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Sophie Dacbert

 

 

Nouveau départ

Le redressement de Canal+ est une excellente nouvelle, même s’il s’inscrit dans une indéniable mutation du paysage audiovisuel. Le déménagement, du paquebot blanc du XVe arrondissement aux immeubles plus “administratifs” d’Issy-les-Moulineaux et de Boulogne, n’est pas si anodin qu’il y paraît. Il est bien le révélateur d’une révolution cuturelle qui fait table rase d’un passé haut en couleur, pavé tout autant de gloires que de déboires. Vingt ans après sa création, l’heure a sonné de la rationalisation et du bon sens, le tout sous le signe de la concurrence. Dans ce nouveau départ, le milieu du cinéma devrait trouver son compte, et les renégociations en cours s’en retrouver facilitées.

Bertrand Méheut est parvenu à faire de son groupe un acteur de nouveau considéré par les milieux financiers et les actionnaires de Vivendi-Universal qui ne regardent plus Canal+ comme une danseuse. Jusqu’à Jean-René Fourtou qui place désormais l’audiovisuel et les télécommunications au centre de la nouvelle dynamique de Vivendi-Universal…

Il faut dire que si les résultats français sont probants avec un chiffre d’affaires en hausse de 6% et un résultat d’exploitation multiplié par deux, la volonté d’un nouveau départ est palpable à bien des points de vue. D’abord, Bertrand Méheut semble s’être pris au jeu de l’audiovisuel au point d’en oublier de partir, comme prévu, un an après son arrivée, une fois la barre redressée. On le sent désormais attaché à la chaîne.

Outre une grille qui reflète déjà un dynamisme retrouvé, un projet comme celui de Jean-Xavier de Lestrade en est la démonstration. Sur le papier du moins, ce feuilleton documentaire en forme de “polar-réalité” redonne à Canal+ l’image ambitieuse et innovante qui était la sienne avant d’abandonner ce secteur.

Bien sûr, il faut que Canal+ compte sur les concurrents de toujours et sur les nouveaux entrants, tels Bolloré ou Lagardère qui continuent d’afficher, en parole du moins, des vélléités dans l’audiovisuel. Même si, pour ces derniers, qui n’ont pas su à temps profiter de la faiblesse de Canal +, tout reste à faire.

Vendredi 19 mars 2004



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