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ÉVENEMENT

Vidéo : le poids du cinéma diminue en 2003

Dans un marché dont la croissance du chiffre d’affaires, à +12,7%, reste forte par rapport aux autres secteurs culturels, l’érosion de la part des films est compensée par une montée en puissance des titres “humour”.

 
 
Champion des ventes en 2003, Les Nuls L’intégrule s’est écoulé à près d’un million d’exemplaires entre novembre et décembre.

“Nous sommes satisfaits de l’année qui vient de s’écouler.” Ces quelques mots de la présidente du SEV (Syndicat de l’édition vidéo), Pauline Grimaldi d’Esdra illustrent parfaitement l’état d’esprit des éditeurs vidéo en ce début d’année 2004. Avec une croissance de 12,7%, pour atteindre un chiffre d’affaires global de 1,2 MdE hors taxe en 2003, le marché vidéo semble moins touché par la morosité que les autres secteurs culturels, notamment le marché du disque et même la fréquentation salle. Mais on est loin de l’euphorie de l’année précédente qui avait été marquée par un boom des ventes, avec une progression de 30% du chiffre d’affaires des éditeurs par rapport à 2001, porté par l’énorme succès du DVD. L’engouement du public pour le disque numérique ne s’atténue d’ailleurs pas en 2003 : 76 millions de DVD ont été vendus, comparés à 49 millions en 2002, alors que la quantité de cassettes VHS livrées diminue de 33 à 23 millions, confirmant l’amenuisement graduel mais inéluctable de la cassette. À souligner également, la baisse du chiffre d’affaires location, qui chute de 10, 7% par rapport à 2002 pour atteindre 78,3 ME, poursuivant une tendance déjà amorcée en 2002, année où le CA location avait diminué d’environ 6% par rapport à la période précédente.

Le parc de lecteurs, en revanche, ne cesse d’augmenter : en 2003, le taux d’équipement des foyers en France atteint 41,6%, soit environ le double de l’année précédente. Selon les chiffres GFK, le prix moyen du lecteur a d’ailleurs chuté de 247 à 160 E en 1 an.

Mais le fait de loin le plus notable pour les professionnels du cinéma est la baisse de la contribution des films au chiffre d’affaires global : celle-ci diminue pour la première fois, passant de 81% à 76% de 2002 à 2003. La part des titres français baisse également de 20 à 18%. Si la contribution des longs métrages reste tout de même prédominante, la grande nouveauté cette année est la montée en puissance du secteur hors film, porté par une vague d’enthousiasme sans précédent pour l’humour sous toutes ses formes. Les ventes de titres comme Les Nuls, l’intégrule ( StudioCanal) ou Les Inconnus (Sony) pendant le dernier trimestre de l’année ont dopé les chiffres de ce secteur. Le succès phénoménal de la collection de sketchs d’Alain Chabat et comparses a créé la surprise : à fin décembre, StudioCanal déclare en effet près d’un million d’unités livrées depuis la sortie début novembre, ce qui en fait le titre le plus vendu en 2003, dépassant même le deuxième volet du Seigneur des anneaux, distribué par TF1.

Catherine Wright

Vendredi 20 février 2004

 

   Jean-Yves Mirski

   Marché de la vidéo

 

 

 

 

 

 



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