Robert Guédiguian

Pierre Grimblat

Moufida Tlatli

Pascal Greggory



 
 
















 
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Edition du Vendredi 19 janvier 2001
 
 

 

  Pascal GREGGORY   a

Vous évoluez dans un registre plutôt sérieux. Souhaitez-vous faire des comédies ?
Aujourd’hui j’aimerais bien, oui. Mais des comédies décalées, où l’on fait rire sans pour autant faire le clown. Arriver à faire rire dans des choses un peu profondes, tout en conservant des rôles très dramatiques, ce serait la quintessence pour moi. Un peu comme un Michel Serrault par exemple, qui réussit dans les deux.

La mise en scène vous intéresse-t-elle ?
Non. C’est trop compliqué et je suis trop paresseux pour cela. Et puis, je n’ai aucune velléité d’être chef, ce qu’un metteur en scène doit être.

Quels sont vos projets pour l’an
prochain ?
Un ange de Miguel Courtois va sortir au mois de mars. Ensuite, dès avril, je commence le tournage d’un très beau projet, le premier film de Michel Fessler avec Emma de Caunes.

Et au théâtre ?
Je n’ai pas de projets pour l’instant. Je me fatigue vite au théâtre. C’est difficile de retrouver la motivation tous les soirs pendant six mois – alors il faut vraiment que la pièce ait quelque chose de particulier.

Pas de projet avec Patrice Chéreau à l’horizon ?
Non, pas pour l’instant. Mais en même temps, cela ne peut pas se terminer comme ça…

Propos recueillis par Elizabeth Conter

 

 

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des Déjeuners du Film Français
avec




 

 

Le film français a invité pour ce rendez-vous mensuel les réalisateurs Robert Guédiguian pour La ville est tranquille, Pierre Grimblat pour Lisa, Moufida Tlatli pour La saison des hommes, et Pascal Greggory à l’affiche de La confusion des genres de Ilan Duran Cohen.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le rôle d’Alain dans La confusion des genres ?
Davantage qu’un rôle, c’est avant tout un scénario et la rencontre avec un metteur en scène qui est déterminante. En outre, le rôle d’Alain est extrêmement jouissif pour un acteur parce qu’il aborde énormément d’aspects de l’être humain dans toute sa complexité. Et il reflète le monde actuel avec l’exaltation du côté féminin qu’il y a en chaque homme, sans pour autant le rendre efféminé. En cela, le personnage m’a énormément troublé.

C’est en effet un personnage troublant,
ainsi que complexe et compliqué...
Mais tout le monde est complexe et compliqué ! Et puis, pour un acteur, plus un personnage est complexe, plus il est intéressant. Les rôles subversifs, les personnages décalés sont les plus passionnants.

Comment avez-vous rencontré le réalisateur Ilan Duran Cohen ?
De la manière la plus classique : il m’a envoyé le scénario et il voulait me rencontrer… Il avait déjà réalisé un film, qui était une commande. La confusion des genres est donc, en quelque sorte, son premier film, dans lequel il s’exprime pleinement. Et ce que je trouve particulièrement formidable, c’est qu’il ne juge les gens à aucun moment. Souvent un film, surtout quand il parle de sexualité, comporte un jugement moral. Ici, on n’est pas dans le “politiquement correct”. C’est en cela que c’est un film très fort.

Le réalisateur a-t-il écrit le rôle pour vous ?
Je ne sais pas… je ne crois pas. Mais ce n’est pas important. Le personnage d’Alain n’est pas un rôle très compliqué à jouer, et beaucoup d’autres auraient pu le faire. Mais le vrai défi consistait à rendre attachant, voire drôle ce personnage qui, sur le papier, est plutôt énervant. D’en faire un Buster Keaton dans un monde moderne…

Un film que les spectateurs adorent ou rejettent...
Je ne pense pas que l’on puisse détester ce film. Il est assez jubilatoire dans le sens où l’on est forcément très excité par l’ambiance générale. En même temps, je comprends que l’on puisse être dérangé, d’autant que le film parle entre autres de l’homosexualité. Et puis, ce personnage qui n’a pas fait son choix peut aussi déranger. Pourtant, ces gens qui n’ont pas choisi entre les hommes et les femmes, existent bel et bien.

Vous identifiez-vous avec ce personnage ?
Non. Je ne suis pas quelqu’un d’indécis sur mes choix, de confus sur mes sentiments.

 
 
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