"Le cinéma ne voit Canal+
que comme
un tiroir-caisse
et l’exception
culturelle
comme une
assurance tous risques.
"


 
 
















 
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Edition du Vendredi 19 janvier 2001
 
 
 

La fusion est essentielle pour l’avenir de Canal+ et donc du cinéma français

Pierre Lescure

L’année 2000 n’a pas été de tout repos pour Pierre Lescure. Elle s’est achevée, quelques jours après la concrétisation de la fusion Vivendi-Universal, par une réorganisation musclée du groupe Canal+. Fier de participer à cette aventure, il tient à clouer le bec aux sceptiques et aux grincheux.


En ce 2 janvier, quels vœux formulez-vous pour l’entreprise Canal+ ?
Pour moi, Canal+, c’est une personne qui a ses humeurs, ses désirs, ses émotions. Je suis sensible à son âge ; je suis sensible évidemment à son avenir. J’ai envie qu’elle reste la même et en même temps qu’elle évolue. Je dirais que pour elle c’est l’âge des choix de carrière, comme pour un homme ou une femme de 30 ans. Aujourd’hui elle va pouvoir capitaliser sur ses acquis, sur l’incroyable dimension née de Vivendi-Universal, sur l’âge de ses équipes, sur la superbe dynamique qu’ont créée les innombrables aventures vécues.

En matière d’émotion, comment gérez-vous celles créées par la restructuration que vous venez d’entreprendre ?
C’est d’abord une réorganisation, pourquoi ne pas le dire, une sorte de refondation que j’ai voulue et sur laquelle nous travaillons depuis quatre mois. J’étais convaincu depuis longtemps qu’il fallait faire évoluer assez brutalement l’organisation du groupe Canal+. On est dans un pays où réformer est la chose la plus difficile qui soit. On ne sait bouger que lorsqu’il y a un choc. C’est vrai que ces mutations peuvent être bouleversantes pour des gens qui sont là depuis dix ans et plus. Je pense à l’exemple spectaculaire de Bruno Delecour qui fait les beaux jours du commerce de Canal et de CanalSatellite et qui va rejoindre la direction générale de Vivendi-Universal. C’est un poste en or. Or la première réaction de Bruno a été de me dire : “Mais je vais quitter Canal !”. Il faut donc gérer l’affectif. Mais cette réorganisation était indispensable, fusion ou pas fusion. Une fois les traumatismes digérés, cela va libérer les énergies ; on en avait besoin.


 
 
 
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