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Jeunet en justes noces avec Warner Independent

Un long dimanche de fiançailles sera distribué aux Etats-Unis dès le 26 novembre par Warner Independent Pictures, la filiale films d’auteur de Warner. Mark Gill, patron de la division, avait été l’un des artisans du succès d’Amelie chez Miramax.

 
 
Mark Gill, ex Miramax, orchestre sa deuxième sortie d’un film de Jeunet aux USA et vise 1 000 salles à terme.

Lancée il y a un peu plus d’un an, Warner Independent Pictures (WIP) vient tout juste de convoler en justes noces avec le public américain, après avoir distribué cinq longs métrages depuis le printemps dernier. Un long dimanche de fiançailles (A Very Long Engagement), que la structure s’apprête à sortir en limité le 26 novembre prochain, constitue déjà le morceau de choix de la division films d’auteur de Warner Bros. S’attaquant d’abord à New York et à Los Angeles, le film ira conquérir douze nouveaux marchés le 17 décembre et sera disponible sur une combinaison de 180 écrans dans seize villes américaines dès le 22 décembre. Le 14 janvier 2005, WIP ajoutera 100 copies. En tout, le film pourrait être distribué dans un peu plus de 1 000 salles, en fonction de son démarrage. La stratégie d’un succès annoncé est aux mains de Mark Gill à qui Alan Horn, numéro 2 de Warner, a confié les rênes de WIP. Cet ancien de Miramax a été l’une des clés de la réussite du Fabuleux destin d’Amélie Poulain outre-Atlantique. “Je suis habitué à travailler sur des films en version originale, explique-t-il. Amelie ou La vie est belle de Roberto Benigni avaient été des gros succès chez Miramax. Comme WIP est une structure dédiée aux films intelligents pour un public adulte, notre structure est la destination idéale pour le nouveau film de Jean-Pierre.” Mark Gill ne cache pas qu’Amelie a été déterminant dans la carrière de Jean-Pierre Jeunet outre-Atlantique. “Bien évidemment, nous allons utiliser la popularité d’Amelie pour lancer le film. Le visage d’Audrey Tautou est encore dans toutes les mémoires, le nom de Jean-Pierre aussi. Lors d’une récente projection test, 70% des spectateurs ont expliqué qu’ils s’étaient déplacés rien que sur le nom du réalisateur.” Mark Gill a également la lourde tâche de conduire le film aux Oscars 2005.

“Comme vous le savez, nous allons porter le film dans la catégorie meilleur film. Nous avons déjà entamé la grande campagne publicitaire dans les journaux professionnels.” Qualifiant le film d’“extraordinaire et fonctionnant à tous les niveaux”, le patron de WIP estime que la combinaison de salles allouée laisse envisager une belle carrière. “Souvenez-vous, reprend-il, Amelie avait bénéficié d’une combinaison maximale de 335 écrans.” Il avait rapporté 33,2 M$ au final. Dernier studio hollywoodien à s’être équipé d’une structure films d’auteur, Warner et sa filiale WIP ont de grandes ambitions sur le créneau. “Nous avons plus à voir avec les metteurs en scène de Paris, Londres ou Pékin, qu’avec ceux de Beverly Hills. Nous essayons de faire des films très personnels, qui sont également susceptibles d’obtenir de bonnes critiques pour les Oscars.” WIP a prévu de participer financièrement à une dizaine de films par an, avec des budgets maximums de 20 M$ chacun. Pour le moment engagée dans dix-huit productions, la structure fait aussi de l’acquisition ponctuelle, comme cela a été le cas pour We Don’t Live Here Anymore de John Curran. Enfin, WIP n’hésitera pas à se réengager avec des artistes français, si l’occasion se présente. “Nous cherchons toujours de bonnes opportunités, sourit Mark Gill. Nous parlons souvent avec des sociétés comme Pathé ou StudioCanal.” En prévision d’autres fiançailles...

Vincent Le Leurch

Vendredi 22 octobre 2004

 

 

 

 

 

 



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