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EDITO
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Sophie Dacbert
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Doc
Super Star
“La télévision publique du XXIe
siècle sera documentaire ou ne sera pas.” Le credo
du directeur de l’unité documentaire d’Arte France,
dont la grille de rentrée sera composée à 40%
de ces programmes, n’est pas totalement illusoire. Outre qu’il
est rejoint naturellement par ses alter ego de France 3 et, de manière
plus modérée de France 2, en passe pourtant de gagner
la bataille du prime time sur le documentaire, une tendance lourde
semble imprimer effectivement la télévision, y compris
commerciale et étrangère. Jamais le documentaire n’y
a eu à ce point le vent en poupe auprès des téléspectateurs
et des diffuseurs…
Au point d’ailleurs d’attirer de plus en plus les réalisateurs
de cinéma. Après Régis Wargnier et Thomas Gilou,
c’est au tour d’Agnès Varda de continuer de nourrir
le genre – par le biais du petit écran pour que ses
docs “soient vus”, dit-elle –, Romain Goupil avec
son Quotidien Bagdad Quotidien et Tony Marshall avec son portrait
de Jean-Paul Gaultier, tous les trois diffusés aussi ces
jours-ci.
La brèche s’ouvre plus encore avec les projets de Benoît
Jacquot sur Andrée Putman ou de Claude Pinoteau sur l’Abbé
Pierre et, de l’autre côté de l’Atlantique,
d’Oliver Stone sur les traces de Fidel Castro ou de Sean Penn
sur l’Afghanistan.
Si l’euphorie ambiante consacre le 15e Sunny Side of the Doc
comme rendez-vous de premier plan pour les professionnels de la
télévision, elle n’en cache pas moins des problèmes
profonds : l’éternel sous-financement de la grande
majorité des œuvres, plombé par la survalorisation
d’un genre en particulier – le docufiction pour ne pas
le nommer – au détriment des autres. Pour autant, la
soudaine starisation du documentaire a au moins le mérite
de donner un véritable écho à “l’appel
solennel à l’action” lancé par des producteurs
et réalisateurs de premiers plans à Marc Tessier,
président de Francetélévisions, détenteur,
selon eux, “des clés de la guérison”.
En d’autres termes, le documentaire est aussi devenu un moyen
de pression non négligeable pour que la télévision
soit portée par l’exigence et l’innovation.
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