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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

À l’occasion de son déjeuner mensuel, Le film français a invité au Flora Danica Serge Frydman, réalisateur de Mon ange, Mathieu Demy pour Le silence, Gilbert Melki pour Prendre femme, la réalisatrice Danielle Arbid pour Dans les champs de bataille, et Emmanuelle Devos pour Rois et reine.

Serge Frydman

Vous êtes venu accompagné de votre productrice, Claudie Ossard. Par timidité ?
Claudie est la maman de Mon ange et j’en suis le papa. C’est ici, au Flora Danica, que nous nous sommes rencontrés. Et en plus, c’est aujourd’hui son anniversaire…

Mon ange pourrait être la troisième histoire d’une trilogie, après La fille sur le pont et Rue des plaisirs, que vous avez écrits pour Patrice Leconte ?
Étant donné qu’ils ont été écrits tous les trois par la même personne, au même endroit et dans le même état d’angoisse, il y a forcément un lien fort entre eux. Comme il doit y avoir un cousinage entre leurs personnages. Au fond, on puise toujours dans les mêmes pots.

Qu’est-ce qui vous a poussé à passer à la réalisation ?
Claudie Ossard, encore elle. J’avais voulu la rencontrer pour lui parler de l’idée de ce scénario et c’est elle qui m’a demandé, ou plutôt qui m’a affirmé qu’il fallait que je fasse moi-même le film. Au départ, j’avais écrit cette histoire à l’attention – et un peu à la demande – de Vanessa Paradis, sans idée préconçue de metteur en scène. L’idée est venue de Claudie qui n’a pas eu envie de le confier à quelqu’un d’autre. Et comme elle me l’a demandé gentiment, j’ai accepté.

En quoi ce film est-il plus le vôtre que ceux de Patrice Leconte ?
Cette fois, j’étais vraiment à l’intérieur. Mais les trois films ont en commun mes habitudes de ne pas situer les histoires, ni dans le temps ni dans un milieu réaliste. Mon ange navigue entre Bruxelles et Amsterdam, suivant cette intuition que les pays du Nord révèlent un milieu dur, presque hostile, où les gens doivent se serrer les uns contre les autres. L’histoire est née dans ma tête en même temps que là-bas.

Vous semblez être fasciné par les filles perdues, les prostituées au grand cœur…
Dans Mon ange, Vanessa n’est pas une prostituée. Certes, elle n’est pas farouche. Mais le lieu qu’elle loue pour s’offrir n’est que le point de départ du film.

Face à Vanessa Paradis, vous avez choisi un très jeune homme aux débuts prometteurs…
J’avais envie de confronter un visage très célèbre à celui d’un inconnu, Vincent Rottiers. Sans vouloir faire de théorie cinématographique, il y a un plaisir à ce croisement de regard entre quelqu’un qu’on connaît sous tous les angles, et quelqu’un qu’on découvre complètement.

Qu’apporte le fait de passer de la solitude de l’écriture au travail d’équipe induit par la réalisation d’un film ?
Tout d’abord, cela apprend à regarder sa montre et à rendre des comptes. Ensuite, on rencontre des gens, ce qui est la meilleure chose qui puisse arriver. Et enfin, cela apporte le plaisir incroyable de voir jouer des acteurs de près. Je ne connaissais pas cela, n’allant jamais au théâtre.

Envie de replonger dans la réalisation ?
Mon travail est de raconter des histoires. S’il m’est plus difficile aujourd’hui d’imaginer les confier à d’autres, l’avenir va dépendre de la confiance qu’on aura en moi.

Propos recueillis par Sophie Dacbert

Vendredi 22 avril 2005

   Serge Frydman

   Gilbert Melki

   Emmanuelle Devos
   Mathieu Demy
   Danielle Arbid
 

 

 

 

 

 



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