| ENQUÊTE
Régions : 30 M€ à
la production cinéma et TV
En 2003, lengagement des
régions dans la production sest accru de 68% ! À
loccasion de la parution du Guide mode demploi 2004,
nous présentons les grandes lignes des engagements financiers
des collectivités dans la production cinématographique
et audiovisuelle, avant la mise en place de lopération
1€ pour 2€, pour le long métrage.
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Les revenants, le premier film de Robin
Campillo (Haut & Court), soutenu par la région
Centre (122 000 €).
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Plus 68% : cest la progression
spectaculaire des crédits votés par les collectivités
territoriales dans la production cinématographique et audiovisuelle
en 2003 par rapport à 2002, daprès le recensement
du dernier Guide mode demploi 2004, édité par
lAtelier de production Centre Val-de-Loire (avec le soutien
de la région Centre et du CNC). Près de 30 M€ ont
été apportés pour 1 140 aides accordées,
soit une augmentation de 33% de celles-ci. En moyenne, les uvres
sont donc mieux aidées. En cinq ans, lintervention des
collectivités dans la production a progressé de manière
spectaculaire en triplant quasiment en volume et en affichant 271%
daugmentation !
Derrière ces chiffres se présentent des réalités
très différentes dune collectivité à
lautre tant en volume dintervention, plus ou moins significatif,
quen type de fonctionnement, plus ou moins professionnalisé,
ou encore en ligne éditoriale. Les régions restent de
manière écrasante à lorigine de ces aides,
à hauteur de 88%, contre 10% pour les départements et
2% pour les villes. Quelques départements commencent à
sengager également de manière significative dans
le secteur. Sur les quinze départements concernés, la
Charente, après un premier effort en 2002, est celle qui affiche
le fonds de très loin le plus important en 2003 avec 1,98 M€.
Suit ensuite la Charente-Maritime avec un fonds supérieur à
400 000€.
Sur les 23 régions concernées, près dun
tiers des sommes engagées sont issues dune seule : lÎle-de-France.
Trois ans seulement après le lancement de sa politique en faveur
du long métrage et de la fiction audiovisuelle, la région
francilienne, qui avait pris dès la deuxième année
la tête du classement, atteint 10 M€ en 2003, un montant
qui sera reconduit en 2004. En trois ans, ce sont 52 longs métrages
et 13 fictions qui ont été soutenues. Lautre mastodonte
du secteur est, lui, un des intervenants historiques, Rhône-Alpes
Cinéma avec une enveloppe en progression en 2003. Viennent
ensuite la Bretagne et le Poitou-Charentes. Le classement des régions
(cf. encadré) illustre bien les changements intervenus ces
dernières années, reléguant (à lexception
de la région Rhône-Alpes), les régions historiques
comme le Nord-Pas-de-Calais derrière des intervenants plus
récents comme le Poitou-Charentes, la Bretagne ou la région
Provence-Alpes-Côte-dAzur qui a, elle aussi, créé
un fonds en 2003.
Le long métrage reste le principal bénéficiaire
des aides au niveau des crédits engagés. Un mouvement
qui va saccentuer avec la réforme 1€ pour
2€, en attendant sa possible extension à la production
audiovisuelle, avec deux pôles phares, lÎle-de-France
et Rhône-Alpes. Suivent le Poitou-Charentes, la région
Centre, mais aussi la Bretagne, pourtant traditionnellement orientée
dans le documentaire. Les films bénéficient ainsi dune
moyenne daide de près de 160 000€ par film, moyenne
toute relative puisquen excluant lÎle-de-France
et Rhône-Alpes, le niveau tombe à moins de 54 000 €
par film. 94 films ont reçu une aide à la production
de films, parfois en cumulant plusieurs collectivités, ce qui
ne va pas toujours sans mal pour satisfaire les contreparties de dépenses
ou de jours de tournage.
La part croissante du long métrage (de 39% en 1999 à
52% en 2003) sest faite principalement au détriment du
court métrage et du documentaire en proportion. Néanmoins,
ces deux genres, délaissés par les diffuseurs voient
en volume les crédits progresser. Le documentaire reste le
genre le plus souvent aidé (468 aides accordées), suivi
du court métrage (318 aides accordées). La part de la
fiction, qui sest accrue depuis 2002 grâce, notamment,
à lengagement de lÎle-de-France, reste stable
alors que lanimation profite également de la hausse des
interventions régionales. Ces genres restent les moins souvent
aidés. Pour la fiction, les régions les plus attractives
sont lÎle-de-France et le Poitou-Charentes. Par ailleurs,
les aides profitent de manière écrasante à la
production, en marge de quelques tentatives daide au développement
et à lécriture (95% des crédits votés
ont bénéficié à la production, 4% à
lécriture et au développement et 1% à la
postproduction), parfois significatives cependant. Enfin, toutes les
collectivités mènent des politiques bien définies
au vu de leurs choix. Mais deux régions résistent toujours
à ce type dinititiative, quel que soit le genre : la
Bourgogne et le Languedoc-Roussillon
Sarah Drouhaud
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