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EDITO
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Sophie Dacbert
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Avènement
Lavènement dun nouvel auteur
est toujours exaltant. La toute première projection, en avant-première
mondiale à Angoulême (cf. page 8), du premier long
métrage de Sylvain Chomet a dépassé le simple
plaisir de découverte dont raffolent les spécialistes.
Les triplettes de Belleville laisse en effet entrevoir léclosion
dune véritable école de française du
cinéma danimation, à la suite de Michel Ocelot,
le père de Kirikou (Le roi et loiseau a longtemps été
larbre cachant la forêt).
Lanimation, qui mêle la 2D et la 3D à un niveau
de perfection rarement atteint, allie un univers original, intelligent
et drôle à la fois. Alors que Les triplettes de Belleville
sadresse a priori à un public adulte, nul doute que
les enfants seront aussi touchés par les mille petits détails
qui font la richesse et lhumour du film. Comme ce fut le cas
de Wallace et Gromit ou encore de Chicken Run. À moins que
À moins que lordre moral qui pointe son nez, à
travers le rapport Kriegel remis la semaine dernière, ne
ferme la porte à la découverte dautres horizons
que celui des productions standardisées made in Hollywood
ou de la real TV à la française. Car, alors quon
lui demandait de se pencher sur la violence à la télévision,
Blandine Kriegel ne fait que pointer du doigt les films de cinéma,
excluant totalement le reste du menu télévisuel infligé
quotidiennement aux enfants et aux adultes, avec son flux dinformations
sordides, de talk-shows racoleurs et autres jeux mirages à
limpact pourtant bien plus sournois.
Le laxisme français que le rapport Kriegel reproche
au système de classification des uvres cinématographiques,
a heureusement permis à un très large public, et aux
enfants en particulier, de découvrir un film comme Kirikou
et la sorcière et un auteur comme Michel Ocelot
Contrairement
au système anglais qui a privé le public national
de Kirikou sous prétexte quil a le mauvais goût
de raconter une histoire africaine, et par voie de conséquence,
montre des femmes aux seins nus.
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