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Vendeurs de films : une génération d’avance

A l’occasion de la 71e édition du Mifed, le marché international qui se déroule à Milan du 12 au 16 octobre prochain, six jeunes vendeurs internationaux font le point sur l’état du marché du 7e art, tout en assurant la transition.

 
Holy Lola de Bertrand Tavernier est vendu par TF1 International.
Le temps où les contrats se signaient sur un bout de nappe en papier à la fin d’un repas est révolu ! Bienvenue dans le nouveau cinéma, ultra-modernisé, où tout se décline en clics de souris ou en touches de téléphone portable. La nouvelle génération de vendeurs internationaux connaît déjà la chanson sur le bout des doigts. Globe-trotters du 7e art, sillonnant la planète et autant de festivals et marchés, les nouveaux venus de la vente ont tous des parcours différents et ce qui les réunit est un monde à part. Initiateurs de projets, ils sont aussi ceux qui mènent un film à son terme, dans les salles, sur les chaînes de TV ou dans les vidéo-clubs du monde entier. Quand on leur demande s’ils pourraient vendre autre chose que du rêve sur celluloïd, ils crient tous en chœur que non. La passion du cinéma reste le fil rouge de ce métier. Pourtant, ils savent tous qu’ils n’arrivent pas au meilleur moment. Bien avant eux, la première génération de vendeurs a connu des temps plus simples et plus propices à l’exportation de films. La génération des Jacques Le Glou, Alain Vannier ou Jacques-Eric Strauss celle-là même que Pape Boye de Funny Balloons qualifie d’“artiste”, a patiemment préparé le terrain, multipliant les contacts et fidélisant les acteurs de l’industrie. La jeune garde qui débarque le sait, qui s’inspire de l’avant, en s’adaptant aux conditions actuelles. Des conditions parfois difficiles qui ont poussé des sociétés à fermer, tandis que d’autres s’imposent par la force de leurs nouveaux projets et des moyens mis en œuvre pour convaincre les distributeurs mondiaux. D’artisanal, le métier de vendeur semble être devenu plus technique. Comme l’explique Nicolas Chartier, chez Arclight Films à Los Angeles : “Je crois que nous sommes de moins en moins des vendeurs et de plus en plus des financiers.” La multiplication des fenêtres de diffusion, la difficulté de certains marchés, l’instabilité politique ou économique d’un territoire et le rythme effréné des rendez-vous professionnels sont aujourd’hui au programme du métier. Portraits de six probables futurs “artistes”.

Vincent Le Leurch

Vendredi 22 octobre 2004


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