Robert Guédiguian

Pierre Grimblat

Moufida Tlatli

Pascal Greggory



 
 
















 
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Edition du Vendredi 19 janvier 2001
 
 

 

  Pierre GRIMBLAT   a

Le décor du sanatorium est étonnant…
Je l’ai déniché dans les Ardennes belges, près de la frontière allemande. Il s’agit d’un sanatorium construit au début du siècle quand la Belgique était à la fois richissime et socialiste. Il était destiné à accueillir les ouvriers malades. C’est un incroyable palais avec une façade de 300 mètres. Personne n’y avait jamais tourné.

Lisa ressemble à un mélo des années 50. Comment le public réagit-il ?
Merveilleusement bien. Les comédiens et moi-même sommes allés présenter Lisa à Nantes, Strasbourg et Marseille. À chaque séance, l’accueil est formidable. Les débats qui ont suivi les projections n’ont jamais duré moins de 1 h 30. Toute l’équipe est d’ailleurs prête à se déplacer pour aller à la rencontre du public, y compris après la sortie du film.

Cet accueil vous pousse-t-il à développer de nouveaux projets pour le cinéma ?
Pour l’instant, je travaille avec un romancier américain qui vit entre New York et Paris, Jérôme Charyn, sur une grande histoire de passion et d’action romanesque. Nous avons déjà écrit la moitié du script.

Propos recueillis par Anthony Bobeau

 

Retrouvez en vidéo les interviews de Cannes
des Déjeuners du Film Français
avec




 

 

Le film français a invité pour ce rendez-vous mensuel les réalisateurs Robert Guédiguian pour La ville est tranquille, Pierre Grimblat pour Lisa, Moufida Tlatli pour La saison des hommes, et Pascal Greggory à l’affiche de La confusion des genres de Ilan Duran Cohen.

 

Après 20 ans d’absence, vous revenez au cinéma avec Lisa. Comment expliquez-vous ce retour au grand écran ?
Pas la peine de dissimuler. Quand Hervé Bourges était président de TF1, alors une chaîne publique, il m’a proposé de travailler à la télévision. Je venais effectivement du cinéma et je n’avais jamais fait de télévision. J’ai donc appelé tous mes copains réalisateurs. Nous avons très vite démarré avec Série noire. Quinze ans plus tard, avec Navarro, L’instit, Quai n°1 ou encore Le château des oliviers, j’étais souvent en tête des programmes. En 95, j’ai donc été nommé Homme de l’année de la communication internationale au MIP TV de Cannes. J’ai alors pensé que le temps était venu de me retirer. En bon homme de spectacle, je me suis dit qu’il fallait sortir par le fond pour revenir à mon seul amour, le cinéma.

Lisa se déroule de nos jours et au cours de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi avoir choisi de traiter de l’Occupation ?
Je voulais revenir sur ma jeunesse durant la guerre. Pour éviter tout attendrissement et complaisance, j’ai demandé à mon vieil ami Gérard Mordillat de travailler avec moi sur le scénario. Nous avons décidé de raconter mon histoire à travers deux garçons, l’un enquêtant sur l’autre à 50 années d’intervalle.

Justement, quelle est la part
d’autobiographie dans le récit ?
Comme les personnages interprétés par Benoît Magimel et Sagamore Stévenin qui sont d’origine juive mais ont été élevés chrétiennement, mes parents m’ont pour ainsi dire “déjudaïsé”. J’ai été baptisé et élevé chez les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Ma mère me disait toujours : “Tu es un rameau nouveau”. Quand est venu le temps de l’Occupation, j’avais dix ans. Je ne risquais rien puisque je n’étais plus juif. J’ai traversé l’Occupation avec l’inconscience de la jeunesse.

Le film raconte avant tout une histoire d’amour pleine de passion et de drame. Comment s’est déroulé le tournage ?
Ce fut électrique. Nous avions travaillé avec l’équipe pendant un an. Quand nous sommes arrivés sur le plateau, chaque comédien s’était tellement investi dans son personnage qu’il en était devenu intouchable, y compris par moi. Ils se sont tous révélés habités pour faire un grand film romanesque d’amour et de haine.

 
 
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