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Jacob aime les métaphores. Et pour illustrer la situation
dans laquelle se trouve aujourdhui le festival, il
évoque une scène dun film où
Véronique Genest conduit un bolide lancé à
toute allure et, sans sarrêter, passe les commandes
à Francis Perrin en évitant la sortie de route.
Cest exactement notre situation aujourdhui
puisque le festival ne peut sarrêter. Mon rôle
consistera non pas à garder seul les commandes mais
à apprendre à la nouvelle équipe à
bien conduire le festival et à lui transmettre lexpérience
et la connaissance dun édifice complexe et
en perpétuelle évolution. Le risque,
il le définit à laide dune autre
métaphore, ferroviaire cette fois, empruntée
aux frères Coen. Dans OBrother, vous
vous rappelez la scène où les trois forçats
enchaînés tentent de sauter dans un train en
marche. Le premier y parvient, le deuxième réussit,
le troisième en trébuchant fait tomber les
deux autres. Cest ce que vous voulons éviter.
Pourquoi le duo sest-il transformé en trio
? A cause de lampleur de la tâche. Le festival
doit affronter, tout comme le cinéma, une nouvelle
ère : Tout pousse à une industrialisation
du cinéma, explique Véronique Cayla, directrice
générale. Face à cela, nous avons deux
attitudes possibles : le repli national ou louverture
aux autres. Cest cette diversité que le festival
a toujours privilégiée. Et cest cet
enjeu qui me passionne. Cette double dimension, on
la retrouve au niveau du festival qui ne peut plus être
géré de façon artisanale :
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Cest une entreprise, même si elle est
au service des films. Si à chacun est attribué
un poste précis, tous prendront part à toutes
les décisions : Nous sommes appelés
à fonctionner de façon collégiale,
explique Véronique Cayla. Même au niveau de
la sélection des films ? Je prendrai les avis
des uns et des autres, nous discuterons, précise
Thierry Frémaux, délégué artistique.
Mais en dernier ressort, cest moi qui trancherai.
Il revendique, en tout cas, la première déclaration
de Gilles Jacob, nouveau délégué général
en 1978, définissant le genre de cinéma quil
voulait mettre en valeur : Du cinéma dauteur
pour grand public. Jaborde ce poste vertigineux
avec modestie et la volonté dapprendre. Mon
ambition est dabord de maintenir le niveau de la sélection,
ce qui nest pas si simple car Gilles Jacob a placé
la barre très haut, particulièrement lan
dernier puisque la plupart des films sélectionnés
ont été des succès du box-office. Un
jour, sans doute, la sélection portera mon empreinte.
Mais ce nest pas aujourdhui ma priorité.
Mais Thierry Frémaux souligne que la sélection
nest pas tout et il attache autant dimportance
aux hommages, dont limportance croîtra, quà
la dimension pédagogique du festival. Tout
ce qui habille la sélection est important, précise-t-il,
et participe de limage du festival. A la fin
du mois, Thierry Frémaux partira aux Etats-Unis car
Gilles Jacob lui a confié une tâche précise
mais pas simple :
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ramener à Cannes les films des studios. Le
problème est complexe, mais limportant est
qu il ny ait pas de fâcherie des Américains
vis-à-vis de Cannes. Je vais rencontrer les responsables
des studios mais aussi des metteurs en scène. Cest
deux que peut venir le changement dattitude.
Tout sera fait pour leur faciliter laccès.
Année de transition, 2001 ne sera donc pas une année
dinnovations spectaculaires. Cependant, il y aura
des petits signes : un nouveau lieu sera créé
dans lespace des Ambassadeurs, une hospitality
suite où on pourra grignoter et donner des
rendez-vous. En revanche, les Rendez-vous de midi disparaissent.
Je suis demandeur didées neuves,
revendique Gilles Jacob, qui a aussi annoncé sa volonté
de faire subir à Cannes une cure damaigrissement
: Jaimerais que nous réduisions les
accréditations de 5%, en identifiant mieux les accrédités.
Autre volonté : réévaluer la part de
lEtat dans le budget du festival. Il ne faut
pas, ajoute-t-il, que lEtat se désengage, sous
le prétexte des apports des sponsors et des partenaires.
Il ne faut pas perdre de vue lobjectif dintérêt
général du festival. Rappelons que les
40MF du budget sont couverts pour un tiers par les partenaires.
Pour Gilles Jacob, cette part ne peut augmenter. Quant à
la sélection 2001, Thierry Frémaux semble
avoir adopté la discrétion légendaire
de Gilles Jacob : Ça commence à chauffer,
se contente-t-il de dire.
Marie-Claude
Arbaudie
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