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Pierre
GRIMBLAT |
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Le
décor du sanatorium est étonnant
Je lai déniché dans les Ardennes belges,
près de la frontière allemande. Il sagit
dun sanatorium construit au début du siècle
quand la Belgique était à la fois richissime et
socialiste. Il était destiné à accueillir
les ouvriers malades. Cest un incroyable palais avec une
façade de 300 mètres. Personne ny avait
jamais tourné.
Lisa ressemble à un mélo des années
50. Comment le public réagit-il ?
Merveilleusement bien. Les comédiens et moi-même
sommes allés présenter Lisa à Nantes, Strasbourg
et Marseille. À chaque séance, laccueil
est formidable. Les débats qui ont suivi les projections
nont jamais duré moins de 1 h 30. Toute léquipe
est dailleurs prête à se déplacer
pour aller à la rencontre du public, y compris après
la sortie du film.
Cet accueil vous pousse-t-il à développer
de nouveaux projets pour le cinéma ?
Pour linstant, je travaille avec un romancier américain
qui vit entre New York et Paris, Jérôme Charyn,
sur une grande histoire de passion et daction romanesque.
Nous avons déjà écrit la moitié
du script.
Propos recueillis par Anthony Bobeau
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Retrouvez
en vidéo les interviews de Cannes
des Déjeuners du Film Français
avec
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Le
film français a invité pour ce rendez-vous mensuel
les réalisateurs Robert Guédiguian pour La ville
est tranquille, Pierre Grimblat pour Lisa, Moufida
Tlatli pour La saison des hommes, et Pascal Greggory à
laffiche de La confusion des genres de Ilan Duran
Cohen.
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Après
20 ans dabsence, vous revenez au cinéma avec Lisa.
Comment expliquez-vous ce retour au grand écran ?
Pas la peine de dissimuler. Quand Hervé Bourges était
président de TF1, alors une chaîne publique, il ma
proposé de travailler à la télévision.
Je venais effectivement du cinéma et je navais jamais
fait de télévision. Jai donc appelé
tous mes copains réalisateurs. Nous avons très vite
démarré avec Série noire. Quinze ans
plus tard, avec Navarro, Linstit, Quai
n°1 ou encore Le château des oliviers, jétais
souvent en tête des programmes. En 95, jai donc été
nommé Homme de lannée de la communication
internationale au MIP TV de Cannes. Jai alors pensé
que le temps était venu de me retirer. En bon homme de
spectacle, je me suis dit quil fallait sortir par le fond
pour revenir à mon seul amour, le cinéma.
Lisa se déroule de nos jours et au cours de
la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi avoir choisi de traiter de
lOccupation ?
Je voulais revenir sur ma jeunesse durant la guerre. Pour
éviter tout attendrissement et complaisance, jai
demandé à mon vieil ami Gérard Mordillat
de travailler avec moi sur le scénario. Nous avons décidé
de raconter mon histoire à travers deux garçons,
lun enquêtant sur lautre à 50 années
dintervalle.
Justement, quelle est la part
dautobiographie dans le récit ?
Comme les personnages interprétés par Benoît
Magimel et Sagamore Stévenin qui sont dorigine juive
mais ont été élevés chrétiennement,
mes parents mont pour ainsi dire déjudaïsé.
Jai été baptisé et élevé
chez les surs de Saint-Vincent-de-Paul. Ma mère me
disait toujours : Tu es un rameau nouveau. Quand est
venu le temps de lOccupation, javais dix ans. Je ne
risquais rien puisque je nétais plus juif. Jai
traversé lOccupation avec linconscience de
la jeunesse.
Le film raconte avant tout une histoire damour pleine
de passion et de drame. Comment sest déroulé
le tournage ?
Ce fut électrique. Nous avions travaillé avec
léquipe pendant un an. Quand nous sommes arrivés
sur le plateau, chaque comédien sétait tellement
investi dans son personnage quil en était devenu
intouchable, y compris par moi. Ils se sont tous révélés
habités pour faire un grand film romanesque damour
et de haine.
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