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Prix du producteur : 10 ans de combat et de passion

Le prix du producteur TV de la Procirep fête son dixième anniversaire, le 9 décembre. Une occasion de rendre hommage aux précédents lauréats qui, depuis de longues années, défendent un métier difficile et encore assez peu reconnu par le grand public.

 
Les lauréats

A chaque année suffit sa peine. Les producteur TV le savent bien. 2004 sera placée sous le signe de la réforme du Cosip et de la redéfinition de l’œuvre audiovisuelle. La première est en voie de finalisation. Il s’agira bientôt pour les producteurs d’appliquer les nouvelles règles du Compte de soutien (cf. p 5). La seconde est actuellement au centre des préoccupations des producteurs. Face à l’attentisme du CSA et du CNC, ils jouent l’offensive. “Il est urgent de redéfinir l’œuvre audiovisuelle, s’inquiète Serge Lalou des Films d’Ici, car elle est en péril. M6 a détourné la volonté politique de départ de voir produites et diffusées des œuvres de documentaires.” “Il y a des abus, ajoute Simone Halberstadt-Harari de Télé-Images. Il faut que l’esprit des textes soit respecté.” Et tous, dans un même élan, de demander l’élaboration d’un décret qui redéfinisse l’œuvre audiovisuelle dans un sens plus restrictif.

Les producteurs TV ont l’habitude de mener ce type de combat. Leur métier, ils l’exercent depuis de longues années dans un marché totalement déséquilibré : six chaînes hertziennes, six véritables clients pour plus de150 producteurs ; des pouvoirs publics plus attentifs aux sirènes et à l’aura du cinéma qu’aux préoccupations concrètes de la production télévisuelle ; une diversité et une dispersion de leur activité qui conduisent quelquefois à un manque de concertation et de cohésion. Pour autant, depuis dix ans, et peut-être plus encore, à force de passion, les producteurs TV sont à l’origine de quelques belles réussites : le succès grandissant de la fiction TV sur les chaînes françaises qui place aujourd’hui le genre devant le cinéma ; le retour du documentaire en prime time ; la reconnaissance de l’animation à l’export. Mais beaucoup reste à faire. Face à un second marché qui peine à décoller, à une dépendance financière toujours plus forte à l’égard des diffuseurs, à un sous-financement chronique du secteur, à une uniformisation de l’offre télévisuelle et à une concentration des diffuseurs, les producteurs ont encore des combats à mener afin que le secteur audiovisuel en France connaisse enfin le développement auquel il peut réellement prétendre !

Carole Villevet

Vendredi 19 décembre 2003

  Sophie Goupil

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