Robert Guédiguian

Pierre Grimblat

Moufida Tlatli

Pascal Greggory



 
 
















 
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Edition du Vendredi 19 janvier 2001
 
 

 

  Robert GUEDIGUIAN   a

La noirceur du film est-elle délibérée ?
Totalement. Il faut être excessif au cinéma. Dans la vie tout est mêlé : le noir et le blanc, la joie et la tristesse, le réel et le rêve. Dans l’art, au contraire on doit séparer. Et de mener les deux films parallèlement m’a permis de me laisser aller vers la comédie dans À l’attaque ; vers la noirceur dans La ville. Ecrire les deux ensemble me déculpabilisait de faire aussi drôle d’un côté, aussi noir de l’autre. Ça m’a donné beaucoup de liberté.

Pourquoi faut-il être excessif ?
Pour être exemplaire ! Les films qui ne sont pas exemplaires, on les oublie. Ils ne font pas débat car c’est dans l’excès qu’il y a proposition. Sinon, on a un faux débat sur le naturalisme. Roméo et Juliette doivent mourir pour que l’histoire soit exemplaire. Sinon elle est ridicule.

Vous militez donc pour un cinéma de genre ?
Absolument. Et j’ai le sentiment qu’aujourd’hui on y revient, notamment les jeunes cinéastes. Il faut des vrais mélos, des vraies comédies.

Quel sera le genre du prochain ?
Ce sera un mélodrame métaphysique dont je viens d’achever l’écriture et que je tournerai l’été prochain : Marie-Jo et ses deux amours. C’est une histoire de confusion amoureuse qui se déroule évidemment à Marseille, avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Meyrand, etc.

Propos recueillis par Marie-Claude Arbaudie

 

Retrouvez en vidéo les interviews de Cannes
des Déjeuners du Film Français
avec




 

 

Le film français a invité pour ce rendez-vous mensuel les réalisateurs Robert Guédiguian pour La ville est tranquille, Pierre Grimblat pour Lisa, Moufida Tlatli pour La saison des hommes, et Pascal Greggory à l’affiche de La confusion des genres de Ilan Duran Cohen.

 

Vous avez enchaîné les tournage de À l’attaque
et de La ville est tranquille. Pourquoi ?
En fait, c’est un hasard lié à l’écriture de ces deux films. Avec Robert Milesi, nous avions commencé La ville est tranquille, un film dont on sentait qu’il serait compliqué à écrire. En fait, nous avons avancé très vite, presque trop vite, au point que nous avons décidé de nous arrêter un peu pour prendre du recul et nous avons évoqué d’autres sujets. J’avais envie de faire une suite de À la vie à la mort et aussi d’écrire une histoire autour de deux scénaristes. Et nous avons tenté de mêler les deux. Au bout de deux semaines, on avait démarré À l’attaque. Nous avons alors repris La ville est tranquille et mené les deux scénarios parallèlement, un jour sur l’un, un jour sur l’autre. J’ai alors proposé à la “troupe” d’enchaîner les deux tournages et l’idée les a excités. J’ai également fait les montages financiers des deux films ensemble. Les chaîne hertzienne n’ont pas préacheté La ville mais nous n’avons pas insisté préférant pouvoir les solliciter pour la vente.

L’économie de vos films a-t-elle changé depuis Marius et Jeannette ?
Non. En revanche, je n’avais pas d’imprévus dans mes budgets, maintenant j’en ai. Et puis, je m’accorde des petites souplesses, des petits conforts. Par exemple, j’ai pu m’offrir la musique de Janis Joplin – qui est très chère pour le film.

Et vous tournez toujours en Super 16 ?
Oui, pas pour des raisons d’économie car le coût est le même, mais pour des raisons artistiques. Je suis plus en connivence avec le chef opérateur et le cadreur, je travaille plus vite. C’est important pour moi, car je n’aime pas attendre !

Quel est le budget du film ?
Les deux films ensemble ont coûté 40 MF.

Ca, c’est le budget officiel ?
Mais on ne dit que des choses officielles dans Le film français !

C’est quand même beaucoup plus cher que À la vie à la mort !
À la vie à la mort, c’était une économie de guerre ! Nous ne l’avons fait qu’avec l’avance sur recettes, soit très exactement 2,63 MF.

Peut-on dire que La ville est tranquille synthétise les thèmes de tous vos films et boucle d’une certaine façon une boucle ?
C’est le prochain film qui donnera la réponse : on verra alors si j’ai fait le tour de toutes ces questions. Je ne théorise sur mes films qu’après les avoir faits. Je les démarre sur une envie.

Et là, quelle était l’envie ?
Elle est partie du titre, La ville est tranquille : Marseille vue de Notre-Dame de la Garde, le soir, apparemment apaisée. Je voulais montrer qu’il y avait beaucoup de turbulence sous ce calme.

 

 
 
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