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Robert
GUEDIGUIAN |
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La
noirceur du film est-elle délibérée ?
Totalement. Il faut être excessif au cinéma.
Dans la vie tout est mêlé : le noir et le blanc,
la joie et la tristesse, le réel et le rêve. Dans
lart, au contraire on doit séparer. Et de mener
les deux films parallèlement ma permis de me laisser
aller vers la comédie dans À lattaque
; vers la noirceur dans La ville. Ecrire les deux
ensemble me déculpabilisait de faire aussi drôle
dun côté, aussi noir de lautre. Ça
ma donné beaucoup de liberté.
Pourquoi faut-il être excessif ?
Pour être exemplaire ! Les films qui ne sont pas exemplaires,
on les oublie. Ils ne font pas débat car cest dans
lexcès quil y a proposition. Sinon, on a
un faux débat sur le naturalisme. Roméo et Juliette
doivent mourir pour que lhistoire soit exemplaire. Sinon
elle est ridicule.
Vous militez donc pour un cinéma de genre ?
Absolument. Et jai le sentiment quaujourdhui
on y revient, notamment les jeunes cinéastes. Il faut
des vrais mélos, des vraies comédies.
Quel sera le genre du prochain ?
Ce sera un mélodrame métaphysique dont je
viens dachever lécriture et que je tournerai
lété prochain : Marie-Jo et ses deux
amours. Cest une histoire de confusion amoureuse qui
se déroule évidemment à Marseille, avec
Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Meyrand, etc.
Propos recueillis par Marie-Claude Arbaudie
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Retrouvez
en vidéo les interviews de Cannes
des Déjeuners du Film Français
avec
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Le
film français a invité pour ce rendez-vous mensuel
les réalisateurs Robert Guédiguian pour La ville
est tranquille, Pierre Grimblat pour Lisa, Moufida
Tlatli pour La saison des hommes, et Pascal Greggory à
laffiche de La confusion des genres de Ilan Duran
Cohen.
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Vous
avez enchaîné les tournage de À lattaque
et de La ville est tranquille. Pourquoi ?
En fait, cest un hasard lié à lécriture
de ces deux films. Avec Robert Milesi, nous avions commencé
La ville est tranquille, un film dont on sentait quil
serait compliqué à écrire. En fait, nous
avons avancé très vite, presque trop vite, au point
que nous avons décidé de nous arrêter un peu
pour prendre du recul et nous avons évoqué dautres
sujets. Javais envie de faire une suite de À la
vie à la mort et aussi décrire une histoire
autour de deux scénaristes. Et nous avons tenté
de mêler les deux. Au bout de deux semaines, on avait démarré
À lattaque. Nous avons alors repris La
ville est tranquille et mené les deux scénarios
parallèlement, un jour sur lun, un jour sur lautre.
Jai alors proposé à la troupe
denchaîner les deux tournages et lidée
les a excités. Jai également fait les montages
financiers des deux films ensemble. Les chaîne hertzienne
nont pas préacheté La ville mais nous
navons pas insisté préférant pouvoir
les solliciter pour la vente.
Léconomie de vos films a-t-elle changé
depuis Marius et Jeannette ?
Non. En revanche, je navais pas dimprévus
dans mes budgets, maintenant jen ai. Et puis, je maccorde
des petites souplesses, des petits conforts. Par exemple, jai
pu moffrir la musique de Janis Joplin qui est très
chère pour le film.
Et vous tournez toujours en Super 16 ?
Oui, pas pour des raisons déconomie car le coût
est le même, mais pour des raisons artistiques. Je suis
plus en connivence avec le chef opérateur et le cadreur,
je travaille plus vite. Cest important pour moi, car je
naime pas attendre !
Quel est le budget du film ?
Les deux films ensemble ont coûté 40 MF.
Ca, cest le budget officiel ?
Mais on ne dit que des choses officielles dans Le film
français !
Cest
quand même beaucoup plus cher que À la vie à
la mort !
À
la vie à la mort, cétait une économie
de guerre ! Nous ne lavons fait quavec lavance
sur recettes, soit très exactement 2,63 MF.
Peut-on dire que La ville est tranquille synthétise
les thèmes de tous vos films et boucle dune certaine
façon une boucle ?
Cest le prochain film qui donnera la réponse
: on verra alors si jai fait le tour de toutes ces questions.
Je ne théorise sur mes films quaprès les avoir
faits. Je les démarre sur une envie.
Et là, quelle était lenvie ?
Elle est partie du titre, La ville est tranquille : Marseille
vue de Notre-Dame de la Garde, le soir, apparemment apaisée.
Je voulais montrer quil y avait beaucoup de turbulence sous
ce calme.
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