), et finalement
beaucoup de plaisir, comme en témoigne lambiance qui
régnait lors de la conférence de rédaction
du jeudi, où il a mené le débat avec maîtrise
et intelligence, maniant un humour décapant que nous, journalistes,
ne lui connaissions pas forcément.
Lidée de lui confier les rênes du journal remonte
à lautomne dernier, et son accord de principe a été
immédiat. Mais la vente dUGC UK et le processus de
reprise de la majorité capitalistique du groupe à
Vivendi Universal (56,20% dUGC sont désormais aux mains
des actionnaires familiaux de Guy Verrecchia, 40% restant détenus
par VU qui a fait une promesse de vente de ses titres pour un montant
de 80 ME dici la fin de lannée) auront repoussé
un peu léchéance. Et si depuis le début
de lannée, Guy Verrecchia est président du Blic
(Bureau de liaison des industries cinématographiques), cest
bien au titre de patron fondateur dUGC, et donc propriétaire
dun des trois plus grands groupes français de cinéma,
quil intervient ici.
Le plaisir de cette collaboration aura été partagé,
dautant quelle nous aura permis de mieux apprécier
la personnalité dun visionnaire qui a construit sa
carrière sur une conviction inaliénable dans lavenir
de la salle de cinéma et une capacité dentrepreneur
proportionnelle à sa réserve concernant son pré
carré privé. Son complice de toujours, Alain Sussfeld,
directeur général dUGC, ne le dément
pas : Guy na jamais utilisé lentreprise
comme un moteur de notoriété pour lui-même.
Les années nont fait que confirmer la pertinence de
son choix. Au point pourtant, de faire dUGC une des
société les moins communicantes qui soient, et rarement
assimilée aux uvres et aux artistes quelle a
pourtant accompagnés, et parfois avec autant de succès
que ses consurs, Pathé et Gaumont.
Mais sa réussite, UGC la doit aussi à la collaboration
et lamitié solide que Guy Verrecchia et Alain Sussfeld
entretiennent depuis depuis trente ans. Le duo, à la fois
complémentaire et extrêmement complice, saura anticiper
mieux que personne la bataille que vont se livrer les bouquets satellite
sur les droits audiovisuels. Après avoir constitué
un catalogue parmi les plus importants dEurope, UGC a su vendre
cet actif majeur à Canal+ au moment le plus stratégique.
Le but ? Repositionner le groupe autour de son activité de
cur, lexploitation, mais en la propulsant dans une nouvelle
ère : celle du cinéma moderne et haut de gamme, tant
par larchitecture de ses sites que par la diversité
de loffre de films et de services. Et sil est un maillon
faible chez UGC, la production pour ne pas la citer, elle naura
pas empêché Guy Verrecchia de répondre régulièrement
aux sirènes de la création et de goûter au bonheur
de la renommée internationale, notamment avec Le fabuleux
destin dAmélie Poulain.
Sophie Dacbert
|