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Sophie Dacbert

 

 

Rentabilité

Il est toujours réjouissant de voir en tête d’un classement le petit film qu’on n’attendait pas. Notre traditionnelle enquête sur la rentabilité des films en salle met en vedette, pour l’année 2003, l’outsider parfait : Nos enfants chéris de Benoît Cohen, joli film chorale sur les affres des jeunes parents trentenaires, est une modeste production de 0,64 ME qui a rapporté en salle plus de 2 ME, soit un taux d’amortissement de 165%. L’année dernière, c’était Être et avoir, autre belle surprise, qui alignait un taux record de 450%. Même s’il ne prétend pas cerner l’exacte rentabilité des films, puisqu’il ne prend en compte que la salle, et non la globalité des recettes et dépenses engendrées par les différents marchés d’exploitation, cet indicateur a une valeur bien réelle. Il est d’autant plus pertinent que la salle reste, jusqu’à preuve du contraire, l’élément moteur de la vie d’un film. Malheureusement, ces jolis succès sont aussi des exceptions à la règle, dans la mesure où leur économie est atypique, entre système D et rémunération uniquement au pourcentage dans le meilleur des cas, tout comme est à la marge la production des documentaires. En revanche, ce qui se dégage de notre classement, c’est le retour des budgets moyens à des niveaux de rentabilité correcte. Une tendance qui va à l’encontre de la bipolarisation croissante en matière de production, sur les très gros budgets d’un côté et les tous petits de l’autre, de plus en plus nombreux. Or, comme le souligne très justement David Kessler dans l’entretien qu’il nous a accordé cette semaine, ce sont justement les films moyens qui ont permis à la part de marché des films français de se maintenir à 34% en 2003. Des films qui tendent pourtant à être exclus de la logique actuelle de financement, et qui risquent à terme de rejoindre le pan le plus fragile de la production et de la distribution, dévoilé par le box-office des 600 films sortis en salle en 2003, paru le 5 février. Un classement qui aligne pas moins de 380 films à moins de 50 000 entrées France… dont 97 nouveaux films français.

Vendredi 20 février 2004



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