Judy Foster, présidente du Jury

 

 
 
















 
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Edition du Vendredi 19 janvier 2001
 
 
FESTIVAL



2001 : L’an 1 de la nouvelle équipe de Cannes

Au duo Viot-Jacob succède cette année, à la tête du festival de Cannes, le trio Jacob-Cayla-Frémaux. Un trio concertant qui a bien l’intention de jouer la même musique.


  

illes Jacob aime les métaphores. Et pour illustrer la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le festival, il évoque une scène d’un film où Véronique Genest conduit un bolide lancé à toute allure et, sans s’arrêter, passe les commandes à Francis Perrin en évitant la sortie de route. “C’est exactement notre situation aujourd’hui puisque le festival ne peut s’arrêter. Mon rôle consistera non pas à garder seul les commandes mais à apprendre à la nouvelle équipe à bien conduire le festival et à lui transmettre l’expérience et la connaissance d’un édifice complexe et en perpétuelle évolution.” Le risque, il le définit à l’aide d’une autre métaphore, ferroviaire cette fois, empruntée aux frères Coen. “Dans O’Brother, vous vous rappelez la scène où les trois forçats enchaînés tentent de sauter dans un train en marche. Le premier y parvient, le deuxième réussit, le troisième en trébuchant fait tomber les deux autres. C’est ce que vous voulons éviter.”
Pourquoi le duo s’est-il transformé en trio ? A cause de l’ampleur de la tâche. Le festival doit affronter, tout comme le cinéma, une nouvelle ère : “Tout pousse à une industrialisation du cinéma, explique Véronique Cayla, directrice générale. Face à cela, nous avons deux attitudes possibles : le repli national ou l’ouverture aux autres. C’est cette diversité que le festival a toujours privilégiée. Et c’est cet enjeu qui me passionne.” Cette double dimension, on la retrouve au niveau du festival qui ne peut plus être géré de façon artisanale :

“C’est une entreprise, même si elle est au service des films.” Si à chacun est attribué un poste précis, tous prendront part à toutes les décisions : “Nous sommes appelés à fonctionner de façon collégiale”, explique Véronique Cayla. Même au niveau de la sélection des films ? “Je prendrai les avis des uns et des autres, nous discuterons, précise Thierry Frémaux, délégué artistique. Mais en dernier ressort, c’est moi qui trancherai.” Il revendique, en tout cas, la première déclaration de Gilles Jacob, nouveau délégué général en 1978, définissant le genre de cinéma qu’il voulait mettre en valeur : “Du cinéma d’auteur pour grand public”. “J’aborde ce poste vertigineux avec modestie et la volonté d’apprendre. Mon ambition est d’abord de maintenir le niveau de la sélection, ce qui n’est pas si simple car Gilles Jacob a placé la barre très haut, particulièrement l’an dernier puisque la plupart des films sélectionnés ont été des succès du box-office. Un jour, sans doute, la sélection portera mon empreinte. Mais ce n’est pas aujourd’hui ma priorité.” Mais Thierry Frémaux souligne que la sélection n’est pas tout et il attache autant d’importance aux hommages, dont l’importance croîtra, qu’à la dimension pédagogique du festival. “Tout ce qui habille la sélection est important, précise-t-il, et participe de l’image du festival.” A la fin du mois, Thierry Frémaux partira aux Etats-Unis car Gilles Jacob lui a confié une tâche précise mais pas simple :

ramener à Cannes les films des studios. “Le problème est complexe, mais l’important est qu’ il n’y ait pas de fâcherie des Américains vis-à-vis de Cannes. Je vais rencontrer les responsables des studios mais aussi des metteurs en scène. C’est d’eux que peut venir le changement d’attitude. Tout sera fait pour leur faciliter l’accès.”
Année de transition, 2001 ne sera donc pas une année d’innovations spectaculaires. Cependant, il y aura des petits signes : un nouveau lieu sera créé dans l’espace des Ambassadeurs, une “hospitality suite” où on pourra grignoter et donner des rendez-vous. En revanche, les Rendez-vous de midi disparaissent. “Je suis demandeur d’idées neuves”, revendique Gilles Jacob, qui a aussi annoncé sa volonté de faire subir à Cannes une cure d’amaigrissement : “ J’aimerais que nous réduisions les accréditations de 5%, en identifiant mieux les accrédités.” Autre volonté : réévaluer la part de l’Etat dans le budget du festival. “Il ne faut pas, ajoute-t-il, que l’Etat se désengage, sous le prétexte des apports des sponsors et des partenaires. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif d’intérêt général du festival.” Rappelons que les 40MF du budget sont couverts pour un tiers par les partenaires. Pour Gilles Jacob, cette part ne peut augmenter. Quant à la sélection 2001, Thierry Frémaux semble avoir adopté la discrétion légendaire de Gilles Jacob : “Ça commence à chauffer”, se contente-t-il de dire.

Marie-Claude Arbaudie

 
 
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