La
fusion est essentielle pour lavenir de Canal+ et donc du
cinéma français
Pierre
Lescure
Lannée
2000 na pas été de tout repos pour Pierre
Lescure. Elle sest achevée, quelques jours après
la concrétisation de la fusion Vivendi-Universal, par une
réorganisation musclée du groupe Canal+. Fier de
participer à cette aventure, il tient à clouer le
bec aux sceptiques et aux grincheux.
En ce
2 janvier, quels vux formulez-vous pour lentreprise
Canal+ ?
Pour moi, Canal+, cest une personne qui a ses humeurs,
ses désirs, ses émotions. Je suis sensible à
son âge ; je suis sensible évidemment à son
avenir. Jai envie quelle reste la même et en
même temps quelle évolue. Je dirais que pour
elle cest lâge des choix de carrière,
comme pour un homme ou une femme de 30 ans. Aujourdhui elle
va pouvoir capitaliser sur ses acquis, sur lincroyable dimension
née de Vivendi-Universal, sur lâge de ses équipes,
sur la superbe dynamique quont créée les innombrables
aventures vécues.
En matière
démotion, comment gérez-vous celles créées
par la restructuration que vous venez dentreprendre ?
Cest dabord une réorganisation, pourquoi
ne pas le dire, une sorte de refondation que jai voulue
et sur laquelle nous travaillons depuis quatre mois. Jétais
convaincu depuis longtemps quil fallait faire évoluer
assez brutalement lorganisation du groupe Canal+. On est
dans un pays où réformer est la chose la plus difficile
qui soit. On ne sait bouger que lorsquil y a un choc. Cest
vrai que ces mutations peuvent être bouleversantes pour
des gens qui sont là depuis dix ans et plus. Je pense à
lexemple spectaculaire de Bruno Delecour qui fait les beaux
jours du commerce de Canal et de CanalSatellite et qui va rejoindre
la direction générale de Vivendi-Universal. Cest
un poste en or. Or la première réaction de Bruno
a été de me dire : Mais je vais quitter Canal
!. Il faut donc gérer laffectif. Mais cette
réorganisation était indispensable, fusion ou pas
fusion. Une fois les traumatismes digérés, cela
va libérer les énergies ; on en avait besoin.

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