|
EDITO
 |
|
|
Sophie Dacbert
|
|
Haute
couture
Instant tant attendu, la sélection cannoise
est tombée mardi. Ainsi sachève la course aux
sollicitations et pronostics, et démarre le marathon cinéphilique.
La routine, quoi. Le train-train que tout professionnel dans la
course, homme de lart ou du business, ne peut laisser passer,
sous peine de se déconnecter de la tendance des mois à
venir en matière de création. Car il sagit bien,
avec le Festival de Cannes, de prendre le pouls du cinéma
international et de se mesurer à laune dune industrie
de plus en plus mondialiste. Celle qui montre plus que jamais le
besoin de replonger à la source, en pariant dabord
sur les créateurs de films, leurs identités et univers
toujours singuliers.
En cette 58e édition, le programme roi la compétition
officielle fera donc dans la haute couture, avec le retour
des grandes signatures du cinéma dauteur international.
Si le timing de production nest pas étranger au fait
que ces films siglés par des pointures soient, cette fois,
prêts en temps et en heure pour le grand défilé
de la Croisette, certains les organisateurs du Festival en
premier lieu y voient un vrai désir de la part de
ces stars de la réalisation de revenir dans la capitale du
7e art, après avoir parfois succombé à la mode
italienne ou berlinoise. Jusquici, aucun grain de sable ne
semble gripper le processus cannois. Pas de débat réel
sur labsence de tel jeune créateur ou telle icône
incontournable.
Ni sur limpasse faite sur ces documentaires et longs métrages
danimation qui, depuis quelques années, font bruisser
linévitable polémique : le palmarès le
plus médiatisé au monde doit-il faire la part belle
aux objets les moins identifiés, avec des prix attribués
aux acteurs non professionnels, aux images virtuelles ou aux uvres
à teneur plus politique que cinéphilique ? La sélection
2005 semble pouvoir ou vouloir éviter ces débats
pour mieux répondre à sa vocation première
: explorer toutes les contrées cinématographiques,
des plus fortunées aux plus reculées.
|